Les négociations entre le Canadien de Montréal et les Rangers de New York se poursuivent pour Vincent Trocheck, mais plus les heures avancent, plus un problème majeur apparaît.
Le prix.
Les Rangers réclament un choix de première ronde ainsi qu’un espoir de premier plan. Et ce n’est que le point de départ des discussions.
Pierre LeBrun a même révélé que New York préfère attendre qu’un dossier comme celui de Dylan Larkin se règle avant d’accélérer les négociations pour Trocheck.
La stratégie est simple : une fois les meilleurs centres retirés du marché, les équipes qui cherchent toujours un deuxième centre n’auront plus beaucoup d’options. Les Rangers pourront alors contrôler le marché et faire grimper les enchères.
Montréal fait partie des équipes qui demeurent dans le coup. Toronto, Buffalo, le Minnesota et plusieurs autres formations surveillent également le dossier.
Un détail vient toutefois changer complètement la dynamique.
La transaction qui a envoyé Brett Berard à Montréal en retour de William Trudeau démontre clairement que, malgré les nombreuses tensions entre Jeff Gorton et Chris Drury depuis le départ de Gorton de New York en 2021, les deux organisations sont toujours capables de faire affaire ensemble.
Plusieurs croyaient que la relation entre les deux dirigeants était devenue pratiquement irréparable. On se souvient que Gorton avait été congédié par les Rangers après que son adjoint Drury ait manigancé dans son dos en convaincant le propriétaire James Dolan de le congédier.
Or, cette transaction Berard vs Trudeau prouve que lorsqu’un échange est logique pour les deux organisations, les relations personnelles passent au second plan, surtout que c'est kent Hughes et non Gorton qui a négocié avec Drury.
Si les deux équipes réussissent à s’entendre pour Brett Berard et William Trudeau, rien n’empêche qu’elles puissent également conclure une transaction beaucoup plus importante impliquant Vincent Trocheck.
Pour Kent Hughes, le véritable casse-tête est ailleurs.
Le Canadien possède son choix de première ronde. Ce n’est pas le problème, même si on parle d'un 28e choix au total, pratiquement un choix de 2e ronde.
Le problème, c’est l’espoir de premier plan.
Alexander Zharovsky? À l’interne, Nick Bobrov continue de décrire l'espoir comme intouchable après son ascension spectaculaire dans la KHL. Le Canadien refuse de l’inclure dans les discussions importantes depuis la transaction avortée avec les Leafs pour Matthew Knies.
Kent Hughes était prêt à sacrifier Zharovsky seulement pour l'attaquant de puissance, mais pas pour un centre de 32 ans comme Trocheck.
Michael Hage? Même scénario. Il est encore plus intouchable que Zharovsky. Montréal le voit toujours comme une pièce majeure de son avenir et refuse de l’échanger pour un joueur qui aura bientôt 33 ans.
David Reinbacher? Tant que le Canadien n’aura pas réglé son problème de défenseur droitier capable de jouer dans le top-4, il devient extrêmement difficile d’imaginer Kent Hughes sacrifier un joueur de cette importance, surtout à seulement 21 ans.
Bryce Pickford possède une certaines de valeur après sa saison historique dans la WHL, mais plusieurs dirigeants de la LNH continuent de le voir comme un projet. À 20 ans, il évoluait toujours dans la pire ligue junior du pays et les Rangers ne le considèrent pas comme l’espoir de premier plan qu’ils réclament.
Selon ce qui circule, Montréal aurait déjà testé le terrain avec une proposition construite autour du 28e choix au total et de Bryce Pickford.
Refus immédiat.
Les Rangers veulent davantage et restent sur leurs positions: un choix de 1re ronde et un espoir de premier plan.
Sinon, ils recherchent également un jeune joueur déjà établi dans la LNH, capable de contribuer rapidement à leur retool.
Le Canadien possède-t-il réellement ce type de joueur disponible?
Kirby Dach et le 28e choix au total? Les Rangers refusent encore.
Drury a une nette préférence pour Oliver Kapanen.
Le cas du Finlandais est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. À l’interne, le Canadien continue de le considérer comme l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs de son organisation.
Sa saison recrue de 22 buts au centre a confirmé tout le potentiel offensif que les dirigeants voyaient en lui lors de son arrivée.
Malgré une fin de saison plus difficile et des séries éliminatoires catastrophqiues au point d'être envoyé dans les gradins, personne à Montréal ne semble avoir paniqué.
Au contraire, plusieurs estiment que le contexte explique largement cette baisse de régime. Kapanen disputait sa première véritable saison complète dans la LNH, avec toutes les exigences physiques et mentales que cela implique.
Il a également participé aux Jeux olympiques, a dû composer avec un calendrier beaucoup plus chargé qu’à l’habitude, de nombreux déplacements et des responsabilités grandissantes au sein d’un trio offensif.
Dans cette optique, la diminution de son temps de glace en fin de saison et certaines absences lors des séries sont davantage perçues comme une façon de gérer son niveau d’énergie que comme un désaveu de la part de Martin St-Louis.
Le Canadien croit toujours énormément en son intelligence hockey, en la qualité de son lancer, en son sens du positionnement et, surtout, en la chimie naturelle qu’il a développée avec Ivan Demidov.
Cette connexion est loin d’être banale, puisque très peu de jeunes joueurs réussissent à suivre le rythme et la vitesse d’exécution du phénomène russe. À l’heure actuelle, plusieurs à l’interne continuent même de croire que si Kent Hughes ne parvient pas à acquérir un véritable deuxième centre établi, Kapanen pourrait amorcer la prochaine saison au centre du deuxième trio, à condition d’être accompagné d’un ailier de puissance capable de récupérer les rondelles et de créer de l’espace.
La meilleure version du duo Kapanen-Demidov est d’ailleurs apparue lorsqu’il évoluait aux côtés de Juraj Slafkovsky, même si ce dernier est maintenant solidement installé sur le premier trio.
Bref, malgré toutes les rumeurs de transactions qui circulent, Oliver Kapanen demeure un joueur auquel le Canadien accorde énormément de valeur.
Mais son nom revient constamment dans les discussions avec les Rangers : Drury croit profondément en son potentiel, ce qui augmente automatiquement sa valeur sur le marché.
Mais Montréal croit aussi énormément en lui.
Le Canadien possède plusieurs actifs intéressants.
Les Rangers veulent exactement ceux que Montréal refuse de céder.
Et tant qu’aucune des deux équipes ne modifiera ses exigences, les négociations risquent de demeurer au point mort.
Une chose est certaine.
Vincent Trocheck intéresse toujours énormément le Canadien.
Mais au prix actuellement demandé par New York, Kent Hughes devra décider jusqu’où il est prêt à aller pour acquérir un centre de bientôt 33 ans.
