La pression monte dangereusement autour du Canadien de Montréal avant le match numéro 7 à Buffalo.
Après l’humiliation de 8-3 subie lors du sixième affrontement, tout le monde cherche des réponses. Les partisans veulent comprendre. Les médias veulent savoir comment le groupe a réagi. Surtout, une question revient constamment depuis samedi soir : dans quel état mental se trouve Jakub Dobeš?
Le jeune gardien du Canadien a vécu une soirée difficile. Martin St-Louis l’a retiré du match après une séquence pénible devant son filet, une décision qui a complètement changé l’atmosphère autour de l’équipe. Depuis ce moment, le doute s’est installé un peu partout.
Puis lundi matin, à Buffalo, un échange précis est venu jeter encore plus d’huile sur le feu.
Pendant la conférence de presse, Martin McGuire a tenté d’obtenir une réponse concernant Dobeš.
« Comment il se sentait à matin? »
Martin St-Louis l’a regardé quelques secondes avant de répondre sèchement :
« Qui ça? »
McGuire a répété :
« Dobeš. »
Puis l’entraîneur-chef du Canadien a lancé un froid dans la salle.
« Je sais pas. »
Le ton utilisé disait presque tout.
Un regard perçant.
Aucune explication.
Aucune ouverture.
Simplement une réponse sèche qui a immédiatement créé un malaise devant les médias présents à Buffalo.
Oui, la question de Martin McGuire pouvait paraître imprécise. Martin St-Louis ne passe évidemment pas sa matinée à analyser émotionnellement chacun de ses joueurs avant un match ultime. Tout le monde comprend ça.
Mais dans un marché comme Montréal, ce genre de question fait partie du quotidien.
Surtout lorsqu’un gardien de 24 ans vient de se faire sortir d’un match de séries après avoir été l’un des moteurs émotionnels du club depuis plusieurs semaines.
C’est normal que les journalistes cherchent à savoir comment il encaisse tout ça.
Depuis le début des séries, Dobeš jouait avec confiance. Il provoquait les adversaires. Il parlait beaucoup sur la glace. Il affichait une attitude presque arrogante devant la pression. Cette énergie contaminait positivement le groupe.
Puis tout s’est écroulé en une soirée.
Le Canadien s’est fait dominer du début à la fin lors du match numéro 6 et le retrait de Dobeš a laissé plusieurs partisans sous le choc. Voir Martin St-Louis retirer son gardien dans un moment aussi important a envoyé un message fort à toute l’équipe.
Voilà pourquoi cette situation attire autant d’attention aujourd’hui.
La conférence de presse de lundi montrait aussi un Martin St-Louis visiblement tendu. À plusieurs reprises, il répétait essentiellement la même idée.
« Il faut trouver une façon. »
« It’s about finding a way. »
Cette phrase est revenue constamment dans ses réponses.
Le problème, c’est qu’on sent présentement un entraîneur qui cherche encore comment son équipe va répondre mentalement après la catastrophe de samedi.
Malgré tout, St-Louis refuse de paniquer publiquement. Il protège ses joueurs. Il refuse de pointer quelqu’un du doigt. Même lorsqu’il a été questionné sur la façon dont Dobeš digérait la situation, il a rapidement fermé la porte.
« I’m not worried about Dobes. »
Le message est clair : le Canadien avance.
Mais la tension demeure impossible à ignorer.
Le regard lancé à Martin McGuire lundi matin en disait long sur l’état émotionnel autour de l’équipe. Martin St-Louis comprend très bien ce qui l’attend ce soir. Une défaite et la saison se termine. Une victoire et Montréal continue de rêver.
Dans ce genre de moment, chaque question devient sensible.
Chaque réponse devient analysée.
Et chaque silence devient encore plus parlant.
