Malaise à Edmonton: Connor McDavid envoie promener un journaliste

Malaise à Edmonton: Connor McDavid envoie promener un journaliste

Par David Garel le 2026-02-25

Ça a été un moment brutal.

Pas un moment de hockey.

Un moment humain... ou inhumain...

Quelques jour après la défaite en finale olympique, Connor McDavid se présente devant les médias. Encore vidé. Encore marqué. Encore une fois passé à deux doigts.

Et là, le journaliste d’Edmonton Mark Spector lui lance cette question:

" Gretzky et Crosby ont trouvé la Coupe Stanley et l’or olympique. Toi, tu te mets en position… mais ça ne te trouve pas. Est-ce que tu pensais que ce serait aussi difficile ?"

Silence.

McDavid répond, froid, sec :

“Ça, c'est une belle question.”

Puis il n’élabore pas.

Fin.

Malaise total.

Voici la séquence vidéo:

Est-ce que c’était une bonne question ?

Ou une question qui dépasse la ligne ?

On peut débattre.

D’un côté, c’est vrai : les comparaisons sont inévitables. Gretzky. Crosby. Les légendes ont gagné. McDavid, lui, a perdu deux finales de Coupe Stanley, perdu une finale olympique. Et à chaque fois, il était à deux doigts.

Mais de l’autre côté, poser ça quelques jour après une défaite crève-coeur en prolongation… ça frôle l’acharnement.

Ce n’est pas la première fois qu’on le pousse dans ce coin-là.

À chaque revers majeur, la même narration revient :

« Il est le meilleur joueur au monde… mais il ne gagne pas. »

Comme si le hockey était un sport individuel.

Comme si McDavid était seul sur la glace.

Comme si une médaille d’or ou une Coupe Stanley dépendaient uniquement d’un homme.

Ce qui rend la question encore plus lourde, c’est le ton du journaliste: les grands gagnent… toi pas encore.

C’est dur.

Très cruelle.

Quelques instants plus tard, sans jamais revenir directement à la question de Mark Spector, Connor McDavid a répondu à un autre journaliste, mais le message était clair. Indirectement, calmement, sans attaquer personne, il a livré ceci :

« C’est décevant. Il n’y a pas d’autre façon de le dire. On pourrait être ici en train d’avoir une conversation complètement différente si certaines choses avaient tourné un peu autrement. Oui, c’est difficile. C’est difficile de gagner. C’est difficile de gagner à n’importe quel niveau, surtout quand on parle des meilleurs parmi les meilleurs de la LNH et des Jeux olympiques. Les marges sont extrêmement minces. On l’a vu dimanche, et on en a ressenti les effets ici à Edmonton à quelques reprises. »

Sans hausser le ton, sans chercher d’excuse, il a replacé le débat là où il doit être : gagner est difficile, même pour les plus grands. Et parfois, tout se joue à quelques pouces, à une fraction de seconde.

Et pourtant, la pression est réelle.

Parce que oui, si McDavid ne gagne pas une Coupe Stanley dans les prochaines années… oui, si dans quatre ans il rate encore l’or olympique… le discours va devenir cruel.

Il va être étiqueté.

Injustement, mais inévitablement.

Le mot “perdant” commence déjà à circuler dans certains coins toxiques d’Internet. Et ça, c’est absurde. On parle d’un joueur qui a dominé ce tournoi, qui a transporté son équipe pendant des années, qui joue à un niveau que très peu d’humains ont atteint.

Mais le sport de haut niveau est impitoyable.

Wayne Gretzky a gagné.

Sidney Crosby a gagné.

Les légendes finissent toujours par gagner.

Et c’est cette barre-là qu’on lui impose.

Le plus ironique dans tout ça ?

Deux jours plus tard, McDavid est déjà de retour à l’entraînement avec les Oilers d’Edmonton. Pas de plainte. Pas d’excuse. Quand on lui a demandé ce qu’il ferait après la défaite, il a répondu qu’il passerait rapidement au prochain défi.

C’est comme ça qu’il est programmé.

Est-ce que la question de Spector était légitime ?

Peut-être.

Est-ce qu’elle manquait de timing ?

Probablement.

Mais une chose est sûre : McDavid vit maintenant avec cette ombre.

Il est le meilleur joueur de sa génération.

Il ne lui manque qu’une chose: gagner.

Et tant qu’il ne l’aura pas, on va continuer de lui poser ce genre de question.

Cruel ? Oui.

Injuste ? Souvent.

Mais c’est le prix d’être comparé aux immortels.