L’émotion était partout.
Au Centre Bell, ça s’est senti dès les premières secondes. Le genre de silence lourd, respectueux, avant que tout bascule. Puis les images ont commencé à défiler sur l’écran géant. Rodger Brulotte. Sa voix. Son sourire. Ses moments. Toute une vie qui repasse devant des milliers de personnes figées.
Et quand le vidéo commémoratif s’est terminé…
L’explosion.
Une ovation monstre. Longue. Sincère. Puissante.
Montreal pays tribute to the late Rodger Brulotte 💙 pic.twitter.com/j5meRJZPIi
— Sportsnet (@Sportsnet) March 21, 2026
Le Centre Bell au complet debout.
Pas pour un but. Pas pour une victoire.
Pour un homme.
Et dans un moment comme celui-là, tout devient plus fragile. Plus chargé. Plus difficile à contrôler.
Alors oui, Félix Séguin a peut-être été pris dans cette émotion-là.
Au moment de rendre hommage à Rodger Brulotte, il a essayé de faire quelque chose de différent. Quelque chose de personnel. Quelque chose qui rappelait directement la signature de Rodger, cette façon unique de faire vibrer un moment en répétant un nom, en le martelant, en le faisant vivre.
Et c’est là qu’il l’a fait.
“Juraj Slafkovsky… Slafkovsky, Slafkovsky, Slafkovsky.”
Slafkovsky marque ENCORE en avantage numérique!!! pic.twitter.com/tg054uZXG2
— TVA Sports (@TVASports) March 21, 2026
Clairement, c’était un clin d’œil. Une référence directe au fameux “Vladimir! Vladimir! Vladimir!” qui a marqué toute une génération.
Ou au "Guerrero, Guerrero, Guerrero" en parlant de son fils...
Je t’aime Rodger.
— Kevin Raphael (@kevinraphael21) March 21, 2026
2018. pic.twitter.com/svz1362Tee
Sauf que…
Le résultat a créé un malaise.
Pas un scandale. Pas une controverse majeure. Mais un malaise palpable. Un moment où plusieurs se sont regardés en se demandant : est-ce que ça passe… ou non?
Parce que l’intention était bonne. Très bonne, même.
Rendre hommage à un ami. À une légende. À une voix qui a marqué le Québec.
Mais l’exécution… a laissé certains froids.
Sur les réseaux, les réactions se sont rapidement divisées.
D’un côté, ceux qui défendent le geste, qui rappellent que c’était un hommage sincère, que c’était fait avec le cœur. Que dans un moment chargé d’émotion comme celui-là, il n’y a pas de mode d’emploi parfait.
De l’autre, ceux qui ont trouvé ça malaisant. Un peu forcé. Comme si on essayait de recréer quelque chose qui, au fond, ne peut pas être recréé.
Parce que Rodger Brulotte, ce n’était pas juste une phrase.
Ce n’était pas juste une répétition de nom.
C’était une énergie. Une spontanéité. Un instinct impossible à copier.
Et c’est peut-être là que le malaise s’installe.
Quand on tente de reproduire un moment qui appartenait entièrement à quelqu’un d’autre.
Il faut aussi dire les choses comme elles sont.
Félix Séguin n’arrive pas dans ce contexte-là avec un capital de sympathie énorme au Québec. On le sait. Il est critiqué. Souvent. Parfois durement. Et ça, ça influence forcément la perception.
Le même geste, fait par quelqu’un d’autre, aurait peut-être été reçu différemment.
Mais là… tout est amplifié.
Tout est analysé.
Tout est jugé.
Alors on se retrouve dans cette zone grise.
Entre un hommage sincère… et un moment qui ne passe pas parfaitement à l’écran.
Entre le respect… et le malaise.
Et au final, la vérité est probablement entre les deux.
Félix Séguin n’a pas voulu mal faire.
Il a voulu honorer.
Dans un contexte où tout le Québec venait de se lever pour applaudir Rodger Brulotte.
Mais ça rappelle une chose essentielle dans tout ça :
Certaines voix sont uniques.
Certaines signatures ne se reprennent pas.
Et Rodger Brulotte faisait partie de celles-là.
