Mauvaise blague: Martin St-Louis envoie promener les détracteurs de John Tortorella

Mauvaise blague: Martin St-Louis envoie promener les détracteurs de John Tortorella

Par David Garel le 2026-03-29

Le congédiement de Bruce Cassidy et l’embauche de John Tortorella par les Golden Knights de Vegas, à quelques semaines des séries, a fait réagir partout dans la ligue.

Tout le monde se moque de la décision.

Mais St-Louis, lui, a parlé comme quelqu’un qui connaît exactement l’homme derrière le coach.

« Torts est un gars très honnête. Ce n’est pas un gars qui se cache », a-t-il lancé, sans détour.

Selon St-Louis, cette nomination-là, elle ne repose pas sur une mode ou sur un pari à long terme. Elle repose sur une identité. Tortorella arrive à Vegas pour faire ce qu’il a toujours fait : imposer une vérité, rapidement, sans filtre.

St-Louis ne s’est pas mis à analyser les systèmes ou les ajustements tactiques. Il est allé ailleurs.

« Je ne connais pas tous les détails. J’ai beaucoup de respect pour lui. »

Et ce respect-là n’est pas théorique. Il est enraciné dans une relation qui remonte à Tampa Bay, au moment où Tortorella lui a donné sa première vraie chance dans la LNH.

« Torts, c’est une bonne personne ».

Dans un milieu où les mots sont souvent pesés, cette affirmation-là a du poids. Parce qu’elle vient avec tout le bagage qui l’accompagne. Tortorella n’a jamais été facile à jouer pour. Son style divise, fatigue, pousse à bout. Mais pour certains joueurs, il devient un levier.

« La vérité est meilleure quand tu vieillis », a ajouté St-Louis, avec ce sourire qui laisse comprendre qu’il parle d’expérience. Cette fameuse vérité, c’est le cœur de la méthode Tortorella. Dire les choses comme elles sont. Ne pas contourner. Ne pas protéger inutilement.

Et ça, St-Louis l’a intégré dans sa propre approche.

« J’ai appris beaucoup de lui. Il m’a amené à un autre niveau. Il m’a poussé à aller chercher une bonne vérité. Il m’a dirigé vers ça parce que lui, il n’avait pas peur de la dire. À n’importe qui. »

Ce n’était pas toujours confortable. « On ne se lançait pas toujours des fleurs. On avait chacun notre vérité et, parfois, elles s’affrontaient. »

Mais c’est précisément dans ces confrontations-là que leur relation s’est construite. Pas dans la facilité, mais dans la friction.

C’est exactement ce que Vegas vient chercher. Pas un entraîneur qui va amadouer un groupe. Un entraîneur qui va le secouer pour les séries.

Parce que la situation est claire. Les Golden Knights ne sont pas en reconstruction. Ils ne cherchent pas à apprendre. Ils veulent performer immédiatement. Et dans ce contexte-là, Tortorella devient logique. Son message passe souvent mieux quand l’urgence est réelle, quand les joueurs n’ont pas le luxe d’attendre.

Autour de la ligue, les réactions restent partagées. Certains doutent de sa capacité à connecter avec un vestiaire moderne.

D’autres voient dans cette embauche un électrochoc parfaitement ciblé. Mais St-Louis, lui, ne tombe pas dans ce débat-là. Il connaît trop bien le personnage pour simplifier.

Ce qu’il voit, c’est un entraîneur qui arrive dans un environnement qui lui ressemble davantage. Un environnement où l’exigence est déjà en place, où il n’a pas à construire une culture à partir de rien, mais à la pousser plus loin.

« Ça ne m’intéresse pas vraiment d’apprendre à diriger une équipe dans le cadre de ce genre de saison où nous en sommes en ce moment. » avait affirmé Tortorella sur les Flyers, avant d'être congédié à Philadelphie.

Une phrase qui avait fait beaucoup de bruit, parce qu’elle révélait un entraîneur à bout dans un contexte qui ne lui convenait plus.

Aujourd’hui, le décor est complètement différent. À Vegas, il n’est pas là pour apprendre à naviguer dans une saison compliquée. Il est là pour gagner.

Et St-Louis, dans tout ça, donne l’impression de regarder la situation avec de l'amour pour son ancien coach... et un mépris pour se détracteurs.

Selon le coach du CH, un entraîneur peut sembler dépassé à un endroit, puis devenir exactement la pièce manquante ailleurs.

Tortorella n’a pas changé. Reste à voir s'il va marquer l'histoire à Vegas... ou s'il deviendra la blague de l'année...