Kent Hughes sous les projecteurs à Milan… pour les pires raisons.
À Milan, mercredi soir, le hockey a encore rappelé une vérité brutale : certaines décisions te poursuivent longtemps. Très longtemps.
Quand Artturi Lehkonen est parti seul vers Leonardo Genoni après une passe parfaite d’Esa Lindell, pour marquer en prolongation et éliminer la Suisse, ce n’est pas seulement la Finlande qui a explosé de joie. C’est toute la planète hockey qui a eu un flashback.
HOCKEY M –L'ancien du Canadien Artturi Lehkonen 🇫🇮 complète la remontée de la Finlande et propulse son équipe en demi-finales🤩@LNH_FR#MilanoCortina2026 #rcsports #hockey #jeuxolympiques pic.twitter.com/iCCfkvRqhr
— Radio-Canada Sports (@RC_Sports) February 18, 2026
Parce que ce but-là, ce moment-là, cette efficacité chirurgicale dans un match de quart de finale olympique… ça ressemble exactement au Lehkonen que Montréal connaissait. Le gars des gros buts. Le joueur fiable. L’attaquant qui fait les petites choses qui gagnent des matchs.
Et pendant que Juuse Saros fermait la porte à l’autre bout, pendant que Sebastian Aho amorçait la remontée et que Miro Heiskanen envoyait tout le monde en prolongation, une autre histoire se racontait dans les cabines de diffusion finlandaises.
Une histoire qui a fait très mal à Montréal.
« Comment le Canadien a pu échanger ce joueur-là? »
Selon plusieurs observateurs sur place, les commentateurs finlandais se sont littéralement arrêtés après le but gagnant. La question est sortie toute seule : comment le Canadien de Montréal a-t-il pu laisser partir Artturi Lehkonen?
Et surtout… pour quoi?
Pour Justin Barron. Et un choix de deuxième ronde.
À ce moment précis, Kent Hughes est devenu un sujet de discussion international. Pas pour une manœuvre brillante. Pas pour un coup de génie. Mais pour une transaction qui, avec le recul, devient de plus en plus difficile à défendre.
Parce que pendant que Lehkonen décide encore des matchs au plus haut niveau, Jeux olympiques, séries, moments de pression extrême, Justin Barron, lui, est en train de lutter pour prouver qu’il est un défenseur régulier de la LNH.
On ne parle même plus de potentiel. On parle de survie.
Barron, pendant ce temps-là…
On connaît la suite. Les hauts. Les bas. Les passages dans les gradins. Les critiques publiques. Les larmes sur le banc. Les tentatives de renaissance à Nashville. Les rechutes. L’inconstance chronique.
Aujourd’hui, la question circule ouvertement dans certains cercles : est-ce que Justin Barron est vraiment un défenseur de la Ligue nationale?
Pendant que Lehkonen inscrit le but le plus important du match Finlande–Suisse, Barron, lui, traîne encore cette étiquette de projet inachevé. Et ce contraste est cruel.
Oui, Montréal s’est rattrapé partiellement en transigeant Barron contre Alexandre Carrier. Oui, Carrier est devenu un pilier immédiat à la ligne bleue du Tricolore. Oui, ça a calmé la colère des partisans.
Mais ça ne change rien au fond du problème.
Lehkonen n’était même pas obligé de partir
C’est là que le dossier devient vraiment dérangeant.
Artturi Lehkonen était joueur autonome avec compensation. Montréal détenait encore le contrôle. Le Canadien aurait pu le prolonger à rabais. Garder un ailier responsable, capable de jouer en désavantage numérique, de compléter un top-6, de performer en séries et de marquer des buts décisifs.
Au lieu de ça, on a choisi le pari.
Le pari Barron.
Et aujourd’hui, à Milan, ce pari explose en pleine figure.
Parce que ce n’est pas un match de saison régulière obscure. C’est un quart de finale olympique. C’est un but en prolongation. C’est une nation entière qui célèbre. Et ce sont des analystes européens qui se demandent comment Montréal a pu se départir d’un joueur aussi clutch.
Le genre de joueur que tu ne retrouves pas facilement
Lehkonen n’est pas flashy. Il ne vend pas de chandails à lui seul. Il ne fait pas de feintes spectaculaires à chaque présence.
Mais il gagne.
Il gagne ses batailles. Il gagne ses mises en jeu importantes. Il gagne ses courses au disque. Et surtout, il gagne des matchs.
Ce sont exactement ces profils-là que les équipes cherchent désespérément quand arrivent les séries. Et Montréal l’avait déjà sous la main.
À Milan, tout ça est remonté d’un coup.
Ce n’est pas la première fois que Hughes voit une transaction le rattraper. C'est rare parmi tous ses coups de génie, mais ça arrive.
On l’a vu avec Romanov (échangé pour le 13e choix au total puis pour Kirby Dach).
Le 13e choix est devenu Frank Nazar. Et Alex Romanov est devenu un défenseur dominant avec les Islabders.
Et maintenant, Lehkonen revient hanter le Canadien… sur la scène olympique.
Pendant que la Finlande avance, pendant que la Suisse encaisse un revers crève-cœur, Montréal regarde ça de loin en se disant :
« Il jouait pour nous, lui. »
Et c’est exactement pour ça que le nom de Kent Hughes a circulé mercredi soir. Pas parce qu’il a gagné un échange. Mais parce qu’un ancien du CH vient de rappeler à tout le monde ce qu’on a laissé partir.
La conclusion fait mal.
Heureusement, le Canadien a réussi à transformer Justin Barron en Alexandre Carrier. Ça limite les dégâts.
Mais Artturi Lehkonen, lui, ne joue toujours pas à Montréal.
Et mercredi soir, à Milan, il a rappelé au monde entier pourquoi ça aurait dû être le cas.
Un tir parfait. Un match terminé. Une place en demi-finale.
Et un directeur général, à des milliers de kilomètres
