La tête de Taylor Hall mise à prix dans le vestiaire du Canadien

La tête de Taylor Hall mise à prix dans le vestiaire du Canadien

André Soueidan
Le 2026-05-24

L'ambiance s'annonce particulièrement hostile au Centre Bell pour le match numéro 3, et le vétéran des Hurricanes de la Caroline peut s’attendre à passer une soirée extrêmement pénible sur la glace de la métropole.

Le geste vicieux de l'attaquant à l'endroit de Lane Hutson en fin de match hier soir est resté de travers dans la gorge de tous les joueurs de Martin St-Louis.

Une chose sautait aux yeux dès les premières minutes du match à Raleigh… les Hurricanes de la Caroline avaient déjà choisi leur cible.

Chaque fois que Lane Hutson touchait à la rondelle, quelqu’un arrivait pleine vitesse sur lui.

La Caroline voulait transformer chacune de ses présences en exercice de survie.

Et plus le match avançait, plus le message devenait évident.

Le numéro 48 devait payer.

Rod Brind’Amour connaît trop bien le hockey pour ignorer ce que représente Lane Hutson dans cette série-là.

Toute la relance du Canadien commence avec lui. Les sorties de zone rapides. Les transitions qui exposent les défenseurs agressifs.

Les changements de direction qui forcent l’adversaire à paniquer. Quand Hutson contrôle le rythme, le Canadien devient extrêmement difficile à contenir.

Alors les Hurricanes ont décidé d’attaquer le problème directement à la source.

Hier soir, ça ressemblait presque à une chasse organisée.

Le moindre revirement amenait immédiatement un joueur de la Caroline dans ses jambes.

Les mises en échec arrivaient constamment avec une fraction de seconde supplémentaire.

Suffisamment pour user mentalement et physiquement un jeune défenseur de petit gabarit qui joue déjà des minutes énormes depuis le début des séries.

Et puis est arrivée cette séquence en prolongation.

Le genre de moment qui change complètement l’atmosphère autour d’une série.

Lane Hutson récupère la rondelle près de la bande pendant que Taylor Hall arrive à toute vitesse.

Normalement, dans ce genre de situation-là, Hutson réussit presque toujours à éviter le contact grâce à ses pieds. C’est d’ailleurs ça qui frustre énormément les équipes adverses depuis le début des séries. Tu crois l’avoir enfermé… puis il pivote au dernier instant et disparaît avant même l’impact.

Hall, lui, a pris une autre décision.

Au lieu de risquer de manquer complètement sa mise en échec et terminer dans la baie vitrée, il a choisi de verrouiller le contact avec sa jambe directement dans l’intérieur de la cuisse de Hutson.

Le genre de collision qui fait immédiatement mal parce que le contact semble arriver directement au bas du genou, entre le tibia et l’articulation.

Une zone extrêmement sensible pour un joueur en mouvement, surtout quand tout le poids du corps arrive latéralement à pleine vitesse.

Ce n’est pas nécessairement le type de contact qui t’envoie automatiquement à l’hôpital… mais c’est exactement le genre de coup qui peut couper complètement le rythme d’un joueur pendant plusieurs minutes.

@rds.ca OUCH! Oh que Lane Hutson n’était pas content après ce contact avec Taylor Hall! 🤬 #nhlplayoffs #stanleycup #hockey #GoHabsGo c. #SoundTheSiren🏒 ♬ son original - RDS
Et la réaction de Hutson disait tout.

On l’a vu grimacer instantanément.


Le retour vers le banc avait l’air pénible.


Son coup de patin semblait lourd pour la première fois depuis des semaines.

Puis soudainement, tout Montréal s’est mis à bouillir.

Parce que cette mise en échec-là ne tombait pas du ciel. Elle arrivait après deux périodes complètes où les Hurricanes semblaient déjà avoir reçu le mandat collectif de finir chacune de leurs présences sur Lane Hutson.

C’est exactement là que le nom d’Arber Xhekaj recommence à circuler partout.

Depuis hier soir, les partisans du Canadien réclament son retour avec une intensité qu’on n’avait plus vue depuis le début des séries.

Pas parce que le Canadien joue mal. Mais parce qu’une partie des partisans commence à sentir que Carolina joue maintenant avec une confiance physique dangereuse.

Quand une équipe croit qu’elle peut constamment frapper ton joueur le plus talentueux sans véritable conséquence… ça change complètement le ton d’une série.

Et émotionnellement, le Canadien vient peut-être d’atteindre ce point-là.

Le problème pour Martin St-Louis, c’est que le débat devient extrêmement complexe.

Parce qu’au-delà de l’émotion, le Canadien joue encore du très bon hockey collectivement. Modifier l’alignement uniquement pour envoyer un message physique peut aussi venir perturber l’équilibre offensif qui a permis au CH de se rendre jusqu’ici.

Mais dans un vestiaire de hockey… il y a des images qui restent gravées.

Et voir Lane Hutson revenir au banc avec cette expression-là au visage en prolongation, après avoir été ciblé pendant pratiquement toute la soirée, ça vient chercher quelque chose de très profond chez des joueurs.

Surtout dans une équipe qui s’est construite depuis deux mois autour de l’idée de protéger les siens coûte que coûte.

La série vient peut-être de changer complètement de ton.

Ouf…