Manque de respect: Cole Caufield puni par Martin St-Louis

Manque de respect: Cole Caufield puni par Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-03-31

Le trophée Maurice-Richard, ça se gagne avec des buts. Tous les buts. Même ceux que certains puristes méprisent un peu les filets déserts.

Faurdrait-il soustraire les buts quand le gardien est parti pour savoir qui est le vrai gagnant du trophée pour le meilleur sniper de la LNH?

Dans tous les cas, en ce moment, Cole Caufield est en train de payer directement pour une philosophie trop rigide de Martin St-Louis.

Parce que la réalité est simple et brutale : Caufield a 46 buts… sans aucun filet désert. Zéro. Pendant que, de l’autre côté, son rival Nathan MacKinnon gonfle son total avec ces occasions-là.

La situation est tellement ridicule que Martin St-Louis se fait niaiser par Maxim Lapierre:

On parle de cinq buts dans un filet désert pour MacKinnon cette saison pour un total de 49.

Fais le calcul. Enlève ces buts-là, il redescend drastiquement à 44, deux derrière Caufield. Pendant ce temps, Caufield, lui, produit “à la dure”, sans ces cadeaux stratégiques que tous les autres entraîneurs utilisent.

Et c’est là que le problème devient impossible à ignorer.

Dimanche contre les Hurricanes de la Caroline, le Canadien mène 3-1. Match pratiquement terminé. Situation parfaite pour envoyer ton meilleur marqueur sur la glace, lui donner une chance d’aller chercher un but facile, gonfler sa confiance, et oui, l’aider dans la course au Maurice-Richard et dans sa quête du 50 buts.

C’est exactement ce que toutes les équipes de la ligue font.

Sauf le Canadien.

Sauf Martin St-Louis.

Et ça commence à faire réagir.

Antoine Roussel n’a pas mâché ses mots à la radio, aux Amateurs de sports. Pour lui, c’est incompréhensible. Inacceptable, même.

"Quand je vois qu'on mène par deux buts et que Cole Caufield n'est pas sur la glace, ça m'énerve. Si St-Louis avait aidé son joueur cette année, non seulement il en aurait plus de 50 déjà, mais il serait le meneur pour le trophée Maurice-Richard".

Roussel va même plus loin. Caufield n’est plus le joueur unidimensionnel qu’il était à ses débuts. Il s’est amélioré défensivement. Il comprend le jeu. Il ne mettrait pas l’équipe en danger dans ce genre de situation.

Alors pourquoi ne pas l’envoyer?

Pourquoi se priver volontairement de buts faciles?

Pourquoi refuser d’entrer dans une réalité que toute la ligue accepte?

Ce qui rend la situation encore plus frustrante, c’est le passé même de Martin St-Louis comme joueur. On parle d’un compétiteur féroce, profondément orgueilleux, obsédé par chaque détail… et par sa production personnelle.

St-Louis voulait être sur la glace dans tous les moments importants, incluant les fins de matchs avec filet désert. Il cherchait chaque point, chaque occasion d’en ajouter, parce qu’il comprenait que dans cette ligue-là, les chiffres définissent aussi l’héritage.

Il en a marqué, des buts dans des filets déserts. Il a capitalisé sur ces moments-là comme tous les grands joueurs le font.

Alors aujourd’hui, de le voir adopter une approche presque détachée face à la course individuelle de Cole Caufield, en ramenant constamment ça à “l’équipe avant tout”, ça crée une situation tellement ridicule.

Parce que lui, à l’époque, n’aurait jamais refusé ce genre d’opportunité.

Parce qu’au final, ce n’est pas juste une question de statistiques individuelles. C’est une question de reconnaissance. Une question de logique compétitive. Tu veux que ton joueur vedette gagne le Maurice-Richard? Tu veux qu'il devienne le premier marqueur de 50 buts depuis Stéphane Richer?

Donne-lui les outils que les autres reçoivent.

Martin St-Louis, lui, reste fidèle à son principe : l’équipe avant tout. Toujours. Même quand ça coûte quelque chose.

Et là, ça coûte cher.

Parce que pendant que Caufield se bat pour chaque but à forces égales, d’autres accumulent des filets déserts qui font toute la différence dans une course aussi serrée. C'est un manque de respect. Un manque de classe.

Le plus frustrant dans tout ça, c’est que le Canadien ne perd rien à le faire. Le match est sous contrôle. Le risque est minimal. Le gain potentiel est énorme. Et pourtant, on refuse.

C’est noble, dans un sens, de penser à l'équipe avant tout. Mais dans la LNH d’aujourd’hui, c’est aussi naïf.

Parce qu’au final, si Caufield termine à deux ou trois buts du sommet, tout le monde va se souvenir de ces décisions-là. De ces moments où il aurait pu être sur la glace… et où il ne l’était pas.

Et le pire, c’est que ce n’est même pas une question de talent défensif.

C'est l'ego de St-Louis qui veut dire à son joueur qu'il ne passera pas avant l'équipe.