Le malaise autour de Lane Hutson ne date pas d’hier.
La décision des États-Unis d’ignorer encore une fois le défenseur du Canadien de Montréal, malgré une saison élite dans la LNH, a ravivé une vieille blessure que personne, du côté américain, ne semble avoir digérée.
Pour remplacer Seth Jones, blessé, Team USA avait une occasion en or de corriger le tir.
Une occasion de récompenser un défenseur dominant, productif, mobile, déjà cité parmi les meilleurs de la ligue à sa position.
Résultat? Bill Guerin et son groupe ont préféré Jackson Lacombe. Un choix défendable sur papier, mais difficile à justifier quand on regarde le rendement actuel de Lane Hutson.
C’est exactement ce qui a fait bondir Tony Marinaro lors de son passage à JiC, dans un échange musclé avec Jean-Charles Lajoie.
« Personne ne parle de Jackson Lacombe comme d’un candidat au Norris. Le deuxième nom qui sort après Cale Makar, c’est Lane Hutson. Tout le monde le qualifie de superstar. Personne n’appelle Lacombe une superstar. »
Le propos est clair. Le débat ne porte pas sur le talent de Lacombe, mais sur l’écart entre les deux joueurs. Et c’est là que Marinaro a appuyé exactement où ça fait mal.
Selon lui, la vraie raison dépasse le hockey.
Retour en septembre dernier. Lane Hutson est ignoré au camp d’orientation olympique.
Son père, Rob Hutson, sort publiquement et dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. Il remet en question la décision, critique le processus, et va jusqu’à évoquer la possibilité ... théorique ... que son fils puisse représenter le Canada un jour.
Des paroles lourdes. Très lourdes, dans un milieu où la hiérarchie, l’ego et la loyauté pèsent souvent plus que la production.
Marinaro n’a pas mâché ses mots à ce sujet :
« Les organisations qui font payer le prix à un jeune à cause de son père, c’est des vidanges. Personne ne va l’admettre, jamais. Mais c’est mon opinion, et je sais que je ne suis pas le seul à le penser. »
Voilà le cœur du problème. Lane Hutson ne paie pas pour son jeu. Lane Hutson paie pour une sortie médiatique qui a dérangé les bonnes personnes au mauvais moment.
Dans un système où Bill Guerin est à la fois juge et partie, où l’image de contrôle et d’autorité prime, ce genre de commentaire ne s’oublie pas.
Le message envoyé est brutal : performance ou pas, production ou pas, réputation ou pas, certaines lignes ne doivent pas être franchies.
Pendant ce temps, Hutson continue de livrer sur la glace, soir après soir, avec le Canadien. Utilisation massive, responsabilités défensives accrues, production offensive constante.
Tout ce qu’on demande d’un défenseur moderne de haut niveau.
Et pourtant, la porte reste fermée.
La facture est salée, effectivement. Pas parce que Lane Hutson n’est pas assez bon.
Mais parce que, dans le hockey international, la mémoire est longue, l’orgueil fragile, et les pères trop vocaux deviennent parfois des obstacles invisibles.
Reste à voir jusqu’où Team USA est prête à aller pour maintenir cette position.
Parce qu’à force d’ignorer l’évidence, ce ne sont plus seulement des décisions qui font jaser… c’est la crédibilité du processus au complet qui commence à craquer.
Et ça, aucun directeur général n’aime vraiment ça.
