Ce qui devait arriver est arrivé.
Kirby Dach a été retiré du premier trio du Canadien de Montréal, exactement comme tout le monde s’y attendait.
Alexandre Texier reprend sa place aux côtés de Nick Suzuki et Cole Caufield, pendant que Dach est relégué sur un quatrième trio, avec Zachary Bolduc et Jake Evans.
Ce n’est pas un ajustement tactique.
Ce n’est pas une rotation banale.
C’est une punition.
Martin St-Louis a tranché, et le message est sans pitié : Kirby Dach a perdu la confiance de son entraîneur.
Et dans une organisation obsédée par la culture, l’attitude et l’énergie collective, perdre la confiance du coach, ce n’est jamais anodin. C’est souvent le début de la fin.
Une claque au visage… et après le banc.
Il faut remettre les choses en ordre.
Dach a été benché lors du dernier match.
Pas blessé.
Pas ménagé.
Bench.
Et maintenant, il est déclassé.
On parle d’un joueur qui était encore récemment présenté comme une pièce centrale du projet offensif du CH, un ancien troisième choix au total, censé incarner la transition entre l’ère passée et la nouvelle vague.
Aujourd’hui, il se retrouve sur un quatrième trio, sans responsabilités offensives, sans statut, sans filet de sécurité.
Dans le monde du hockey, c’est l’équivalent d’un avertissement public.
L’attitude est le vrai problème.
Depuis quelques jours, une chose est devenue impossible à ignorer : ce n’est pas seulement le jeu de Kirby Dach qui pose problème, c’est son attitude.
Les propos d’Alain Crête ont jeté de l’huile sur le feu, mais surtout, ils ont mis des mots sur ce que plusieurs observateurs murmuraient déjà.
Un langage corporel déficient.
Une énergie négative sur le banc.
Une posture qui ne correspond pas à un joueur en train de se battre pour sa place.
Et la phrase-choc, rapportée et commentée partout dans le milieu, résume tout :
« La pire chose qu’on pourrait lui faire, c’est enlever les miroirs dans le vestiaire. »
Dans le jargon du hockey, ce n’est pas une blague.
C’est une accusation lourde : ego, narcissisme, déconnexion entre le statut réel et la perception de soi.
L'ancien joueur des Penguins, Maxime Talbot est allé dans le même sens, soulignant qu’un entraîneur peut tolérer bien des choses… mais jamais un joueur qui draine l’énergie du banc.
Et Martin St-Louis, plus que n’importe quel autre coach, est obsédé par ça.
St-Louis n’humilie pas, il agit
Martin St-Louis ne règle pas ses comptes dans les médias.
Il ne lance pas de flèches en conférence de presse.
Il ne dramatise pas.
Il agit.
Quand un joueur a un mauvais langage corporel.
Quand il revient au banc frustré.
Quand il donne l’impression de se croire au-dessus du groupe.
St-Louis le sort.
St-Louis le rétrograde.
St-Louis le teste.
Et c’est exactement ce qu’on voit avec Kirby Dach.
Le message est clair : tu veux un rôle? Gagne-le. Tu veux du respect? Montre-le.
Le quatrième trio : une audition, pas une punition temporaire
Être envoyé sur le quatrième trio avec Evans et Bolduc, ce n’est pas un hasard.
C’est le trio du travail, de l’effort, de la simplicité.
Le trio où l’on demande de forechecker, de finir les mises en échec, de jouer sans rondelle.
C’est une audition.
Soit Dach accepte le message, ajuste son attitude, et démontre qu’il peut être coachable.
Soit il confirme ce que plusieurs commencent à penser : qu’il n’est pas compatible avec la culture actuelle du Canadien.
Et à ce moment-là, la suite est prévisible.
La transaction plane au-dessus de sa tête
Il ne faut pas se raconter d’histoires.
Kirby Dach est joueur autonome avec restriction cet été.
Son contrat arrive à échéance.
Le Canadien devra décider s’il mérite un engagement à moyen terme.
Et présentement, rien ne pointe dans cette direction.
Avec Michael Hage qui s’en vient, et Alexandre Zharovsky un an plus tard.
Avec le CH qui veut ajouter un autre ailier établi sur le marché des transactions.
Avec la priorité claire de solidifier la structure, pas de gérer des egos.
Dach devient un candidat logique à une transaction, surtout s’il ne redresse pas la barre rapidement.
Le fait qu’on parle déjà de l’impliquer dans des discussions n’est pas anodin.
Ce n’est pas de la spéculation gratuite.
C’est une lecture du marché… et de la situation interne.
Humiliation sportive, mais surtout culturelle
Oui, c’est humiliant sportivement.
Oui, c’est brutal pour un ancien top-3.
Oui, ça fait mal à l’ego.
Mais la vraie humiliation, elle est culturelle.
Kirby Dach est en train de comprendre que le talent seul ne suffit plus à Montréal.
Que le statut passé ne protège plus personne.
Que Martin St-Louis ne fait pas de compromis sur l’attitude.
Et quand un joueur commence à être perçu comme une distraction, un problème d’énergie, ou pire, un diva, la marge de manœuvre disparaît très vite.
Le ciel tombe sur sa tête
Kirby Dach est à un carrefour.
Soit il répond sur la glace, avec humilité, engagement et constance.
Soit Montréal va tranquillement, froidement, tourner la page.
La rétrogradation n’est pas la fin.
Mais c’est le dernier avertissement.
Bang.
À lui de décider si Montréal vaut encore la peine qu’il se regarde ailleurs que dans le miroir.
