Le message de Zachary Bolduc aux médias de St-Louis: le courage de continuer

Le message de Zachary Bolduc aux médias de St-Louis: le courage de continuer

Par David Garel le 2026-03-27

Hier, Zachary Bolduc est passé de cible facile à symbole de résilience.

Parce que oui, pendant des semaines, même des mois, tout pointait dans la mauvaise direction. Une disette interminable. Une pression constante. Une comparaison toxique avec Logan Mailloux qui revenait à chaque match comme un rappel cruel de la transaction.

Et pendant ce temps-là, à Saint-Louis, certains médias commençaient déjà à dire que les Blues de Saint-Louis avaient gagné l’échange.

Mais jeudi soir, au Centre Bell, quelque chose a changé.

Pas seulement sur la feuille de pointage, alors qu'il a marqué un but magnifique:

Dans l’attitude. Dans les décisions. Dans la manière.

Parce que comme l’a si bien résumé la séquence clé du match, « c’est une chose de dire que tout va bien, c’en est une autre de le démontrer ».

Et Bolduc l’a démontré.

En plein cœur d’une séquence de plus de 30 matchs sans but, dans un moment où n’importe quel marqueur aurait voulu forcer le jeu, il a fait exactement l’inverse.

« J’aurais probablement tiré », a admis Jake Evans. « Je pensais qu’il allait tirer. Ça montre sa maturité, il n’allait pas juste espérer un but chanceux. »

Au lieu de ça, Bolduc a levé la tête.

Il a lu le jeu.

Et il a servi une passe parfaite à Jayden Struble pour ouvrir la marque.

On avait les larmes aux yeux quand il a reçu la fourrure du joueur du match dans la chambre:

« Il y avait deux gars sur Lane, donc si j’attirais un autre gars, je savais que Jayden aurait une autoroute vers le but », a expliqué Bolduc. « J’ai vu – ou j’ai entendu – Jayden qui voulait vraiment la rondelle… j’en ai mis et j’ai fait la passe. »

Ce n’est pas spectaculaire.

Ce n’est pas un moment viral.

Mais c’est exactement ce que les entraîneurs veulent voir d’un joueur qui traverse une tempête.

De la lucidité.

De la patience.

Du sang-froid.

Et comme le hockey a parfois un sens du timing parfait, la récompense est venue plus tard.

En troisième période.

Une passe transversale.

Un tir.

Et enfin, ce but qui se faisait attendre depuis le 23 décembre.

Un poids énorme qui tombe.

« Mon niveau de confiance est bon et malgré la trentaine de matchs sans but, je me sentais bien et je ne sentais pas que je forçais les choses », a-t-il expliqué.

Ce n’était pas juste un but.

C’était une libération.

Une réponse.

Une preuve.

Parce que tout au long de cette séquence, Bolduc n’a jamais craqué publiquement.

Jamais.

Même si, comme l’a reconnu Phillip Danault, « ce n’est jamais agréable, encore moins à Montréal ».

Mais lui, il est resté droit.

« Je dormais super bien et je vais continuer à bien dormir », a-t-il lancé. « Reste que c’était fâchant… tu veux contribuer aux succès de l’équipe. Mais je trouvais des façons d’aider sans noircir la feuille de pointage. Mais le faire ce soir, ça fait du bien. »

C’est ça, la nuance.

Pendant que plusieurs le voyaient comme invisible, lui trouvait d’autres façons d’exister dans le match.

Pendant que les critiques montaient, lui restait stable.

« Je gère quand même bien ça. Je gère bien la critique négative, la critique positive. J’ai un peu été élevé dans ce marché, j’ai une idée de comment ça se déroule. Ma famille est là pour moi, j’ai de super bons amis et je m’appuie sur eux. »

Ce n’est pas le discours d’un joueur perdu.

C’est le discours d’un joueur qui comprend où il est.

Et ce qu’il doit traverser.

Et ce qui rend cette performance encore plus importante, c’est le contexte collectif.

Parce que les Canadiens de Montréal n’ont pas gagné grâce à leurs vedettes.

Pas de but de Nick Suzuki.

Pas de but de Cole Caufield.

Pas de but de Juraj Slafkovský.

Seulement la cinquième victoire de la saison sans contribution offensive du premier trio.

Et ça, Jake Evans l’a dit clairement :

« On ne peut pas toujours se fier seulement à nos meilleurs joueurs. En séries, on ne peut pas juste compter sur un trio. »

Autrement dit : des joueurs comme Bolduc doivent livrer.

Et jeudi soir, il a livré.

Mais au-delà du match, au-delà du but, au-delà de la victoire…

Ce qui frappe, c’est ce que ça représente.

Parce que pendant que certains, à Saint-Louis, parlent de vol, pendant que la comparaison avec Mailloux continue de flotter au-dessus de sa tête…

Bolduc vient de rappeler une chose essentielle.

Rien n’est figé.

Pas après 10 matchs.

Pas après 30 matchs.

Pas même après une saison difficile.

Il revient.

Il s’accroche.

Il s’adapte.

Et surtout, il répond sur la glace.

Ce n’est peut-être pas encore une domination.

Ce n’est peut-être pas encore une explosion offensive.

Mais c’est une étape.

Une vraie.

Et dans un marché comme Montréal, où tout peut basculer très vite dans un sens comme dans l’autre…

Ce genre de soirée peut tout changer.

Pour un joueur.

Pour une perception.

Et peut-être même, tranquillement, pour l’histoire de cette transaction.

Ce but, au-delà de la feuille de pointage, envoie aussi un message clair à Blues de Saint-Louis et à tous ceux qui se sont empressés de juger la transaction.

Dans une ligue où tout est analysé en temps réel, où chaque séquence devient une conclusion, Bolduc vient rappeler une vérité simple : ça prend du temps.

Du temps pour s’adapter. Du temps pour trouver son rythme. Du temps pour répondre. Pendant que plusieurs pointaient déjà vers Logan Mailloux comme preuve d’un échange perdu, Bolduc vient de montrer que l’histoire est loin d’être écrite. Et que dans ce genre de dossier, les verdicts précipités finissent souvent par mal vieillir.