Le malaise Brendan Gallagher commence à devenir impossible à ignorer
Il y a quelque chose d’étrange autour du vétéran depuis le début de ces séries.
Quelque chose de franchement inconfortable.
Et on ne parle pas seulement du fait qu’il ne joue plus. Le vrai malaise, il se trouve dans cette drôle de zone grise où Gallagher refuse visiblement de vivre la réalité complète d’un joueur laissé de côté.
Pendant qu’Oliver Kapanen, Patrik Laine, Arber Xhekaj et Samuel Montembeault montent dans la galerie de presse comme joueurs retranchés, Gallagher, lui, continue d’attendre dans le vestiaire durant tout le match.
Il regarde la partie... de la chambre...
Un peu, beaucoup malaisant merci.
On comprend le cœur du gars, son orgueil et la blessure d’ego. Brendan Gallagher a saigné pour cette organisation pendant plus d’une décennie. Il s’est détruit le corps pour les Canadiens de Montréal. Il a accepté les coups, joué blessé, donné tout ce qu’il avait alors que l’équipe coulait pendant des années.
Personne ne remet ça en question.
Mais à un moment donné, une équipe fonctionne aussi avec une certaine dynamique collective.
Quand tu es retranché, tu es retranché.
Tu regardes avec les autres.
Tu vis la situation avec les autres.
Tu encaisses le coup avec les autres.
Or, présentement, on se retrouve dans une drôle de dynamique où Gallagher reste dans le vestiaire pendant que les exclus monte regarder le match ailleurs.
Puis quand les joueurs reviennent? Est-ce qu’il est encore là? Est-ce qu’il part? Est-ce que les gars doivent naviguer autour d’un vétéran blessé dans son orgueil?
Ça crée forcément une ambiance particulière.
Une espèce de zone inconfortable dont personne ne parle publiquement.
Le plus délicat dans tout ça, c’est aussi le message envoyé aux autres joueurs laissés de côté.
En refusant constamment de monter dans la galerie de presse avec les autres joueurs laissés de côté, Brendan Gallagher envoie un message silencieux : moi, je devrais être sur la glace.
Car au fond, rester dans le vestiaire pendant que les autres regardent le match ailleurs, c’est presque une façon de demeurer symboliquement avec le groupe actif.
Comme s’il refusait mentalement d’accepter complètement son nouveau statut de rejeté. Comme s’il voulait rappeler subtilement à Martin St-Louis : je suis encore ici, je suis encore disponible, je suis encore supposé faire partie de ça.
Évidemment, personne ne peut lire dans sa tête. Mais difficile de ne pas voir une forme de pression silencieuse dans ce comportement.
Une manière de rester dans le décor, dans la routine, dans la face du groupe et du personnel entraîneur. Une manière de forcer, inconsciemment ou non, une deuxième réflexion : es-tu certain que je ne peux pas t’aider?
On parle de Brendan Gallagher, un vétéran fier, intense, émotif, qui a toujours vécu chaque match comme une guerre. Le voir rester dans cette espèce de zone grise, ni complètement avec les joueurs retranchés, ni complètement avec les réguliers, crée une ambiance inconfortable pour tout le monde.
On voit un gars qui refuse encore d’accepter la décision… et qui veut presque faire sentir à Martin St-Louis le poids de cette décision à chaque soir.
Qu’est-ce que ça dit à Oliver Kapanen?
À Arber Xhekaj?
Est-ce qu’inconsciemment ça laisse entendre : moi, je ne suis pas vraiment comme vous?
Moi, je ne vais pas dans la galerie de presse?
Moi, mon statut est différent?
Gallagher a gagné énormément de respect à Montréal. Son historique lui donne certainement un traitement différent dans certaines situations. Martin St-Louis l’adore. Les jeunes du vestiaire le respectent profondément. Lane Hutson l’a encore décrit récemment comme le cœur et l’âme du groupe.
Mais le hockey reste cruel.
Et parfois, le plus difficile pour un vétéran n’est pas d’accepter un rôle réduit.
C’est d’accepter qu’il n’est plus indispensable.
C’est peut-être ça, le vrai malaise Brendan Gallagher en ce moment.
On voit un guerrier qui refuse encore mentalement d’accepter où il est rendu dans la hiérarchie hockey des Canadiens de Montréal.
Un vétéran qui croyait probablement sincèrement qu’il allait réintégrer la formation contre la Caroline, surtout avec toute la demande populaire et les appels publics de gens comme José Théodore.
Puis rien.
Encore laissé de côté.
Encore spectateur.
Encore à attendre... l'heure de la retraire qui arrive à 100 milles à l'heure.
Le silence autour de lui commence à parler fort.
Mais son attitude en encore plus.
