L'entrevue de Kent Hughes tourne mal: le Québec ne lui pardonne pas

L'entrevue de Kent Hughes tourne mal: le Québec ne lui pardonne pas

David Garel
Le 2026-06-26

Le premier tour du repêchage est terminé. Le Canadien de Montréal a sélectionné Gleb Pugachyov. Le Tom Wilson russe. Un attaquant robuste au profil très intéressant. Pourtant, quelques minutes plus tard, ce n’était pas de ce choix dont tout le monde parlait.

Les réseaux sociaux étaient en ébullition.

Pendant que plusieurs organisations frappaient de grands coups depuis le début de la semaine, une partie importante des partisans du Canadien avait l’impression d’avoir assisté à une soirée beaucoup trop tranquille.

Les commentaires se sont multipliés à une vitesse folle. Beaucoup se demandaient où était passée la transaction promise, pourquoi Kent Hughes n’avait pas réussi à profiter d’un marché aussi actif et pourquoi Montréal regardait autant de joueurs changer d’adresse sans réussir à mettre la main sur un attaquant établi.

La conférence de presse de Kent Hughes était donc attendue avec énormément d’impatience.

Le directeur général n’a pas fui les questions.

Il a reconnu que le Canadien avait été impliqué dans un nombre impressionnant de discussions avec plusieurs équipes de la LNH.

« Nous avons eu plusieurs conversations concernant certains joueurs. »

Une phrase qui confirme que le téléphone n’a pratiquement jamais cessé de sonner au cours des derniers jours.

Hughes a même admis que le Canadien ne se limite pas aux joueurs officiellement disponibles.

« Nous appelons parfois une équipe pour demander si elle accepterait d’écouter une offre pour un joueur qui n’est même pas sur le marché. »

Cette déclaration en dit long sur l’approche du Canadien. Kent Hughes ne fait pas que réagir aux occasions qui se présentent. Il tente aussi d’en créer lui-même.

Mais ce sont surtout ses aveux concernant les négociations qui ont retenu l’attention.

« C’est frustrant. Tu présentes une très bonne offre et la transaction ne se réalise pas. »

Quelques secondes plus tard, il a ajouté une autre phrase qui résume parfaitement son état d’esprit.

« Je passe probablement dix fois plus de temps au téléphone que je ne le devrais. »

On sentait un directeur général qui travaille énormément derrière les coulisses, mais qui se heurte à un marché complètement déchaîné où les vendeurs dictent les règles.

Hughes a également reconnu que le prix à payer pour obtenir un joueur établi est actuellement très élevé.

« Si vous voulez un joueur capable de vous aider immédiatement, il faudra payer un prix important. »

Une nuance importante est toutefois venue immédiatement après.

« Ça ne nous fait pas peur. Il faut simplement trouver le bon joueur. »

Le Canadien est prêt à payer cher… mais seulement si le joueur correspond parfaitement à son plan.

Cette précision explique probablement pourquoi Montréal a laissé passer plusieurs dossiers qui ont fait énormément jaser au cours des dernières heures.

Pavel Dorofeyev.

Mason McTavish.

Plusieurs autres noms liés au Canadien depuis des semaines.

Hughes refuse clairement de bouger simplement pour satisfaire l’impatience du marché.

Il a également lancé un message à ceux qui croient que tout est terminé.

« Je pense qu’il y aura encore plusieurs transactions pendant l’été. »

Il est même allé plus loin en expliquant que les échanges pourraient survenir en juillet, en août… ou même beaucoup plus tard dans la saison.

« Nous allons continuer de garder l’esprit ouvert. Si une transaction peut vraiment améliorer notre équipe pour plusieurs années, nous n’allons pas hésiter. »

Une autre déclaration n’est pas passée inaperçue.

Le DG a répété que le Canadien n’était plus dans une phase où il cherche simplement à accumuler du talent.

« Nous cherchons maintenant des joueurs capables de répondre à un besoin précis. »

Cette phrase explique pratiquement toute la stratégie actuelle de l’organisation.

Le Canadien ne veut plus seulement ajouter un bon joueur.

Il veut trouver LE bon joueur.

Malgré tout, la conférence de presse n’a pas réussi à calmer les partisans, même si le "war room" du CH a bondi de joie à l'annonce de la sélection du "rouleau compresseur russe".

Bien au contraire.

Pendant que les applaudissements résonnaient dans la salle après la sélection de Gleb Pugachyov, les réseaux sociaux continuaient de s’enflammer. Plusieurs remettaient en question l’inaction apparente de l’organisation après une semaine marquée par une avalanche de transactions partout dans la LNH.

Ouch.

À l’intérieur de la salle, le Canadien célébrait l’arrivée d’un espoir que Martin Lapointe adorait et que Kent Hughes a même comparé, pour son style de jeu, à Tom Wilson.

À l’extérieur, une partie des partisans ne parlait que des occasions perdues.

Kent Hughes, lui, refuse de céder à la pression populaire.

Son message est demeuré le même du début à la fin.

Le Canadien travaille.

Le Canadien téléphone.

Le Canadien présente des offres.

Et surtout, le Canadien ne forcera pas une transaction simplement pour donner l’impression d’avoir bougé.

Reste maintenant à voir si cette patience sera récompensée… ou si les partisans auront finalement eu raison de s’impatienter.

Rarement a-t-on vu autant de ressentiment et de colère envers le DG du Canadien de Montréal.