Malaise à la radio: Mike Matheson crée l'inconfort du chouchou

Malaise à la radio: Mike Matheson crée l'inconfort du chouchou

Par David Garel le 2026-03-20

Il y a quelque chose qui commence à déranger sérieusement dans la façon dont on traite Mike Matheson au Québec.

Pas le joueur en tant que tel, mais le discours autour de lui. Comme s’il y avait une ligne invisible que personne n’a le droit de franchir. Comme si, dès que quelqu’un ose critiquer Matheson, il faut immédiatement le défendre, le protéger, presque le sanctifier.

Depuis la défaite à Detroit, on a vu le même réflexe partout. À BPM Sports, on a pratiquement mis les gants blancs :

“On ne va pas basher Matheson, ça arrive à tout le monde.”

Du côté de TVA Sports, Anthony Martineau a tenu un discours similaire, en expliquant que c’était ridicule de comparer la réaction de Martin St-Louis envers Matheson (son chouchou) avec celle qu’il a eue envers Arber Xhekaj, que ce n’était pas la même réalité, pas le même rôle, pas le même statut.

Et sur un point, Martineau a raison. Matheson n’est pas un septième défenseur. Il joue énormément. Il est utilisé dans toutes les situations. Il transporte la rondelle, il mange des minutes, il est essentiel à cette équipe. Personne ne peut nier ça.

Mais c’est justement là que ça fait mal.

Parce que quand tu es un défenseur qui joue plus de 25 minutes par match, quand tu es payé 6 millions de dollars par année, quand tu es au cœur de tout ce que fait ton équipe… tu ne peux pas être au-dessus des critiques.

La réalité est simple, brutale, impossible à contourner : son revirement à Detroit a coûté le match. Point final.

Tu peux parler de malchance, tu peux parler de rebond, tu peux parler du contexte… mais à la base, c’est une erreur individuelle majeure dans un moment critique.

Et dans une course aux séries où chaque point vaut de l’or, ce genre d’erreur-là ne disparaît pas dans le décor. Elle te suit. Elle te colle à la peau. Elle peut te coûter ta saison.

Et là, ce qui choque, ce n’est pas tant l’erreur.

C’est la réaction.

Cette espèce de réflexe médiatique où il ne faudrait surtout pas trop en dire. Où il ne faudrait pas être trop dur. Où les partisans devraient presque se retenir, comprendre, relativiser, passer à autre chose.

Depuis quand, exactement?

Depuis quand un partisan n’a plus le droit d’être fâché?

Depuis quand un fan n’a plus le droit de dire : “Ça, c’est inacceptable”?

On parle d’un joueur professionnel, d’un athlète de haut niveau, grassement payé pour performer dans les moments qui comptent.

On parle d’une équipe en pleine course aux séries, où chaque erreur peut faire basculer le classement. Et on voudrait que les partisans restent calmes, mesurés, polis?

C’est complètement déconnecté de la réalité.

Un partisan, ça vit ça à fond. Ça investit du temps, de l’émotion, de l’argent. Et quand un joueur coûte un match de cette façon-là, oui, il a le droit d’être frustré. Oui, il a le droit de le dire. Oui, il a le droit de critiquer.

Ce n’est pas du “bashing gratuit”.

C’est la conséquence directe de l’importance du moment.

Et cette tendance-là, au Québec, devient de plus en plus lourde. Une espèce de culture où on infantilise les joueurs, où on protège à outrance, où on diabolise presque la critique des partisans.

Allez voir ailleurs.

Allez voir en Angleterre, dans le soccer.

Un joueur qui fait une erreur comme ça dans un match crucial? Il se fait démolir. Par les fans. Par les médias. Par tout le monde.

Et pourtant, ces ligues-là ne s’écroulent pas. Au contraire. Elles vivent de cette passion-là.

Ici, on est en train de glisser dans quelque chose de dangereux. Une zone où les médias deviennent plus sensibles que les joueurs eux-mêmes. Où on tente de contrôler le discours des partisans. Où on fait presque la morale à ceux qui réagissent avec émotion.

Mike Matheson est un excellent joueur. Il est crucial pour les Canadiens de Montréal. Il fait énormément de bonnes choses.

Mais il fait aussi des erreurs. Plus souvent qu’on veut l’admettre.

Et quand ces erreurs-là coûtent des matchs… et possiblement une place en séries… il est parfaitement normal que ça brasse.

Les partisans n’ont pas à s’excuser d’être passionnés.

Et surtout, ils n’ont pas à demander la permission pour dire la vérité.