La victoire du Canadien à Toronto a visiblement donné envie à tout le monde de défendre Arber Xhekaj.
Depuis le match, plusieurs partisans dénoncent la punition décernée au Shérif et présentent le défenseur comme une victime de l'arbitrage.
Martin St-Louis lui-même a pris sa défense après la rencontre, affirmant qu'il se sentait mal pour son joueur et qu'à ses yeux, ce n'était pas une punition.
« Je pense que tout le groupe avait le sentiment de disputer un très bon match. C'est malheureux. J'ai de la peine pour Xhekaj. Je ne pense tout simplement pas que son geste était si grave. Les arbitres ont un travail difficile. Ils doivent prendre des décisions à grande vitesse et ils voient les choses se dérouler rapidement. Mais quand on regarde la reprise, j'ai de la peine pour lui, parce que j'avais l'impression qu'il faisait simplement partie de l'action et qu'il terminait son jeu.
On leur a donné du momentum. Évidemment, ils ont marqué un gros but. On était presque parvenus à écouler la pénalité, mais ils ont fini par marquer. Ensuite, on a perdu deux joueurs sur la mise au jeu et ils ont rapidement pris le momentum après cette séquence. J'ai toutefois aimé la façon dont notre équipe a réagi. On a obtenu un gros but en avantage numérique, on a repris deux buts d'avance et on a terminé le travail. »
#Habs Martin St. Louis on the penalty called against Arber Xhekaj "The whole group felt like we were playing a really good game. It's an unfortunate play. I feel bad for Jacko, I just don't think it was that penalty. The refs have a tough job, but when you look at the replay, I just felt bad for him." #GoHabsGo #NHL #Hockey
— Chris G (@ChrisHabs360) November 8, 2026
Sauf qu'on est peut-être en train de passer complètement à côté du véritable problème.
Je vais défendre l'indéfendable ...Arber Xhekaj méritait une pénalité.
Oui, vous avez bien lu.
Le scandale n'est pas nécessairement qu'il ait été puni, mais plutôt que les joueurs des Maple Leafs impliqués dans le même affrontement s'en soient tirés sans sanction.
C'est cette nuance que plusieurs refusent de faire, préférant transformer toute la séquence en injustice absolue contre le défenseur montréalais.
Revenons à ce qui s'est réellement passé.
Le Canadien menait 3-0 à Toronto et contrôlait une bonne partie de la rencontre. Xhekaj venait de décocher un tir du poignet de l'extérieur, puis il a continué son chemin vers le filet avant de freiner près du gardien.
On peut appeler ça terminer son jeu, comme on l'entend souvent au hockey, mais il faut aussi comprendre que foncer vers le gardien adverse de cette façon peut provoquer une réaction.
Un défenseur qui arrive dans le territoire du gardien après avoir tiré, alors que son équipe possède une avance de trois buts, ne fait pas nécessairement preuve de beaucoup de jugement.
Le résultat était prévisible ... un attroupement éclate, les joueurs des deux équipes se mêlent à la discussion et la situation dégénère en quelques secondes.
Xhekaj a sa part de responsabilité dans le déclenchement de cette mêlée. Il n'avait aucune raison de chercher à provoquer les Maple Leafs à ce moment précis.
Montréal avait le contrôle du match. Pourquoi donner à l'adversaire une occasion de se réveiller?
Maintenant, est-ce que les joueurs de Toronto méritaient eux aussi une punition? Absolument.
y penalización solo para xhekaj? iros a la mierda https://t.co/qj8GJ5dBpE
— elena (@chkchklena) November 8, 2026
Quand plusieurs joueurs participent à un affrontement, les arbitres ne peuvent pas simplement décider de punir un seul camp et de laisser l'autre repartir comme si rien ne s'était passé.
C'est là que leur gestion de la situation devient contestable. Xhekaj pouvait être puni pour son geste, mais les Leafs impliqués devaient également recevoir leur part de sanctions.
Ce n'est pas contradictoire. C'est précisément la nuance que le débat semble avoir perdue.
Martin St-Louis a défendu son défenseur après la rencontre. On peut comprendre son réflexe.
Un entraîneur ne va pas démolir publiquement un de ses joueurs après une victoire, surtout lorsque celui-ci est déjà régulièrement impliqué dans des situations physiques et que les arbitres connaissent son style de jeu.
St-Louis veut protéger son groupe, préserver la confiance de Xhekaj et éviter de lui faire porter seul le poids d'une décision arbitrale contestable.
Mais protéger un joueur ne signifie pas qu'il faut effacer sa responsabilité.
Je me pose surtout une question ... si Toronto avait complété sa remontée et remporté cette rencontre, est-ce que le discours serait exactement le même ce matin?
Si les deux buts des Leafs avaient finalement coûté la victoire au Canadien, combien de personnes auraient encore affirmé que Xhekaj n'avait rien fait de mal?
Combien auraient plutôt dénoncé son manque de jugement au moment où Montréal possédait une avance confortable?
Le résultat change la perception, et c'est précisément ce qui me dérange.
La séquence a d'ailleurs donné le momentum aux Maple Leafs.
Après la punition, Toronto a marqué, puis a rapidement ajouté un deuxième but pour ramener le pointage à 3-2.
Le Canadien a finalement évité le pire grâce à Zachary Bolduc, qui a redonné deux buts d'avance à son équipe en avantage numérique sur une passe de Lane Hutson.
Montréal a gagné 4-2, mais cette remontée aurait pu devenir beaucoup plus inquiétante.
Le problème dépasse donc une seule punition. Xhekaj doit apprendre à mesurer son agressivité et à comprendre le moment du match.
Son intensité peut être une arme, mais elle devient un cadeau pour l'adversaire lorsqu'il provoque inutilement une équipe qui cherche justement une raison de revenir dans la rencontre.
Le Canadien n'a pas besoin de réveiller ses adversaires lorsqu'il mène par trois buts.
La même réflexion s'applique à Juraj Slafkovsky, qui a écopé d'une double mineure en zone offensive dans les dernières minutes, alors que Montréal tentait de protéger son avance.
Ce sont encore des pénalités évitables qui compliquent le travail de toute l'équipe.
Martin St-Louis peut défendre Xhekaj devant les médias.
C'est son rôle. Mais à l'intérieur du vestiaire, il doit aussi lui faire comprendre que cette agressivité doit servir le Canadien, pas lui créer des problèmes.
Une victoire ne devrait jamais devenir un permis de répéter les mêmes erreurs.
Ouch…
