On aime les histoires avec du cœur. On aime les anciens. On aime les guerriers qui ont tout donné. Mais ce qui se passe en ce moment à Montréal n’est plus une histoire d’amour ni de respect, c’est une crise de chouchous qui touche plusieurs éléments de l’alignement.
À commencer par ce quatrième trio que Martin St‑Louis a envoyé en avant hier soir comme si de rien n’était… avant d’embarquer dans l’avion vers Washington.
Et laissez‑moi vous dire quelque chose clairement : ça ne passe plus.
Parce que lundi soir, contre les Canucks, ce trio composé de Joe Veleno, Samuel Blais et Owen Beck n’a tout simplement pas joué son meilleur match. Mais honnête, ils ont joué une partie honnête, eux qui ont tous terminé la soirée avec un différentiel neutre.
Et malgré tout, dans sa conférence de presse post‑victoire, Martin St‑Louis a presque envoyé ce trio sous l’autobus, puis s’est emporté lorsque la question s’est tournée vers son gardien, histoire qui montre à quel point l’entraîneur est aujourd’hui sur les nerfs.
Au Centre Bell, après un gain de 6 à 3, un journaliste a demandé à Dobes s’il craignait d’être rétrogradé à Laval. St‑Louis n’a pas apprécié la formulation :
« Quelqu’un lui a posé une question qui disait “si tu étais relégué à Laval? Ce n’est pas une très bonne question à poser après un match. »
Puis, d’un ton ferme :
On sent un entraîneur irrité, peut‑être pris au dépourvu, mais plus encore un coach qui sent la pression monter dans un vestiaire où les décisions difficiles vont être de plus en plus nécessaires.
St‑Louis, peu après, a décidé de viser son 4e trio sur la place publique:
« Ils nous ont donné du bon hockey, mais ils ont déjà mieux joué que ce soir. Nos deux premiers trios ont dominé et c’est ce qui a mené notre offensive. Je m’attends à ce que notre quatrième trio joue leur rôle, comme ça a été le cas récemment. »
Alors on vise qui, exactement?
Si on écoute l’analyse du match, ce n’est pas Brendan Gallagher qu’on met en lumière, ni Phil Danault, ni Zachary Bolduc, même si les trois on terminé le match à -2.
Owen Beck a terminé le match sans aucun tir, avec une petite mise en échec et un seul lancer bloqué. Dans un match de 6‑3, ça ne bouge absolument rien offensivement. Mais il n'a pas mis son équipe dans le pétrin.
Samuel Blais a frappé tout ce qui bouge, et bien, mais il finit avec un différentiel de zéro, ce qui, dans un match gagné par trois buts, n’est pas le signe d’une présence catastrophique.
Joe Veleno aussi finit avec un différentiel de zéro, et dans plusieurs matchs récents, il n’a pas généré suffisamment d’impact positif. Mais encore, il ne met pas son équipe dans le trouble.
Pendant ce temps, même un gars comme Phil Danault, dans le même match, termine avec un moins‑2. Mais comme avec Gallagjer, on préfère viser les autres trios plus faibles pour chercher des responsables un peu partout.
Sauf les vétérans chouchous...
Normal que St-Louis protège ses favoris. L’influence des retours imminents va faire exploser la concurrence.
Parce que ce n’est pas seulement cette soirée qui pose problème, c’est tout ce qui arrive derrière.
Dans les prochains matchs :
Josh Anderson est presque prêt à revenir: un joueur physique, rapide, capable de donner une vraie présence en séries.
Kirby Dach reviendra avec son gabarit et son talent inexploité... s'il ne se casse pas un ongle d'ici là.
Jake Evans finira par revenir.
Patrik Laine est une menace offensive, même si son coeur traîne à la mauvaie place.
Et Alex Newhook est en mesure d’apporter davantage de danger offensif.
Dans ce contexte, qu’est‑ce que tu fais avec un quatrième trio qui est à peine capable de gagner des duels, et souvent dominé dans des instants clés? Tu le rétrogrades à Laval.
Et Brendan Gallagher dans tout ça?
Quand on parle de Gallagher aujourd’hui, ça ne ressemble plus à une question d’affection. C’est devenu une question d’efficacité. Et malheureusement pour lui, les deux ne vont plus ensemble.
On l’aime, on respecte ce qu’il a fait, on valorise son leadership… mais le hockey ne se joue pas sur les sentiments.
Il faut que tout le monde puisse exécuter à un certain niveau. Et là, même en séries, si St‑Louis doit composer avec des joueurs qui accélèrent, retournent vite en zone, gagnent des batailles, dégagent efficacement, et génèrent du danger, alors Gallagher, qui n’avance plus comme avant, est un problème.
Alors pourquoi joue-t-il sur le 3e trio? Plus encore. Pourquoi est-il encore dans l'alignement?
Samuel Blais, qui est sur le bord de revenir à Laval, est tellement plus efficace que Danault.
Il a tenté de rester positif :
« Je garde ça simple… Pour moi, le but est de continuer comme ça. Les décisions, ce n’est pas moi qui vais les prendre. »
Mais la vérité, c’est que beaucoup de décisions vont être prises. Et rapidement.
Le malaise est partout
Le public a l perception grandissante que certains vétérans sont devenus des boulets plutôt que des atouts sur une patinoire qui exige vitesse, punch et constance.
Dans un match de saison régulière, on peut se permettre un Gallagher plié en deux tellement il n'est plus capable de respirer. En séries, ça ne le fera pas.
Au lieu de viser Owen Beck, Martin St-Louis devrait se regarder dans le miroir. Des chouchous en 2026... ça ne passe plus dans la LNH...
