Le malaise est réel : Martin St-Louis doit enfin vivre avec Arber Xhekaj

Le malaise est réel : Martin St-Louis doit enfin vivre avec Arber Xhekaj

Par William Petit Lemay le 2026-04-04

La blessure d’Alexandre Carrier vient peut-être de complètement changer le portrait de la fin de saison du Canadien de Montréal.

Et surtout… elle vient placer Martin St-Louis dans une situation qu’il a tenté d’éviter pendant des semaines.

Parce que là, il n’a plus vraiment le choix.

Il doit enfin vivre avec Arber Xhekaj.

Depuis plusieurs matchs, tout indiquait que le coach du Canadien n’avait pas une confiance totale envers son gros défenseur. On l’a vu être laissé de côté. On l’a vu utilisé à l’attaque. On l’a vu jouer des miettes. On l’a vu sortir de l’alignement sans trop d’explication claire.

Et chaque fois que Martin St-Louis parlait de lui, le message entre les lignes était limpide : Xhekaj devait encore prouver qu’il pouvait être fiable.

Pas seulement intimidant.

Pas seulement physique.

Pas seulement spectaculaire.

Fiable.

Le problème, c’est qu’avec la perte de Carrier pour deux à quatre semaines, le Canadien se retrouve soudainement beaucoup plus fragile à la ligne bleue.

Et là, tout change.

Parce qu’on ne parle plus d’un luxe.

On parle d’un besoin.

Le Canadien a maintenant beaucoup moins de marge de manœuvre derrière. Noah Dobson devient essentiellement le seul défenseur droitier naturel stable dans le portrait immédiat. Et même si Adam Engström a été rappelé, il reste un jeune défenseur gaucher qui joue à droite, avec peu d’expérience dans un contexte aussi chargé.

Autrement dit : Martin St-Louis doit maintenant faire confiance à la fois à Arber Xhekaj et à Jayden Struble en même temps.

Et ça, ce n’est pas rien.

Parce qu’il faut être honnête : dans la hiérarchie récente du Canadien, Xhekaj et Struble avaient glissé dans le portrait de 6e, 7e, voire 8e défenseur selon les moments. Des gars utiles, oui. Des gars capables de dépanner, oui.

Mais pas nécessairement deux défenseurs que tu veux utiliser ensemble à l’approche des séries éliminatoires, alors que chaque erreur peut coûter extrêmement cher.

C’est exactement là que le malaise s’installe.

Parce que Martin St-Louis n’a plus l’option de les cacher.

Il doit maintenant les utiliser pour vrai.

Il doit leur donner des minutes.

Il doit vivre avec leurs décisions.

Et dans le cas de Xhekaj, c’est là que ça devient vraiment fascinant.

Parce que malgré tout ce qui s’est passé cette saison, malgré les benchages, malgré les doutes, malgré le manque de constance dans son utilisation… Arber Xhekaj joue du bien meilleur hockey dernièrement.

Et ça, il faut le dire.

On sent un joueur plus calme.

Un joueur plus mature.

Un joueur plus simple dans ses décisions.

Il essaie moins d’en faire trop. Il cherche moins le gros contact inutile. Il choisit mieux ses moments. Il joue plus dans sa structure. Et surtout, il a l’air beaucoup plus en contrôle émotionnellement.

C’est énorme pour lui.

Parce qu’on l’a souvent vu, dans le passé, tomber dans le piège de vouloir trop imposer sa présence au lieu de simplement jouer sa game.

Là, c’est différent.

Il joue comme un défenseur qui commence à comprendre qu’il n’a pas besoin de frapper tout ce qui bouge pour être efficace.

Et c’est probablement la meilleure nouvelle possible pour le Canadien.

Parce qu’en ce moment, Montréal a besoin de ce Xhekaj-là.

Pas du policier.

Pas du showman.

Pas du gars qui veut envoyer un message à chaque présence.

Du défenseur.

Du vrai.

Du gars capable de jouer 13, 14, 15 minutes sans faire exploser la structure du club.

Et c’est là où le dossier devient presque ironique.

Parce qu’au moment exact où Martin St-Louis semble enfin commencer à voir une version plus mature de Xhekaj…

il est forcé de lui faire confiance.

Pas par choix.

Par obligation.

Et ça, c’est souvent là qu’on découvre si un joueur est réellement prêt.

Évidemment, il reste encore une zone grise dans ce portrait-là.

Parce qu’avec le rappel d’Adam Engström, le Canadien se garde clairement une porte ouverte. On ne sait pas encore si Engström jouera, si Struble sortira, ou si Martin St-Louis brassera encore sa brigade défensive.

Mais une chose est certaine :

Arber Xhekaj n’est plus un luxe dans l’alignement.

Il est devenu une nécessité.

Et à ce moment précis de la saison, c’est peut-être la dernière chose que Martin St-Louis voulait gérer.

Mais maintenant…

il doit vivre avec lui.

Et surtout, il doit espérer qu’il soit enfin prêt à lui donner raison