La revanche de Phil Danault: il obtient le dernier mot

La revanche de Phil Danault: il obtient le dernier mot

Par David Garel le 2026-04-03

Il y a des joueurs qu’on enterre trop vite à Montréal… et il y a des joueurs qui répondent exactement comme on l’attend d’eux.

Phillip Danault est en train de rappeler à tout le monde pourquoi il a longtemps été l’un des centres les plus respectés de la LNH.

Parce qu’au moment de son retour, le discours était brutal. On parlait d’un joueur fini. D’un vétéran qui n’avançait plus. D’un contrat lourd. D’un pari inutile. Même certains l’avaient déjà classé dans la catégorie des erreurs de Kent Hughes.

Et pourtant, quelques semaines plus tard, le narratif est complètement renversé.

Le point tournant, il est clair. Cette défaite de 5-4 contre les Rangers de New York le 13 décembre 2025, ce match échappé alors que le Canadien menait 3-0, a exposé une vérité crue : cette équipe-là n’avait aucun stabilisateur. Aucun centre capable de fermer la porte. Aucun joueur capable de ralentir le jeu quand tout commence à déraper.

Renaud Lavoie l’a parfaitement résumé : “On n’avait pas de stabilisateur, pas de gars capable de calmer le jeu.” Une semaine plus tard, Danault débarquait. Et depuis, ce n’est plus la même équipe.

Moins de buts accordés. Plus de possession. Plus de contrôle dans les moments clés. Ce ne sont pas des impressions, ce sont des faits. Le Canadien joue maintenant avec une structure, une maturité, une gestion du tempo qu’on ne voyait tout simplement pas avant son arrivée.

Et ce qui rend le revirement encore plus frappant, c’est la différence avec le début de son retour.

On se souvient tous du fameux trio avec Brendan Gallagher et Josh Anderson. Un trio qui ne fonctionnait pas, qu’on a même ridiculisé, que certains surnommaient sans gêne. Danault lui-même l’avait admis avec honnêteté :

“La connexion n’est pas toujours là à 100 %.” À ce moment-là, tout pointait vers un déclin.

Mais la réalité, c’est que Danault n’avait pas disparu. Il s’adaptait. Il retrouvait son rythme après une séquence difficile à Los Angeles. Il reprenait ses repères dans un environnement différent. Et surtout, il recommençait à faire ce qu’il fait de mieux : stabiliser un match.

Ce n’est pas flashy. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est essentiel.

Et aujourd’hui, cette “erreur” devient tranquillement l’un des meilleurs coups de Kent Hughes.

Parce que pendant que certains regardaient les points, lui regardait le hockey. Il voyait une équipe qui perdait le contrôle. Il voyait un groupe incapable de gérer ses avances. Il voyait un trou au centre. Et il a agi.

La suite lui donne raison.

Et comme si ce n’était pas assez, la symbolique est parfaite.

Danault, le gars qu’on disait fini, le gars qu’on disait dépassé, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une équipe qui gagne… et même dans une publicité québécoise, symbole clair qu’il est redevenu pertinent, visible, assumé.

À Montréal, ça veut dire quelque chose.

Parce que dans ce marché-là, les revanches ne passent jamais inaperçues.

Et celle de Phillip Danault est en train de se transformer en message très clair : on peut le critiquer, on peut le douter… mais quand le hockey redevient sérieux, lui répond présent.

Parce qu’on parle d’un joueur qui gagne 5,5 millions de dollars par année jusqu’en 2027. Un salaire de marché pour un centre défensif de haut niveau, capable de jouer de grosses minutes, d’affronter les meilleurs trios adverses et de stabiliser un match.

Ce n’est pas un contrat de vedette offensive. C’est un contrat pour un rôle précis. Et aujourd’hui, à Montréal, il est en train de remplir exactement ce rôle-là.

Et c’est là que la symbolique devient intéressante.

Parce qu’au moment où plusieurs doutaient encore de sa valeur, où on parlait d’un joueur ralenti, dépassé, Danault est en train de reprendre sa place… pas seulement sur la glace, mais dans l’espace public.

La publicité avec Normandin, ce n’est pas un simple détail.

Ce genre de campagne-là, au Québec, tu ne la donnes pas à un joueur en fin de parcours. Tu la donnes à quelqu’un qui reconnecte avec le public. À un joueur qui redevient crédible, identifiable, pertinent.

Et dans son cas, ça frappe encore plus fort.

Parce qu’il revient de loin. Il a été critiqué, remis en question, analysé dans les moindres détails. Et là, tranquillement, il redevient ce qu’il a toujours été : un joueur fiable, un centre intelligent, un Québécois capable de jouer du hockey gagnant dans un marché exigeant.

Il y a quelque chose de très montréalais là-dedans.

Un gars qu’on doute… puis qui revient, qui se replace, qui reprend sa place sans faire de bruit. Et qui finit par apparaître dans une pub de pizza, sourire en coin, comme pour dire que tout ça, finalement, n’était qu’une phase.

Ce n’est pas juste une publicité.

C'est une revanche.