Le DG des Blues de St-Louis contacte Samuel Montembeault

Le DG des Blues de St-Louis contacte Samuel Montembeault

Par David Garel le 2026-01-04

Pauvre Samuel Montembeault.

Il était très émotif quand il parlait de l'appel téléphonique reçu la veille du jour de l'an... de Doug Armstrong, DG des Blues de St-Louis.

Son téléphone a vibré, tard en soirée, comme celui de plusieurs joueurs en lice pour un poste olympique avec l'équipe canadienne.

Sauf que lui, contrairement à Nick Suzuki, qui avouait avoir mal dormi, ou à Tom Wilson, dont la réaction émotive a fait le tour du pays, n’attendait rien. Il le dit lui-même, presque avec un sourire triste :

« Je jouais à Laval une semaine avant… »

Il savait que son début de saison l’avait sorti de la conversation.

Il savait que son nom ne ferait pas partie de la liste qui partirait pour Milan.

Mais malgré tout, lorsqu’il a vu s’afficher le nom de Doug Armstrong, directeur général d’Équipe Canada, il a ressenti ce mélange étrange de lucidité et de rêve qui refuse de mourir complètement. Une part de lui espérait encore. Une autre, plus grande, savait déjà ce qui s’en venait.

Et pourtant, ce qui l’a le plus touché, ce n’est pas l’annonce, c’est la manière.

Armstrong n’avait aucune obligation. La décision était connue à l’interne depuis longtemps. Montembeault n’attendait pas l’appel, il n’y croyait plus. Mais le DG a pris le temps, par respect, par décence, par reconnaissance de l’homme plutôt que du joueur. Et ça, Montembeault l’a senti profondément.

« J’ai vraiment apprécié son appel la veille. J’ai aimé qu’il prenne le temps de me l’annoncer avant que ça sorte, même si je savais que je n’y allais pas. »

Ces mots, il les a prononcés calmement, mais on sentait la gorge serrée, la fierté écorchée, le rêve anéanti.

Parce que Samuel Montembeault a porté l’uniforme de l’équipe nationale. Il a brillé au Championnat du monde, ramenant une médaille d'or en 2024.

Il a été perçu comme la prochaine option crédible derrière les géants du poste. Et pour quelqu’un qui travaille avec acharnement, qui a tracé son chemin à coups de résilience et d’humilité, entendre qu’il n’en fera pas partie… ça frappe. Même si on s’y attend.

Et c’est précisément là que la magie du sport a pris le relais.

À Dallas, Montembeault a joué blessé… mais à l’âme, pas au corps

Le Québécois est monté dans son filet comme un homme qui n’a plus rien à perdre, mais absolument tout à reconquérir. Et ce qu’il a livré là-bas, ce n’est pas seulement une performance technique : c’est une démonstration de caractère, une réponse viscérale à l’appel de la veille.

Oui, il a paru hésitant sur le but de Mavrik Bourque. Oui, sa saison a été remplie de doutes, de remises en question, de petites morts. Mais ce qui a suivi à Dallas, c’est exactement ce que les entraîneurs appellent « une performance d’homme ».

Il s’est relevé.

Il a refait les mêmes déplacements.

Il a offert les arrêts que les grands font quand la marge d’erreur disparaît.

Il s'est vengé de Bourque avec un arrêt spectaculaire.

Il a volé Rantanen.

Sa mitaine qui stoppe Sam Steel au moment parfait.

Et cette échappée monstrueuse de Wyatt Johnston en prolongation, arrêt qui a arraché un sourire aussi rare que précieux à Martin St-Louis.

« On ne gagne pas ce match sans lui », a lancé Brendan Gallagher, presque avec indignation qu’on puisse en douter.

Slafkovský a dit la même chose. Les deux savaient que cette victoire-là appartient au gardien Québécois.

Quand il en a reparlé après la rencontre, on a vu un homme qui ne cherche ni excuses, ni pitié. Il a reconnu sa saison en dents de scie, il a admis sa déception, mais il l’a fait avec une classe qui explique pourquoi le vestiaire l’adore.

« C’était mon objectif en début de saison… mais de la façon que j’ai joué, je ne méritais pas de place. »

C’est rare d’entendre un athlète dire cela sans détour. La plupart aurait répondu avec arrogance qu'ils méritaient un poste.

Mais Montembeault n’est pas construit comme ça.

Il est fait de patience, de fidélité, de travail.

Et c’est précisément pour cela que son histoire touche autant.

En vérité, ce que Samuel Montembeault a reconquis à Dallas n’était pas un billet pour les Jeux. C’était quelque chose de beaucoup plus important : la confiance du vestiaire, le respect du public, la certitude qu’il peut encore être le gardien qui stabilise une organisation en transition.

L’appel de Doug Armstrong lui a brisé un morceau du cœur.

Sa performance à Dallas l’a recollé.

Ce n’est pas la fin d’un rêve olympique.

C’est le début d’une remontée.

Et parfois, dans ce sport, ce sont précisément les hommes qui ont tout perdu qui deviennent ceux capables de tout gagner.