Le cauchemar recommence : une défensive identique qui inquiète avant Tampa

Le cauchemar recommence : une défensive identique qui inquiète avant Tampa

Par William Petit Lemay le 2026-04-16

Un drôle de sentiment flotte autour du Canadien à l’aube de cette série contre Tampa.

Pas de panique ouverte. Pas de crise. Mais un souvenir qui revient, insistant, impossible à ignorer. Parce qu’en regardant la défensive qui s’en vient pour le match #1, on reconnaît presque tout. Les mêmes visages. Les mêmes rôles. Et, forcément, les mêmes inquiétudes.

La blessure de Noah Dobson a tout changé en quelques heures.

On parlait d’un ajout majeur, d’un défenseur capable de stabiliser la brigade, d’offrir des minutes de qualité contre les meilleurs. Il devait justement éviter ce genre de scénario. Finalement, il n’y sera même pas. Une fracture, une opération, et un calendrier qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

Le Canadien se retrouve donc à repartir avec ce qu’il avait déjà.

Mike Matheson en tête d’affiche. Kaiden Guhle qui prend encore plus de responsabilités. Lane Hutson, Jayden Struble, Arber Xhekaj… des profils intéressants, du talent, de l’énergie, mais encore beaucoup d’apprentissage à travers tout ça. Alexandre Carrier, s’il est prêt, devra rapidement se remettre dans le rythme.

Sur papier, ça tient.

Sur la glace, c’est une autre histoire.

Parce que cette combinaison-là, on l’a déjà vue dans un contexte de séries. Et ça n’avait pas résisté. Washington avait imposé son rythme, son jeu physique, sa pression constante. Le Canadien avait plié. Pas faute d’effort. Faute de structure, de maturité, de résistance dans les moments où ça devient lourd.

C’est ce souvenir-là qui dérange.

Et il arrive au pire moment, face à une équipe encore plus exigeante. Tampa Bay n’a pas besoin de beaucoup pour faire mal. Une sortie de zone mal exécutée, une hésitation en couverture, un mauvais angle… et la rondelle est déjà derrière le gardien.

Ce n’est pas une équipe qui teste ta limite. C’est une équipe qui l’exploite.

Matheson va jouer gros. Très gros. On parle de minutes importantes contre des joueurs d’élite, sans véritable filet de sécurité derrière lui. Il l’a déjà fait, mais jamais avec autant de pression concentrée sur ses épaules.

Et autour de lui, ça devra suivre.

Guhle devra s’imposer. Pas seulement avec son patin, mais dans le trafic, dans les batailles, dans ces petits détails qui décident des matchs en séries. Les jeunes devront apprendre vite. Pas le luxe d’attendre. Pas le temps de s’adapter tranquillement.

C’est immédiat.

Ce qui sauve un peu le portrait, c’est l’attaque. Le Canadien est plus dangereux qu’il ne l’était il y a un an. Plus capable de répondre, de créer, de garder la rondelle. Ça change la dynamique. Ça enlève un peu de pression à la défensive.

Mais ça ne l’efface pas.

Parce que quand le jeu se resserre, quand les espaces disparaissent, quand chaque présence devient un combat, tout revient à la même base : défendre correctement. Sortir la rondelle proprement. Gagner les batailles.

Et pour l’instant, rien ne garantit que ce groupe peut le faire sur quatre, cinq, six matchs contre Tampa.

Alors oui, il y a un certain malaise.

Pas une condamnation. Pas une certitude d’échec. Mais une impression de déjà-vu qui s’installe, doucement, et qui refuse de disparaître.

Le Canadien va devoir écrire une autre histoire avec les mêmes acteurs.

Et cette fois, il n’a pas droit à la même fin.