Lane Hutson chez McDonald’s. Voilà maintenant le nouveau mariage commercial du Canadien de Montréal, et disons que l’annonce fait déjà jaser.
Le défenseur vedette devient le McJoueur 2026 et présente son repas préféré : un trio de six McCroquettes, des frites moyennes, un Sprite à la canneberge givrée et... sa sauce aigre-douce.
Une publicité d’environ quinze secondes dans laquelle Hutson joue son propre rôle, sans grande mise en scène ni concept particulièrement audacieux.
McDonald’s a appris que le jeune défenseur adorait les McCroquettes, a construit sa campagne autour de cette information et voilà le résultat. Lane Hutson qui dit deux mots: "Hey salut!".
Disons que le travail marketing est minimal.
Mais il faut reconnaître une chose : avoir Lane Hutson comme porte-parole représente un très gros coup pour McDonald’s.
Le défenseur est devenu l’un des joueurs les plus populaires de Montréal et son image vaut beaucoup plus que ses talents d'acteur.
Mais lorsqu’on regarde la publicité, on ne peut pas dire que l’équipe créative s’est particulièrement défoncée. On n’a pas eu droit à un concept spectaculaire, à un burger conçu spécialement pour lui ou à une véritable idée publicitaire qui risque de rester dans la mémoire collective.
McDo n’a pas non plus fait appel à un acteur connu comme Claude Legault pour bâtir une campagne avec un personnage marquant comme cela avait été le cas avec Cole Caufield.
Cette fois, on mise essentiellement sur Lane Hutson, son repas favori et quelques secondes de présence à l’écran. C’est simple, efficace pour la marque, mais ça ne casse pas la baraque.
Le concours constitue probablement l’élément le plus intéressant de cette édition. Du 3 au 30 novembre, les clients qui commandent le trio de Hutson dans l’application McDo peuvent courir la chance de gagner différents prix, dont un voyage à Bolzano, en Italie, la ville préférée du défenseur, de l’équipement sportif, des billets pour un match de hockey et une rencontre avec lui.
Pour les partisans, c’est déjà beaucoup plus attirant que de simplement découvrir que leur défenseur préféré mange des McCroquettes.
Mais il y a un autre aspect de cette association qui risque d'inquiéter les amateurs du Canadien : la fameuse malédiction McDo!
Au fil des années, plusieurs joueurs du CH ont été associés à cette campagne, et les souvenirs sont catastrophiques.
Jonathan Drouin a connu une période cauchemardesqueaprès avoir été le visage de McDonald’s. Alex Galchenyuk a lui aussi été associé à cette tradition publicitaire avant de connaître une trajectoire digne d'une descente aux enfers.
Inutile de vous parler de Samuel Montembeault qui s'est effondrée au point que McDo a décidé d'arrêter de diffuser ses publicités avec Mike de Chez Rona.
Même Cole Caufield a été le McJoueur à une époque où son jeu traversait une mauvaise séquence.
Évidemment, McDonald’s n’a rien à voir avec les performances sur la glace. Mais dans une ville où les partisans peuvent transformer le moindre détail en superstition, la coïncidence est devenue une petite tradition qui revient chaque fois qu’un nouveau joueur accepte de prêter son visage à la chaîne de restauration rapide.
Cette année, c’est donc Hutson qui hérite du fameux tablier jaune. Les puristes risquent aussi de lever le nez sur cette association, estimant qu’un athlète professionnel ne devrait pas faire la promotion de la malbouffe.
Le débat est prévisible. Un joueur de hockey qui vante les mérites de six McCroquettes, ce n’est certainement pas le modèle nutritionnel que les entraîneurs voudraient afficher dans un vestiaire.
Reste que les joueurs professionnels sont aussi des personnalités publiques qui signent des ententes commerciales. Hutson n’a pas inventé la campagne McJoueur et il n’est certainement pas le premier athlète à s’associer à une grande marque alimentaire.
Surtout qu'il s'est fait sous-payer par Kent Hughes avec l'un des contrats les plus ridicules de la LNH. Il a bien le droit de "cash in" sur d'autres opportunités.
Pour notre part, on ne paniquera pas devant la malédiction McDo. Hutson est un joueur exceptionnel, et une publicité de quinze secondes ne va pas soudainement lui faire perdre ses mains, sa vision du jeu ou son talent offensif.
Surtout, il n'est pas une tête brûlée comme Galchenyuk ou un déprimé comme Jonathan Drouin.
Respirons par le nez.
