Malaise au Mexique : la mère d’Auston Matthews prise au piège par Donald Trump

Malaise au Mexique : la mère d’Auston Matthews prise au piège par Donald Trump

Par André Soueidan le 2026-02-27

Une médaille d’or olympique devrait être un moment pur.

Un moment simple.

Un moment où le sport dépasse tout.

Au lieu de ça, l’image d’Auston Matthews serrant la main de Donald Trump à la Maison-Blanche a transformé une victoire sportive en champ de bataille symbolique.

Et au centre de cette tempête, il y a une femme dont on ne parle presque pas.

Sa mère.

Parce que oui, Auston Matthews est né en Californie, a grandi en Arizona… mais il est aussi profondément lié au Mexique par sa mère, Ema Matthews, originaire de Hermosillo. Il a souvent parlé de ses racines mexicaines avec fierté.

Il a même représenté cette identité dans des entrevues et dans son branding personnel.

Ce n’est pas un détail folklorique.

C’est une partie de son identité.

Et c’est là que le malaise commence.

Une victoire, puis un virage politique

Après la conquête de l’or par l’équipe américaine, la célébration a débordé. Miami. Boîte de nuit. Champagne. Photos virales.

Puis Washington.

Et puis, soyons honnêtes deux secondes.

Les célébrations sportives à la Maison-Blanche ont toujours quelque chose de… bizarre. Un décor figé. Des sourires protocolaires.

Des athlètes en complet mal ajusté qui applaudissent un discours qu’ils n’ont probablement pas entendu au complet.

Et que dire de cette fameuse tradition devenue presque caricaturale : le festin McDo empilé comme un buffet de gala.

Rien de plus américain que ça, diront les uns.

Dans tous les cas, la scène contraste brutalement avec la grandeur supposée d’un moment olympique. On parle d’une médaille d’or… pas d’un party d’après-match dans un vestiaire junior.

Puis cette séquence téléphonique devenue controversée où Donald Trump plaisante sur l’invitation de l’équipe féminine, en riant qu’il serait « probablement destitué » s’il ne les invitait pas.

Une blague.

Mais dans un climat politique déjà surchauffé, une blague devient un symbole.

L’équipe féminine décline l’invitation.

Les réseaux explosent.

Et Matthews, capitaine, se retrouve devant le président.

Poignée de main.

Photo officielle.

Sourire contrôlé.

Pour certains, ce n’est qu’un protocole.

Pour d’autres, c’est un appui.

Et c’est là que la question surgit partout en ligne :

« Attends… il n’est pas à moitié Mexicain? »

Le poids d’une image

Depuis des années, Donald Trump a fait de l’immigration mexicaine un axe central de son discours politique. Mur frontalier. ICE. Rhétorique musclée. Tensions constantes.

Peu importe qu’on soit d’accord ou non avec ces politiques, une chose est certaine : le Mexique a été au cœur de son discours.

Alors quand le visage le plus célèbre du hockey américain, fier de ses racines mexicaines, apparaît à ses côtés… ça crée une dissonance.

Pas juridique.

Symbolique.

Et dans cette dissonance, la figure maternelle devient inévitable.

Parce qu’au-delà de la politique, il y a une famille.

Au-delà de la Maison-Blanche, il y a des racines.

Imagine un instant être une mère immigrante, voir ton fils atteindre le sommet du sport mondial… puis voir ce moment récupéré dans une tempête politique internationale.

Fierté immense.

Mais contexte explosif.

Entre identité et récupération

Auston Matthews n’a pas fait de déclaration politique.

Il n’a pas prononcé de discours idéologique.

Il s’est présenté.

C’est tout.

Mais en 2026, « se présenter » n’est plus neutre.

Surtout quand le pays est divisé.

Surtout quand les réseaux sociaux fonctionnent en absolus :

Soit tu es avec.

Soit tu es contre.

Et dans ce climat, la nuance meurt.

Le capitaine des Maple Leafs devient pour certains un traître au Canada.

Pour d’autres, un symbole d’unité américaine.

Pour d’autres encore, une contradiction identitaire.

Le sport disparaît.

La politique envahit tout.

La vraie tragédie

Ce qui rend la situation si inconfortable, ce n’est pas la visite en soi.

C’est le moment.

Toronto est encore en course.

Les Maple Leafs luttent pour leur position en séries.

Et pendant que la LNH reprend, l’image dominante n’est pas celle d’un capitaine concentré sur son équipe.

C’est celle d’un joueur en célébration politique.

À Montréal, ça nourrit la rivalité.

À Toronto, ça divise les partisans.

Au Mexique, ça soulève des sourcils.

Et au centre de tout ça?

Une mère qui a vu son fils devenir champion olympique… mais qui voit aussi son nom associé à une polarisation qu’elle n’a jamais demandée.

Un piège sans issue

Parce que peu importe l’angle choisi, il y a une perte.

S’il refuse l’invitation, il devient politique.

S’il accepte, il devient politique.

S’il parle, il divise.

S’il se tait, on interprète.

Voilà le piège.

Et c’est peut-être ça, le vrai malaise.

La médaille d’or devait rassembler.

Au lieu de ça, elle a exposé les fractures.

Et dans cette fracture, l’identité mexicaine d’Auston Matthews ... autrefois célébrée comme un symbole d’ouverture du hockey ... devient soudainement un élément de tension.

Pas parce qu’il a trahi quoi que ce soit.

Mais parce que le contexte ne pardonne plus la complexité.

Une chose est certaine : le hockey voulait écrire une page d’histoire.

Il a écrit un chapitre politique.

Et cette fois, ce n’est pas seulement une question de rondelle.

C’est une question d’image.

Et d’héritage.

AMEN