Les bonus d'Ivan Demidov: des millions à l'abri des impôts

Les bonus d'Ivan Demidov: des millions à l'abri des impôts

David Garel
Le 2026-07-01

Les détails du contrat d’Ivan Demidov sont dévoilés.

Plus les détails du nouveau contrat d’Ivan Demidov sortent, plus on réalise l’ampleur du travail réalisé par Kent Hughes.

Oui, le Canadien vient de s’entendre avec sa future supervedette pour huit ans et 73 millions de dollars, soit une valeur annuelle de 9,15 millions de dollars.

Mais c’est surtout la structure du contrat qui impressionne.

Kent Hughes n’a pas seulement réussi à faire signer Demidov sous la barre des 10 millions de dollars par année. Il a aussi construit une entente extrêmement intelligente sur le plan financier.

Voici la répartition complète du contrat :

2027-2028 : bonus à la signature de 11,5 M$ + salaire de 1 M$

2028-2029 : bonus à la signature de 11,5 M$ + salaire de 1 M$

2029-2030 : bonus à la signature de 9,5 M$ + salaire de 1 M$

2030-2031 : bonus à la signature de 6,7 M$ + salaire de 1 M$

2031-2032 : bonus à la signature de 6,3 M$ + salaire de 1,2 M$

2032-2033 : bonus à la signature de 6,3 M$ + salaire de 1,2 M$

2033-2034 : bonus à la signature de 5,8 M$ + salaire de 1,7 M$

2034-2035 : salaire de 7,5 M$

Au total, 57,6 millions de dollars seront versés en bonus à la signature.

C’est énorme.

Cette structure de contrat n’a absolument rien d’un hasard.

Kent Hughes sait parfaitement qu’au Canada, particulièrement au Québec, les joueurs de la Ligue nationale voient souvent une portion gigantesque de leur salaire disparaître à cause d’un régime fiscal beaucoup plus agressif que plusieurs marchés américains.

Et c’est précisément là où cette entente devient un véritable coup de maître.

Sur les 73 millions du contrat, 57,6 millions seront versés sous forme de bonus à la signature, une mécanique que plusieurs équipes canadiennes utilisent depuis des années pour rendre leurs offres beaucoup plus attrayantes sur le plan fiscal.

Pourquoi?

Simplement parce qu’un salaire traditionnel peut être imposé à des taux qui dépassent parfois les 50 % lorsqu’on combine Ottawa et Québec… alors que certaines structures de bonus, selon la résidence fiscale du joueur et les conventions applicables, peuvent bénéficier d’un traitement beaucoup plus avantageux.

Autrement dit…

Kent Hughes n’a pas seulement convaincu Ivan Demidov de signer à Montréal.

Il a structuré un contrat qui permet à sa future vedette de conserver des millions de dollars supplémentaires dans ses poches plutôt que de les voir disparaître dans l’un des régimes fiscaux les plus impitoyables du hockey professionnel.

Et soudainement, on comprend encore mieux pourquoi autant de directeurs généraux canadiens multiplient ce genre de structure contractuelle lorsqu’ils veulent battre la concurrence américaine.

Encore une fois…

Kent Hughes vient de jouer une partie d’échecs pendant que le reste de la Ligue nationale jouait aux dames.

Les bonus à la signature sont très recherchés par les joueurs vedettes puisqu’ils sont garantis et versés rapidement, peu importe les circonstances.

C’est aussi une façon, pour certaines équipes canadiennes, de rendre leurs offres plus attrayantes face aux formations américaines, notamment sur le plan fiscal selon la situation personnelle du joueur et les règles applicables.

Autre détail important : Demidov obtient également une clause de non-échange limitée à 10 équipes.

La clause de non-échange limitée à dix équipes incluse dans les trois dernières années du contrat vient confirmer une chose très simple : le meilleur contrat signé dans toute la Ligue nationale aujourd’hui l’a été avant même l’ouverture officielle du marché des joueurs autonomes.

En d’autres mots, pendant que les 31 autres organisations se préparaient à surpayer en panique dès midi… Kent Hughes avait déjà sécurisé sa future supervedette avec une entente que plusieurs considèrent déjà comme la plus intelligente de toute la journée.

Mais il y a encore plus intéressant.

Depuis plusieurs mois, Kent Hughes multiplie les gestes pour bâtir un environnement favorable autour de sa jeune vedette russe. L’organisation a notamment repêché Gleb Pugachyov, l’un de ses bons amis, et continue de miser sur Alexander Zharovsky, avec qui Demidov entretient également une excellente relation.

Plusieurs y voient la preuve que le Canadien ne voulait pas seulement faire signer Demidov.

Il voulait lui démontrer que Montréal était prêt à construire autour de lui.

Quand on regarde le marché actuel, où certains joueurs touchent désormais 12, 13 ou même 14 millions de dollars par saison, cette entente à 9,15 millions pourrait rapidement devenir l’un des meilleurs contrats de toute la Ligue nationale.

Kent Hughes ne vient pas seulement d’assurer l’avenir d’Ivan Demidov.

Il vient peut-être de signer le contrat qui définira la prochaine décennie du Canadien de Montréal.

WOW...