Menaces sur les réseaux sociaux: cauchemar humain pour Tom Wilson

Menaces sur les réseaux sociaux: cauchemar humain pour Tom Wilson

Par David Garel le 2026-02-14

Tom Wilson sous protection après l’accident impliquant Kevin Fiala : menaces, haine et dérapage total aux Jeux olympiques

La scène a glacé tout le monde. En fin de troisième période, Kevin Fiala chute lourdement après un contact avec Tom Wilson.

L’attaquant suisse ne se relève pas. Civière. Silence pesant.

Quelques heures plus tard, la confirmation tombe : opération à la jambe gauche en Italie, saison terminée, retour impossible en 2025-2026. Un coup dur immense pour la Suisse… et pour les Kings de Los Angeles, qui perdent leur deuxième meilleur pointeur au pire moment de l’année.

Mais au lieu d’un débat calme et humain, c’est une tempête qui s’est abattue sur Tom Wilson.

Dans les heures suivant le match, ses comptes sociaux se remplissent de messages violents. Insultes. Menaces physiques. Menaces de mort. Des propos d’une brutalité rare, venus d’une frange de partisans suisses complètement hors de contrôle, incapables de faire la part des choses entre un accident de jeu et un geste intentionnel.

Et pourtant, tout le monde s’entend : il n’y avait absolument rien de “dirty” dans cette séquence.

Les images montrent une collision malheureuse, une perte d’équilibre, puis tout le poids de Wilson qui retombe involontairement sur la jambe de Fiala.

Pas de coude levé. Pas de charge tardive. Pas de coup sournois. Juste un jeu de hockey qui tourne mal. Un de ces scénarios cruels que personne ne souhaite voir, mais qui font malheureusement partie du sport.

Même les analystes les plus sévères reconnaissent le caractère accidentel de l’incident. Les officiels n’ont signalé aucune infraction. À l’interne, Hockey Canada a immédiatement soutenu son joueur. Du côté des Capitals de Washington, l’organisation a publié un message clair : Wilson est bouleversé par ce qui est arrivé.

Tom Wilson lui-même s’est dit abasourdi, effrayé par l’ampleur de la réaction, et profondément désolé pour Fiala et sa famille. Selon des sources proches de l’équipe, il aurait tenté de prendre des nouvelles du joueur suisse dès qu’il a appris la gravité de la blessure.

Mais sur les réseaux sociaux, la logique disparaît vite.

On voit circuler des messages le traitant de “déchet”, réclamant qu’il soit banni du hockey international, certains allant jusqu’à souhaiter qu’il subisse à son tour une blessure grave.

Un internaute écrit carrément que la LNH aurait dû “le flusher dans les toilettes il y a des années”. D’autres remettent en question sa présence avec Équipe Canada, comme si cet accident venait soudainement redéfinir toute sa carrière.

Cette violence numérique est devenue une seconde blessure. Invisible, mais bien réelle.

Pendant ce temps, Kevin Fiala se prépare à une longue rééducation, loin de la glace, loin de ses coéquipiers, loin d’une fin de saison cruciale pour Los Angeles. À 29 ans, il entame maintenant un combat physique et mental majeur, avec tout ce que ça implique : douleur, incertitude, perte de rythme, pression contractuelle.

Et Tom Wilson, lui, encaisse une vague de haine qu’aucun athlète ne devrait avoir à vivre pour un accident reconnu comme tel par toute la communauté hockey.

Il faut le répéter, parce que certains refusent de l’entendre : ce n’est pas la faute de Tom Wilson.

Ce n’était pas un geste prémédité. Ce n’était pas une mise en échec vicieuse. Ce n’était pas une tentative de blesser. C’était une collision banale devenue tragique par un enchaînement de circonstances.

Oui, la blessure de Fiala est dramatique. Oui, la Suisse vient de perdre un pilier offensif. Oui, les Kings voient leurs chances de séries fragilisées. Mais transformer Wilson en bouc émissaire n’aidera personne.

Le hockey est un sport rapide, physique, imprévisible. Parfois, ça dérape. Et quand ça arrive, la responsabilité collective devrait être l’empathie, pas la chasse à l’homme.

En ce moment, deux joueurs vivent une période extrêmement difficile. L’un sur une table d’opération. L’autre sous escorte numérique, noyé sous les menaces.

Et dans cette histoire, il n’y a qu’une seule certitude : personne n’a gagné.