Quelque chose est en train de changer dans la perception d’Alexander Zharovsky… et ce ne sont pas les partisans du Canadien qui le disent en premier.
Le véritable sceau d’approbation vient d’un homme qui connaît parfaitement la réalité de la KHL, qui a affronté le jeune espoir du Tricolore à plusieurs reprises et qui a lui-même porté un chandail de la Ligue nationale.
Quand un joueur comme Mikhail Grigorenko prend la parole avec autant de conviction, le message mérite qu’on s’y attarde.
À Lévis, dans le cadre de l’Omnium des célébrités Tanguay, l’ancien attaquant des Sabres de Buffalo et des Blue Jackets de Columbus n’a pas hésité une seconde lorsqu’on lui a parlé du choix du Canadien.
Pour lui, Kent Hughes a frappé un coup de maître en repêchant Zharovsky au 34e rang en 2025.
« C’est un vol pour le Canadien. »
Cette déclaration résonne encore plus fort lorsqu’on sait que Grigorenko ne juge pas le jeune Russe à partir de quelques vidéos circulant sur Internet.
Il l’a affronté toute la saison dans la KHL. Il connaît son coup de patin, sa vision du jeu et sa capacité à créer de l’offensive contre des joueurs professionnels.
Son analyse va encore plus loin.
« Il est excellent, c’est un très, très bon joueur. Il va passer une autre saison en Russie et, ensuite, je ne sais pas s’il sera en mesure de faire le saut directement dans la LNH. Il aura peut-être besoin d’une année d’expérience dans la Ligue américaine, mais je pense qu’il a le potentiel de devenir un joueur du top-6 dans la LNH. »
Voilà la phrase qui retient toute l’attention.
Un potentiel de joueur de premier ou deuxième trio… obtenu au début de la deuxième ronde.
À partir de ce moment-là, la discussion change complètement.
Le Canadien n’a peut-être pas seulement mis la main sur un bon espoir. Il a peut-être profité d’une occasion que plusieurs organisations ont laissé filer.
Grigorenko croit d’ailleurs savoir pourquoi.
Selon lui, le facteur russe a joué un rôle majeur dans cette glissade au repêchage.
Les dirigeants de plusieurs équipes disposent de moins d’informations qu’auparavant sur les joueurs évoluant en Russie, et ces derniers participent moins aux vitrines internationales qui permettent de comparer les meilleurs espoirs entre eux.
« S’il n’avait pas joué dans la KHL, il aurait été repêché en première ronde. C’est difficile pour les gens de savoir à quel point il est bon parce qu’ils ne peuvent pas le voir au Championnat mondial junior ou à ce genre de compétition et le comparer aux autres jeunes joueurs. C’est un vol pour le Canadien. »
Difficile de trouver un témoignage plus crédible.
Zharovsky n’a que 19 ans. L’ailier gauche de 6 pieds 2 pouces et 176 livres vient pourtant de connaître une première saison complète dans la KHL avec le Salavat Yulaev Oufa, récoltant 42 points en 59 matchs contre des hommes.

Une production remarquable pour un joueur de son âge dans une ligue reconnue comme l’une des plus relevées au monde après la LNH.
Le choix de Nick Bobrov et de son département de recrutement commence soudainement à prendre une tout autre dimension.
Depuis quelques années, le Canadien mise énormément sur les joueurs russes.
Ivan Demidov représente évidemment la tête d’affiche de cette stratégie, mais Zharovsky pourrait bien devenir une autre réussite spectaculaire si son développement suit la trajectoire prévue.
Ce qui rend ce dossier encore plus intrigant, c’est que personne ne presse le jeune attaquant.
Son développement se poursuit en Russie, où il continue d’affronter quotidiennement des vétérans de haut niveau. Lorsqu’il traversera enfin l’Atlantique, il arrivera avec plusieurs saisons de hockey professionnel derrière la cravate, une expérience que peu d’espoirs de son âge peuvent revendiquer.
Kent Hughes et Jeff Gorton ont souvent répété qu’ils voulaient bâtir une organisation patiente, capable d’attendre le bon moment avant de lancer un jeune dans la mêlée.
Zharovsky correspond parfaitement à cette philosophie.
Pendant que plusieurs regards demeurent tournés vers Demidov, un autre joyau poursuit tranquillement son ascension de l’autre côté de l’océan.
Et plus les gens qui l’ont réellement affronté prennent la parole, plus une idée s’installe.
Le Canadien n’a peut-être pas simplement réussi un bon choix au repêchage.
Le Canadien a peut-être réalisé le plus grand vol de toute cette cuvée.
Wow…
