Manque de respect: Martin St-Louis ne supporte pas Patrik Laine

Manque de respect: Martin St-Louis ne supporte pas Patrik Laine

Par David Garel le 2026-01-23

Qu’est-ce que Martin St-Louis a contre Patrik Laine?

À ce stade-ci, ce n’est plus une impression. Ce n’est plus une lecture partisane. Ce n’est même plus une interprétation. C’est une question qui s’impose, froidement, factuellement, après ce qu’on a vu, entendu et surtout évité hier au Centre Bell et au Complexe CN :

Martin St-Louis ne respecte pas Patrik Laine.

Parce que tout pointe dans la même direction.

Laine est en santé.

Laine s’entraîne sans restriction depuis une semaine.

Laine patine avec intensité.

Laine tire.

Laine est disponible.

Et pourtant, il n’est même pas considéré.

Pendant que le Canadien cherche désespérément un ailier capable de s’installer durablement à la droite de Nick Suzuki et Cole Caufield, pendant que cette chaise est devenue une porte tournante depuis novembre, Patrik Laine n’a jamais, jamais, eu droit à cet essai. Ni avant sa blessure. Ni maintenant qu’il est rétabli.

C’est là que le malaise devient impossible à ignorer.

Une chaise vide… mais interdite à Laine...

Regardons les faits, sans émotion.

Depuis la mi-novembre, le trio Suzuki–Caufield cherche un troisième homme. Zachary Bolduc a eu sa chance, à deux reprises. Alexandre Texier a eu une longue audition. Kirby Dach vient tout juste d’y être inséré, malgré une absence de deux mois et un retour encore fragile.

Hier encore, Dach a été lancé dans la gueule du loup, sur un trio systématiquement opposé aux meilleurs éléments adverses.

Nick Suzuki l’a admis : c’est difficile, c’est un "work in progress". Dach a fait une bonne chose, renverser Dahlin sur un but, mais le reste de la soirée a confirmé ce que plusieurs savent déjà : Kirby Dach n’est pas un ailier de premier trio. Quinze minutes de jeu, différentiel négatif, peu d’impact offensif soutenu.

Et pourtant, on persiste.

Pendant ce temps, Patrik Laine regarde.

Laine est prêt… mais on fait semblant que non

Officiellement, Martin St-Louis dit :

« Je ne sais pas encore. »

Quand on lui demande comment Laine pourrait être intégré :

« Je vais traverser le pont quand on va arriver. »

Deux phrases. Aucune information. Aucun éclairage.

Mais les faits contredisent le discours.

Trois entraînements complets sans limitation.

Aucune contrainte physique.

Aucun recul.

Dans la LNH, ça veut dire une chose : le joueur est prêt.

Alors pourquoi continuer à entretenir l’ambiguïté?

Pourquoi faire comme si le feu vert médical n’était pas là?

Pourquoi éviter le sujet avec autant d’insistance?

La réponse est de plus en plus évidente : ce n’est pas un problème de santé. C’est un problème de hiérarchie.

Bolduc a saisi sa chance… Laine n’a même pas eu la sienne.

Zachary Bolduc, lui, a compris le message. Hier, il a joué comme un homme qui sait que sa place est en jeu.

Quatre mises en échec. Trois pénalités. Des escarmouches. Une intensité contagieuse. Résultat? Martin St-Louis l’a récompensé en cours de match en le plaçant avec Suzuki et Caufield. Et le trio a marqué.

Bolduc l’a dit clairement :

il approche chaque match comme une dernière chance.

C’est exactement ce que Laine devrait pouvoir faire.

Mais on ne lui donne même pas la chance d’en avoir une.

Avant sa blessure, Laine était déjà confiné à un quatrième trio. En avantage numérique, son terrain de jeu naturel, il était relégué à la deuxième unité. Aujourd’hui, même rétabli, même affamé, même disponible, il n’est pas testé là où le Canadien a le plus besoin d’aide.

C’est là que la question devient légitime, incontournable : pourquoi?

Ce n’est plus une question de système.

L’argument ne tient plus.

On ne parle pas ici d’un joueur incapable de marquer. On parle d’un franc-tireur élite, d’un des meilleurs tireurs sur réception de sa génération. Un joueur qui, même diminué physiquement, reste une menace constante dans l’enclave offensive.

Le Canadien n’a pas besoin que Laine soit parfait défensivement sur le premier trio. Ce trio est déjà exposé aux meilleurs joueurs adverses, peu importe qui y joue. La question n’est pas de savoir si Laine est un ailier parfait. La question est de savoir s’il peut être meilleur que ce qu’on a essayé jusqu’ici.

Et la seule façon de le savoir, c’est de l’essayer.

Mais Martin St-Louis refuse même cette étape.

Un silence qui devient accusateur

Plus le coach évite le sujet, plus le silence devient lourd.

Plus il esquive, plus ça ressemble à une décision déjà prise.

Plus il parle de “traverser le pont”, plus on a l’impression que le pont a déjà été brûlé.

Et ce n’est pas invisible pour le vestiaire.

Les coéquipiers de Laine le voient. Ils le disent. Ils parlent de son attitude, de son travail, de ses efforts. Ils reconnaissent que la situation est dure pour lui, précisément parce qu’il ne sait pas où il va.

Et pendant ce temps, l’organisation continue d’agir comme si le problème n’existait pas.

La vraie question.

Alors posons-la, clairement, sans détour :

Qu’est-ce que Patrik Laine a fait à Martin St-Louis?

Qu’est-ce qu’il a dit?

Qu’est-ce qu’il représente, pour que même en santé, même disponible, même quand l’équipe cherche exactement son profil, il soit systématiquement écarté?

Parce qu’à force d’éviter l’évidence, on finit par créer une injustice sportive.

Et à force de protéger le narratif, on finit par exposer une contradiction.

Le Canadien cherche un ailier pour Suzuki et Caufield.

Patrik Laine est un ailier offensif prêt à jouer.

Et pourtant, il ne fait même pas partie de l’équation.

Ce n’est plus un mystère.

C’est un choix.

Et tôt ou tard, Martin St-Louis devra l’assumer publiquement.