Manque de courage: Martin St-Louis intimide les journalistes

Manque de courage: Martin St-Louis intimide les journalistes

Par David Garel le 2026-02-17

Il y avait quelque chose de profondément gênant, mardi à Brossard.

Pas sur la glace.

Pas dans l’intensité de l’entraînement.

Pas dans le discours rodé de Martin St-Louis sur Nick Suzuki, Juraj Slafkovský, la culture, les standards, la passion, les Olympiques, le leadership, la recharge mentale, la progression du groupe.

Non.

Le malaise était ailleurs.

Il était devant les micros.

Parce qu’encore une fois, la question la plus évidente n’a pas été posée.

Tout le monde le sait pourtant.

Hier, Patrik Laine patinait.

Hier, il avait l’air en pleine forme.

Hier, il travaillait avec ses coéquipiers.

Hier, il était là.

Et aujourd’hui?

Blessure au bas du corps.

Évaluation quotidienne.

Maintenance.

Même cassette.

Même écran de fumée.

Et pas un seul journaliste montréalais n’a eu le courage de lever la main pour demander :

Comment expliquez-vous qu’un joueur qui s’entraînait avec contact depuis des semaines soit soudainement « blessé » le jour du retour officiel?

Pas un.

On a parlé du Canada.

On a parlé des Olympiques.

On a parlé du leadership de Slafkovský.

On a parlé du parcours de Suzuki.

On a parlé de la passion chez les jeunes.

On a parlé de la recharge mentale du staff.

On a parlé de Gallagher et son repos salutaire pendant la pause.

On a parlé des standards.

Mais pas de Laine.

Pas du malaise.

Pas de la contradiction flagrante entre lundi et mardi.

Pas de cette fameuse « blessure au bas du corps » qui apparaît toujours au moment opportun.

C’est là que ça devient embarrassant.

Parce qu’on ne parle pas d’un détail secondaire. On parle du plus gros dossier chaud chez les Canadiens de Montréal. On parle d’un joueur que l’organisation tente activement d’échanger. On parle d’un vétéran qui s’entraîne depuis le 16 janvier avec contact. On parle d’un gars qui dit à ses proches qu’il est prêt à jouer.

Et malgré ça, silence radio.

Pourquoi?

Parce que Martin St-Louis a déjà pété sa coche là-dessus avant la pause.

Parce qu’il a montré publiquement qu’il était tanné de répondre à propos de Laine.

Parce que le message est passé.

Ne me posez plus cette question.

Tout le monde s’est couché.

C’est ça, la réalité.

Les journalistes avaient l’occasion parfaite. Retour de vacances. Première disponibilité. Caméras ouvertes. Microphones branchés. Laine absent malgré une présence la veille.

Moment idéal pour confronter la version officielle.

Mais non.

On a préféré rester dans le confort.

On a préféré parler de philosophie sportive, de développement, de culture, d’Olympiques, de leadership.

On a préféré éviter la patate chaude.

Et ça, désolé, mais ça porte un nom : de la peur.

De la peur de froisser l’entraîneur.

De la peur de perdre l’accès.

De la peur de se faire fermer la porte.

Pendant ce temps-là, on demande au public d’avaler une histoire qui ne tient plus debout.

Parce que tout le monde voit ce qui se passe.

Laine est prêt.

Laine veut jouer.

Laine est sur la glace.

Mais Laine ne joue pas.

Et maintenant, on lui invente une nouvelle journée de maintenance.

C’est exactement ce que c’est.

De la gestion d’actif.

Du contrôle de dommages.

Du temps acheté avant la fin du gel des transactions. (22 février)

Rien de médical là-dedans.

Et le plus troublant dans tout ça, ce n’est même pas l’organisation.

C’est le silence complice autour.

Martin St-Louis a parlé pendant de longues minutes. Il a livré un discours parfaitement maîtrisé sur Suzuki, Slafkovský, sur sa fierté de les voir aux Olympiques, la progression du groupe, les standards internes, l’importance de se présenter chaque jour, la responsabilité collective.

Tout ça est très beau.

Mais pendant qu’il parlait de culture, personne ne lui a demandé pourquoi un joueur supposément blessé patinait encore 24 heures plus tôt.

Pendant qu’il parlait de leadership, personne ne lui a demandé pourquoi un vétéran est tenu à l’écart sans explication claire.

Pendant qu’il parlait de vérité et de constance, personne ne l’a confronté sur une incohérence évidente.

C’est ça, le vrai malaise.

Pas Laine.

Les micros.

Parce que ce jour-là, à Brossard, ce n’est pas Patrik Laine qui a disparu.

C’est le courage journalistique.

Et ça, franchement… c’est encore plus inquiétant que n’importe quelle « blessure au bas du corps ».