Alors que Gary Bettman, le commissaire de la LNH, est accusé d'avoir du sang sur les mains en raison des commotions cérébrales répétées chez les joueurs, Sophie Durocher, journaliste bien connue du Journal de Montréal, se retrouve au centre d'une affaire judiciaire après avoir été menacée de violence physique par un internaute.

Deux histoires qui se sont passées en même temps aujourd'hui, comme si le destin voulait mettre Sophie Durocher comme victime...et Gary Bettman comme bourreau.

Depuis près de 15 ans, Gary Bettman et la LNH nient toute relation causale entre les commotions cérébrales répétées et les ravages de l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC).

Malgré une étude publiée en 2022 par le centre de recherche sur l'ETC de l'Université de Boston, qui établit un lien clair entre les chocs répétés à la tête et l'ETC, Bettman et son adjoint Bill Daly continuent de réfuter ces conclusions. Daly a même déclaré que "la science fait défaut".

Les conséquences de cette position sont graves. Des joueurs comme Henri Richard, Bob Probert et Steve Montador ont été diagnostiqués de l'ETC après leur décès.

«Un message directement adressé à Gary Bettman: il y a du sang de joueur de la LNH sur tes mains» a affirmé l'agent de la LNH, Allan Walsh.

La LNH, en évitant de reconnaître officiellement le lien entre les impacts à la tête et l'ETC, cherchent à se protéger contre d'éventuelles poursuites judiciaires massives, semblables à celles que la NFL a déjà connues, ayant payé plus de 1,2 milliard de dollars à plus de 1600 joueurs souffrant de maladies cérébrales.

Pendant ce temps, au palais de justice de Montréal, Sophie Durocher témoigne contre Martin Larouche, un internaute qui l'a menacée de la "commotionner".

Larouche, un résident de Salaberry-de-Valleyfield de 52 ans, a posté un message sur Twitter en 2022, en plein débat sur la pandémie de COVID-19, déclarant que Durocher "mérite d’être giflée si fort qu’elle tombe dans le coma pour une couple d’années".

Larouche, en se défendant devant le tribunal, a affirmé qu'il ne savait pas comment fonctionnaient les réseaux sociaux et qu'il ne pensait pas que Durocher verrait son message.

Il a tenté de minimiser la gravité de ses propos, les qualifiant d'une "image" née de sa frustration contre les mesures sanitaires, et qu'il visait un "coma médiatique" plutôt qu'un réel préjudice physique.

«Je trouve que c’est allé trop loin, un simple dialogue aurait évité ça»,

Sophie Durocher, quant à elle, a décrit l'impact profond de ces menaces sur elle. Elle a expliqué s'être effondrée en lisant le message, soulignant la violence à laquelle elle n'était pas habituée.

«Je me suis écroulée, j’avais de la difficulté à croire ce que je lisais, c’était d’une violence à laquelle je ne suis pas habituée, a-t-elle témoigné. Il y a une différence entre être controversée et être l’objet de menaces.»

Décidée à ne pas laisser cette menace impunie, elle a offert à Larouche l'opportunité de s'excuser, ce qu'il n'a pas fait, la poussant à porter plainte.

«Je considérais que mon intégrité était menacée. Le but était aussi d’encourager les victimes à porter plainte.»

Ces deux affaires différentes montrent bien que même en 2024, la violence est toujours un fléau, que ce soit au hockey, en ligne ou dans la vie.

Dans le cas de Gary Bettman et de la LNH, son refus à reconnaître les dangers des commotions cérébrales met en danger la santé des joueurs et la protection des athlètes.

Les déclarations de Bettman et Daly, qui minimisent les preuves scientifiques, contrastent fortement avec les témoignages et les souffrances des joueurs et de leurs familles.

D'un autre côté, l'affaire impliquant Sophie Durocher montre les dangers des menaces en ligne et la responsabilité des individus quant à leurs propos.

Même si Larouche a tenté de se disculper en affirmant ne pas comprendre l'impact de ses mots, la gravité de ses menaces ne peut être ignorée.

La réaction de Durocher est comprenable, même si la journaliste a la réputation d'une femme souvent méchante et gratuite dans la façon qu'elle écrit.  

Les individus doivent être responsables de leurs actions, même dans le monde virtuel. Durocher veut se poser en victime et on la comprend. Mais parions qu'elle a fait de la peine à plusieurs personnes avec ses écrits souvent cinglants. Cela n'excuse aucunement la menace physique dont elle a été victime. Reste que cela vaut-il vraiment un procès?

Gary Bettman mérite de se faire poursuivre lui. Dans le cas de Durocher, cela nous semble être un procès inutile, même si dans le fond, elle a raison.

S'est-elle vraiment sentie menacée? Ou veut-elle faire parler d'elle?

Le débat est ouvert...

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