Voici le fond du problème, tel que plusieurs voix à Cogeco Média (Tony Marinaro, Stéphane Waite, Mario Langlois) commencent maintenant à le formuler sans détour : le Canadien s’approche d’un embouteillage offensif majeur… et Brendan Gallagher est pris exactement au mauvais endroit dans cette congestion.
Parce que pendant qu’on débat encore de son cœur, de son courage et de son passé glorieux, la réalité sportive avance à toute vitesse.
Alexandre Texier était déjà blessé avant le break et doit revenir sous peu. Alex Newhook est sur le point d’être réintégré. Michael Hage s’en vient après sa saison universitaire.
Le Canadien veut ajouter un ailier sur le marché. Patrik Laine, lui, est déjà classé dans une catégorie à part, son dossier étant pratiquement réglé à moyen terme. Et au milieu de tout ça, Martin St-Louis devra bientôt recomposer ses trios avec trop de joueurs… pour trop peu de chaises.
C’est exactement là que Cogeco pose la vraie question, celle que tout le monde évite parce qu’elle est inconfortable : comment peut-on encore justifier une place automatique pour Brendan Gallagher dans ce contexte-là?
Oui, Gallagher a connu un bon match récemment. Oui, il reste capable d’avoir des soirées honnêtes. Mais on ne bâtit pas un alignement de séries sur des exceptions.
On le bâtit sur la constance, la vitesse, l’impact réel sur la glace. Et c’est là que le malaise s’installe, parce que même quand Gallagher joue “correctement”, on ne peut plus ignorer ce que ses jambes racontent.
Le rythme n’y est plus. Les accélérations sont lourdes. Les retours au banc sont pénibles. Et surtout, chaque présence semble lui coûter physiquement.
Cogeco ne remet pas en question son cœur, personne ne peut lui enlever ça. Gallagher est un guerrier. Il a saigné pour ce chandail.
Il a encaissé plus de coups que la majorité des joueurs de sa génération. Mais le hockey de la LNH en 2026 ne récompense plus le courage seul. Il récompense l’exécution, la vitesse, la capacité de créer quelque chose en transition. Et aujourd’hui, Gallagher ne coche plus ces cases-là.
Pour Martin St-Louis, c’est un véritable casse-tête. Parce qu’on ne parle pas d’un joueur interchangeable. On parle d’un leader de vestiaire, d’un vétéran respecté, d’un symbole d’une époque. Mais St-Louis devra bientôt regarder son alignement froidement, sans nostalgie, et se demander où Gallagher entre réellement quand tout le monde sera de retour.
Quand Newhook reviendra.
Quand Texier sera à 100 %.
Quand Hage débarquera.
Quand un nouvel ailier sera ajouté.
À ce moment-là, qui sort?
On ne peut pas éternellement protéger Gallagher au nom de ce qu’il a été. Pas quand des joueurs plus rapides, plus efficaces en transition et plus utiles sur un bottom-six poussent déjà derrière lui.
Cogeco le dit ouvertement : à long terme, ça ne tient plus. Tu ne peux pas empiler les attaquants et continuer à faire comme si Gallagher allait naturellement garder sa chaise.
Et ça amène une question encore plus lourde : est-ce que Gallagher va vraiment jouer en séries?
Pas “par respect”.
Pas “par loyauté”.
Mais parce qu’il aide concrètement l’équipe à gagner.
Parce que si la réponse devient non, alors on entre dans une zone dangereuse. Une zone où tu gardes un vétéran par principe, pendant que d’autres joueurs plus utiles regardent depuis la passerelle.
Une zone où tu ralentis ton équipe pour préserver un symbole. Et ça, dans une formation qui veut avancer, c’est toxique.
Cogeco le résume brutalement : Gallagher est peut-être encore capable d’avoir du cœur, mais le cœur ne suffit plus dans une équipe qui se prépare à jouer du hockey de printemps.
Le Canadien s’en va vers un alignement serré, rapide, profond. Chaque chaise devra être méritée. Chaque présence devra avoir un impact.
Et Brendan Gallagher, malgré tout ce qu’il représente, est maintenant confronté à cette vérité-là.
Martin St-Louis va devoir trancher.
Pas contre l’homme.
Contre la réalité.
Parce que bientôt, il n’y aura plus de place pour les sentiments. Seulement pour ceux qui peuvent suivre le rythme.
