L’agent de Noah Dobson brise le silence : Martin St-Louis est menotté

L’agent de Noah Dobson brise le silence : Martin St-Louis est menotté

Par André Soueidan le 2026-01-14

Ce n’est jamais anodin quand l’agent d’un joueur fraîchement acquis à gros prix se retrouve à TVA Sports, en pleine saison, pour parler de bonheur, de projet, de noyau et d’enthousiasme.

Encore moins quand cette entrevue survient le lendemain même d’une décision qui a fait grincer des dents : Noah Dobson utilisé sur un cinq contre trois… pendant que Lane Hutson regardait la scène depuis le banc.

Hasard de calendrier? Peut-être. Mais à Montréal, les coïncidences ont toujours un arrière-goût de message.

Noah Dobson n’a pas été acquis pour meubler une deuxième unité.

Le Canadien a payé cher, très cher, pour mettre la main sur un défenseur droitier de 26 ans, sous contrat à long terme, présenté dès son arrivée comme un pilier du projet.

Et ça, son agent l’a rappelé, calmement, mais fermement.

« Noah étant un Canadien de l’Île-du-Prince-Édouard, il connaissait quand même l’environnement de Montréal », a expliqué Olivier Fortier à JiC.

« Et c’est quand même notoire autour de la ligue, maintenant, ce qui se passe à Montréal. Le Centre Bell, les fans, les médias, tout le monde est au courant. »

Dobson savait exactement dans quoi il s’embarquait. Et le Canadien savait exactement ce qu’il achetait.

Le discours de l’agent est clair : Dobson n’est pas un passager. Le défenseur a choisi Montréal pour vivre quelque chose, pour faire partie d’un noyau, pour s’inscrire dans un projet qui avance.

« C’est un passionné de hockey, un vrai de vrai passionné. Un soir qu’il n’a pas de match, il regarde du hockey. Il avait envie de vivre ça avec ce groupe de joueurs-là, ce noyau-là », a ajouté Fortier.

Voilà le cœur du dossier. Un joueur acquis à fort prix, vendu comme passionné, engagé, investi émotionnellement dans le projet. Une organisation qui, logiquement, veut le mettre en valeur.

Et c’est là que Martin St-Louis se retrouve coincé.

Parce que hockeyment parlant, Lane Hutson demeure le cerveau offensif le plus dominant à la ligne bleue. ç

Vision, mobilité, créativité, capacité à faire éclater un triangle défensif : Hutson joue l’avantage numérique comme un jeu d’échecs à grande vitesse.

Les chiffres parlent. Les yeux aussi.

Mais organisationnellement, impossible de faire comme si Noah Dobson n’était pas là.

Impossible de le cantonner éternellement dans un rôle secondaire après avoir investi autant.

Impossible de prétendre que 40 secondes sur l’avantage numérique, ici et là, suffisent à justifier le prix payé.

Alors, Martin St-Louis compose.

Un cinq contre trois confié à Dobson. Une présence tardive à cinq contre quatre.

Une tentative visible de rééquilibrer la hiérarchie, même si le puzzle hockey crie autre chose.

L’entrevue de l’agent vient justement servir de baume. On vend la paix. On rassure. On parle de plaisir, de groupe, de direction positive.

« Tout va bien pour l’instant, l’équipe va bien, lui il va bien. Donc pour l’instant, c’est 100 pour 100 », a conclu Fortier.

Mais derrière ce discours lisse, une réalité demeure : le Canadien doit justifier son investissement.

Et tant que Lane Hutson continuera d’être ce qu’il est ... un maître exceptionnel avec la rondelle ... chaque décision qui le relègue au second plan deviendra un point de friction.

Martin St-Louis n’est pas en guerre contre Hutson. Martin St-Louis n’est pas non plus prisonnier de Dobson.

Mais le contexte, lui, est clair : quand une organisation investit lourdement, elle finit toujours par vouloir voir le retour sur la glace.

Et parfois, ce sont les meilleurs joueurs qui en paient le prix.

Le malaise n’est pas entre deux défenseurs.

Le malaise est entre le hockey pur… et la logique d’investissement.

Et pour l’instant, Martin St-Louis marche sur une corde raide.

À suivre ...