La revanche de Justin Barron: Kent Hughes dans le trouble

La revanche de Justin Barron: Kent Hughes dans le trouble

Par Marc-André Dubois le 2025-02-24

Le pire scénario pour Kent Hughes est en train de se dérouler sous nos yeux.

Justin Barron explose à Nashville et place le DG du CH dans l’eau chaude jusqu'au cou.

C’est un véritable cauchemar qui s’abat sur Kent Hughes. Ce qui devait être une transaction gagnante, acclamée par tous à Montréal, est en train de virer au désastre.

Justin Barron, que l’on disait fini, dépassé, perdu dans la hiérarchie des Predators, est en train de renaître sous nos yeux.

Il ne joue pas seulement du bon hockey, il est en train de s’imposer comme un défenseur de premier plan dans la LNH.

Le jeune défenseur, critiqué et méprisé par les médias québécois après son départ, est désormais un élément clé à Nashville.

Barron joue près de 20 minutes par match, s’épanouit aux côtés de Roman Josi, et surtout, il dirige le premier avantage numérique d’une équipe qui cherche à se reconstruire.

Ses 2 buts, 3 passes pour 5 points à ses 10 derniers matchs font jaser. Mais surtout, c'est le fait qu'il joue aux côtés de l'un des meilleurs défenseurs au monde nous émerveille...et donne des sueurs froides à Kent Hughes et Jeff Gorton.

Là où la situation devient encore plus humiliante pour Kent Hughes, c’est que Roman Josi lui-même, qui avait critiqué Barron à son arrivée, est maintenant en admiration devant lui.

« Il est incroyable. Son jeu avec la rondelle est impressionnant, et il a la confiance pour bouger sur la glace. Il est en train de se polir comme un jeune diamant, et il n’a même pas encore atteint son plein potentiel. »

Ces propos de Roman Josi sont un coup de massue pour ceux qui avaient enterré Barron trop vite. Rappelons-nous qu’il y a quelques semaines, Josi était frustré par Barron, critiquant publiquement son jeu brouillon et son incapacité à respecter le système.

Au début de son aventure à Nashville, Justin Barron vivait un véritable cauchemar. Critiqué de toutes parts, il semblait complètement dépassé. Roman Josi, le capitaine et défenseur étoile des Predators, n’avait pas mâché ses mots. Visiblement frustré par le jeu de Barron, il l’avait publiquement remis en question après un match :

« Il prend de drôles de décisions. Ce n’est pas son rôle de mener l’attaque. Il doit comprendre comment jouer dans notre système. »

Ce commentaire avait résonné comme un coup de tonnerre. On avait même vu Barron en larmes sur le banc des Predators, abattu par les critiques et sa place incertaine dans l’équipe.

À ce moment-là, tout indiquait qu’il était sur le point d’être relégué à la Ligue américaine ou soumis au ballottage selon les médias québécois.

Pendant ce temps, à Montréal, on riait aux éclats. Renaud Lavoie, de TVA Sports, n’avait pas hésité à se moquer de Barry Trotz, affirmant en ondes que le DG des Predators s’était fait complètement avoir par Kent Hughes.

Lavoie et plusieurs autres journalistes québécois affirmaient que Nashville venait d’échanger un solide défenseur top-4 contre un joueur qui n’allait jamais percer dans la LNH.

Les médias et les partisans se félicitaient alors d’avoir envoyé Barron loin de Montréal. Mais aujourd’hui, les rôles sont inversés.

Aujourd’hui, non seulement Roman Josi affirme que Barron est un talent brut exceptionnel, mais les médias québécois se font bien silencieux.

La pire crainte de Hughes est en train d'arriver : Barron devient ce que Montréal espérait.

Le véritable problème pour le DG du CH, ce n’est pas seulement que Barron est en train de s’imposer, mais que cela expose encore plus ses erreurs passées.

L’échange d’Alexander Romanov contre Kirby Dach (Romanov pour le 13e choix au total pour Dach), qui paraissait un coup de génie, commence à être réévalué. Romanov est devenu un défenseur de première paire chez les Islanders, alors que Dach est devenu l'un des pires indésirables de la LNH.

Et maintenant, c’est Barron qui vient hanter Hughes.

Rappelons que lorsque Hughes a acquis Barron en retour d’Artturi Lehkonen, on disait qu’il avait volé l’Avalanche du Colorado.

Puis, quand Barron a eu du mal à s’imposer à Montréal, les mêmes experts ont retourné leur veste et déclaré qu’il n’était finalement pas à la hauteur.

Aujourd’hui, Barron prouve que son potentiel offensif est bien réel et que Nashville a peut-être bien gagné cette transaction.

Alexandre Carrier, 28 ans, a atteint son plafond. C’est un excellent défenseur défensif, mais il n’a plus de marge de progression.

Barron, 23 ans, commence à éclore, joue dans des situations offensives, et est de plus en plus utilisé dans des moments clés.

Le pire scénario pour Hughes est en train de se matérialiser sous ses yeux. Il croyait avoir volé Barry Trotz, mais si Barron continue sur cette lancée, c’est plutôt Nashville qui pourrait avoir eu le dernier mot.

Les médias montréalais, qui avaient fait de Barron leur bouc émissaire, sont aujourd’hui bien silencieux. Où sont ceux qui le qualifiaient de défenseur de Ligue américaine?

Où sont ceux qui affirmaient qu’il ne deviendrait jamais un défenseur de la LNH?

Barron a pris sa revanche, et ce, avec éclat. Il est en train de devenir le défenseur que tout le monde voyait en lui lorsqu’il était un espoir de l’Avalanche, celui que Sidney Crosby lui-même avait qualifié de jeune prodige. (Crosby s'entraîne avec Barron en Nouvelle-Écosse chaque été)

Les médias québécois n’osent pas en parler, car cela remettrait en cause toute leur analyse du dernier échange entre Montréal et Nashville.

Hughes, rattrapé par ses erreurs?

Ce n’est pas la première fois que le DG du CH se fait rattraper par une transaction qui semblait favorable au départ.

Romanov s’impose chez les Islanders. Justin Barron explose à Nashville. Pendant ce temps, Kirby Dach est blessé et Alexandre Carrier est un défenseur fiable, mais sans plus.

Le constat est brutal : les transactions qui paraissaient être des vols pour Montréal sont en train de se retourner contre Kent Hughes.

Le DG du Canadien est-il toujours aussi convaincu d’avoir fait les bons choix?

La leçon : ne jamais juger trop vite.

Si cette histoire nous apprend quelque chose, c’est qu’il faut toujours attendre avant de juger une transaction.

Le hockey est un sport d’évolution constante. Barron est en train de développer son jeu aux côtés d’un des meilleurs défenseurs du monde, et il semble loin d’avoir atteint son plein potentiel.

Pendant ce temps, Alexandre Carrier a déjà plafonné, et les Canadiens devront se demander s’ils ont vraiment pris la bonne décision.

Il est encore trop tôt pour dire que Hughes s’est fait avoir, mais ce qui est certain, c’est que le vent tourne rapidement en LNH.

La suite? Un regard attentif sur l’évolution de Barron. Car si ce jeune défenseur continue de progresser comme il le fait actuellement, la vraie victime de cet échange pourrait bien être Kent Hughes lui-même.