Le malaise autour de Patrik Laine est devenu intenable.
Et ce qui le rend aussi lourd, aussi inconfortable, ce n’est plus une blessure (il est prêt à jouer), ni une méforme physique, ni même un manque d’efforts.
C’est le fait que Patrik Laine est prêt à revenir au jeu, mais que le Canadien agit comme s’il ne l’était pas, volontairement. Pas pour le protéger physiquement. Pour éviter un affront sportif et médiatique devenu inévitable.
C’est exactement là que tout bascule dans la vie du pauvre Finlandais.
Quand le journaliste Simon-Olivier Lorange écrit dans La Presse que « le consensus est total : il n’y a pas de place pour Patrik Laine dans une formation du Canadien en santé », ce n’est pas une phrase lancée en l’air. Ce n’est pas un ressenti personnel. C’est une lecture froide, factuelle, de ce qui se passe réellement sur la glace… et autour.
Il ajoute d’ailleurs l’élément clé : Laine sera juste utilisé en cas de blessés... s'il faut remplir un chandail...
Ouch...
Cette phrase-là est capitale. Elle dit tout.
Patrik Laine n’est plus perçu comme un joueur de ce vestiaire.. Il est devenu un joueur de dépannage. Utile seulement quand le Canadien n’a plus le choix.
Prêt à revenir… mais pas prêt à jouer
Voilà le paradoxe cruel.
Sur la glace, à Brossard, Laine patine. Il tire. Il répète ses tirs sur réception, son arme principale. Il a l’air nerveux, concentré, tendu. Il veut envoyer un message. Il veut démontrer qu’il est prêt.
Mais le Canadien ne lui ouvre pas la porte.
Pourquoi? Parce que le vrai problème commence le jour où il est officiellement déclaré apte. À partir de ce moment-là, Martin St-Louis doit trancher. Et trancher, dans ce cas précis, signifie exposer Laine à une réalité que l’organisation veut éviter.
Avant sa blessure, rappelons-le, Laine ne jouait déjà plus un rôle de joueur régulier de top-6. Il alternait sur un quatrième trio. Il n’avait plus de chaise fixe. Aujourd’hui, l’équipe a évolué sans lui, gagné sans lui, trouvé un rythme sans lui.
Le ramener maintenant, ce serait admettre publiquement qu’on ne sait pas où le mettre.
À l’entraînement, l’image est frappante.
Kirby Dach est immédiatement propulsé sur le premier trio avec Suzuki et Caufield, sans période d’adaptation. Simon-Olivier Lorange le souligne : on aurait pu s’attendre à un rodage plus prudent, mais le Canadien n’a même pas pris la peine de faire semblant.
Pendant ce temps, Laine alterne avec Zachary Bolduc sur un quatrième trio avec Jake Evans et Joe Veleno.
On place Laine là où il ne peut pas faire trop de dégâts… mais où il ne peut pas non plus s’imposer. Un no man’s land hockey.
Pourquoi le Canadien retarde l’échéance?
La vérité, c’est que le CH gagne du temps.
Tant que Laine n’est pas officiellement de retour, on évite l’humiliation d’un joueur vedette cloué sur un quatrième trio
Ce n’est pas de la manipulation. C’est de la gestion humaine.
Martin St-Louis sait qu’un retour mal orchestré ferait de Laine un sujet toxique. Chaque présence deviendrait un procès. Chaque match, un référendum. Et dans une équipe qui a enfin trouvé une cohérence, ce serait du sabotage interne.
Ce que les médias traditionnels disent maintenant ouvertement, c’est ce que l’organisation a compris depuis un moment : Patrik Laine n’est plus un joueur régulier du Canadien de Montréal.
Pas dans cette version du Canadien, avec cette profondeur, cette vitesse, cette exigence défensive, il n’a plus de fonction claire.
À tout ça s’ajoute un élément que le Canadien ne peut pas ignorer et qui pèse lourdement sur Patrik Laine : la tempête médiatique déclenchée par la publication de sa conjointe, Jordan, qui a publié une vidéo sur Instagram qui a rapidement fait réagir.
Elle racontait ce que représente le fait de voyager avec l’équipe pendant une année de contrat, tout en se préparant mentalement à la date limite des transactions.
Elle y parlait ouvertement de l’incertitude, du futur qui dépend de décisions échappant complètement au joueur et à sa famille, et de cette impression constante d’avoir les valises à moitié prêtes.
Ce n’était pas une attaque contre le Canadien, ni une plainte directe, mais plutôt un aveu d'un couple en panique : le clan Laine sait très bien que l’avenir à Montréal est fragile, que la situation est instable, et qu'il devra partir.
Pour un joueur déjà reconnu comme étant anxieux, fragile mentalement et marqué par des épisodes difficiles dans le passé, cette exposition supplémentaire est une catastrophe.
On sent un Laine nerveux, tendu, humainement à fleur de peau, autant que sportivement. Et c’est précisément pour cette raison que le Canadien marche sur des œufs.
L’organisation ne veut pas provoquer un affront public, ne veut pas l’exposer inutilement, ne veut surtout pas raviver une spirale mentale qu’il a déjà connue.
Derrière la prudence apparente, il y a une volonté très claire : protéger l’homme autant que le joueur.
Et c’est pour ça que le malaise est si fort : Laine est prêt, mais on ment sur sa condition.
On "fake" le fait qu'il ne soit pas encore prêt à revenir au jeu.
Et dans la LNH, quand cette phrase commence à circuler dans les médias sérieux, c'est un scandale caché.
