Jeudi soir, au Centre Bell, ce n’est pas seulement le point perdu en prolongation qui a fait mal. C’est le diagnostic sans anesthésie de Dany Dubé qui a frappé comme un uppercut.
Et cette fois, Dubé n’a épargné personne.
Surtout pas Josh Anderson.
« Le Canadien n’était pas en mode séries »
Dubé l’a dit clairement : les Islanders de New York jouaient un match de séries. Le Canadiens de Montréal, lui, non.
Et la différence ne se mesurait pas au talent pur. Elle se voyait dans les détails sales.
Aller dans l’enclave.
Prendre des coups.
Protéger la rondelle.
Gagner les batailles le long des rampes.
Il a pointé Anders Lee en exemple : un capitaine qui passe sa soirée devant le filet, qui absorbe les contacts, qui va chercher les rondelles libres. Ce que Dubé appelle « faire les choses désagréables ».
Et c’est là que le nom d’Anderson est tombé.
Anderson traité de « soft »
Dubé ne s’est pas contenté d’une critique légère. Il a parlé d’inquiétude réelle.
Anderson n’est pas à Montréal pour son talent offensif. Il est là pour l’impact. Pour la vitesse. Pour l’intimidation. Pour l’énergie contagieuse.
L’an dernier : 9,1 mises en échec par 60 minutes.
Cette saison : 7,63.
Même temps de glace.
Moins d’impact.
Oui, il a 12 buts.
Oui, sa production offensive est correcte.
Mais Dubé l’a dit entre les lignes : ce n’est pas pour ça qu’il est payé.
Quand Anderson ne frappe pas, ne dérange pas, ne pèse pas physiquement… il devient ordinaire.
Et ordinaire, en fin de saison, ça ne suffit pas.
« Ils doivent devenir des hommes »
La phrase la plus dure?
Le Canadien n’est pas prêt pour Matthew Schaefer.
Autrement dit : l’équipe n’est pas bâtie pour affronter ce type d’intensité. Pas encore.
Dubé a été clair : plusieurs joueurs sont encore en mode saison régulière. Ils ratent quelque chose d’important au classement.
Quand tu laisses filer une avance de 2-0 à domicile, en pleine course aux séries, ce n’est pas un accident.
C’est un manque de maturité.
Et selon Dubé, ça commence par les joueurs de soutien. Ceux qui doivent imposer le ton.
Anderson est censé être l’un de ceux-là.
Un vestiaire trop confortable?
Ce qui choque dans les propos de Dubé, ce n’est pas la critique technique. C’est le mot implicite : soft.
Pas assez engagé.
Pas assez désagréable.
Pas prêt à payer le prix.
Et si Anderson ne montre pas le chemin physiquement, qui le fera?
Parce que dans un match de séries, tu ne gagnes pas avec des entrées de zone propres et des jeux esthétiques. Tu gagnes avec des épaules, des hanches, des coups absorbés.
Dubé n’a pas crié. Il n’a pas dramatisé.
Il a constaté.
Et ça rend la critique encore plus lourde.
L’inquiétude réelle
Si Anderson n’est pas l’ombre de lui-même en termes d’impact physique, le Canadien perd une dimension essentielle.
Ce n’est pas une question de statistiques. C’est une question d’identité.
Une équipe qui aspire aux séries ne peut pas être confortable. Elle doit être inconfortable à affronter.
Jeudi, les Islanders l’étaient.
Le Canadien ne l’était pas.
Et quand un analyste aussi mesuré que Dany Dubé parle d’un problème d’engagement et de maturité, ça dépasse la simple mauvaise soirée.
Ça touche à l’ADN de l’équipe.
Ouch.
