Martin St-Louis n'est pas le crayon le plus aiguisé de la boîte.
Et ce n’est pas une insulte gratuite, c’est un constat qui s’impose quand on remet bout à bout ce qui s’est passé dans les derniers jours… et ce qui vient de se produire sous nos yeux.
Parce que ce soir, en avantage numérique de cinq contre trois, Martin St-Louis a fait exactement ce qu’il refusait obstinément de faire jusque-là. Il a remis Lane Hutson au sommet.
Le jeu a recommencé à circuler naturellement. Et au bout de la séquence : un but magnifique de Demidov... sur une passe magique de Lane Hutson...
Le prodige est devenu le 2e défenseur dans l'histoire de la LNH à atteindre le plateau des 100 points le plus rapidement (132 matchs)... derrière Sergei Zubov... (127 matchs).
Et c’est là que le malaise commence.
Reculons un peu. Depuis plusieurs matchs, le Canadien se faisait déchirer publiquement pour sa gestion de l’avantage numérique.
Hutson laissé de côté dans les moments clés au profit de Noah Dobson. Demidov utilisé par séquences, puis retiré quand la situation exigeait justement du talent pur.
Martin St-Louis qui persistait avec ses idées, même quand tout le monde autour criait que ça n’avait aucun sens.
À Washington, ça a explosé. Un cinq contre trois crucial, aucun ajustement, Hutson sur le banc, Demidov spectateur. Les réseaux sociaux se sont enflammés. Les journalistes ont posé les vraies questions. Les analystes ont pointé l’évidence : tu ne peux pas te permettre ça à Montréal.
Et au lieu de reconnaître que le débat était légitime, Martin St-Louis a répondu avec cette phrase, devenue virale :
« Pourquoi j’écouterais les critiques de gens que je n’irais pas voir pour des conseils? »
Une réplique sèche. Défensive. Orgueilleuse. Une phrase qui voulait clore le débat.
Sauf que ce soir… il l’a rouvert lui-même.
Parce que factuellement, objectivement, indiscutablement, il a écouté.
Il a écouté les journalistes qui répétaient que Hutson est ton quart-arrière offensif naturel.
Il a écouté les partisans qui ne comprenaient pas pourquoi Demidov devenait soudainement optionnel en cinq contre trois.
Il a écouté la pression d’un marché qui ne tolère pas qu’on joue contre l’instinct hockey collectif.
Et il a changé son alignement.
Le jeu a immédiatement été plus fluide. Plus logique. Plus dangereux. La passe d’Hutson est brillante. Demidov finit le jeu. But. Et instantanément, les réseaux sociaux explosent… pas seulement de joie, mais d’ironie.
Parce que ce but-là vient frapper directement la citation de St-Louis en plein visage.
Ce n’est pas une coïncidence. Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas “juste un but”. C’est la preuve que les critiques n’étaient pas farfelues. Que le problème n’était pas le talent, mais son utilisation. Et que, oui, parfois, même un entraîneur doit accepter que le bruit autour de lui n’est pas juste du bruit.
Il faut lui donner une chose : Martin St-Louis est moins orgueilleux qu’avant. Il aurait pu s’entêter. Il aurait pu continuer par principe. Il ne l’a pas fait. Mais ce revirement vient avec un prix : celui d’admettre, sans le dire, qu’il s’est trompé.
Il doit être content du but. Évidemment.
Mais en même temps, c’est un solide bang dans les dents.
Parce que ce but confirme exactement ce que les fans et les journalistes disaient depuis des jours. Parce qu’il démontre que la solution était là depuis le début.
Et parce qu’à Montréal, quand tu dis que tu n’écoutes personne… puis que tu fais exactement ce qu’on te demandait, ça ne passe jamais sous le radar.
Des fois, oui.
Martin St-Louis devrait prendre conseil.
Même des fans.
Même des journalistes.
Et ce soir, le hockey vient de lui rappeler pourquoi.
