Message à Félix Séguin: la province du Québec sans pitié

Message à Félix Séguin: la province du Québec sans pitié

Par David Garel le 2026-05-16

Félix Séguin, le Québec ne te demande pas de te contrôler. Le Québec te demande juste d’arrêter.

Arrêter le « dou bi dou bi dou bi dou bi dou ».

Arrêter de transformer chaque arrêt de Jakub Dobeš en espèce de gimmick radio forcée qui sonne comme un personnage de dessin animé alors qu’on est en plein cœur d’une série éliminatoire où les nerfs des partisans sont déjà à vif.

À quelques minutes d’un match numéro six où les Canadiens de Montréal pourraient éliminer les Sabres de Buffalo, une autre tempête s’est levée autour du descripteur de TVA Sports. Cette fois, ce n’est ni un lapsus, ni une erreur de timing, ni une comparaison négative avec Pierre Houde.

C’est un bruit.

Un simple bruit.

Un « dou bi dou bi dou bi dou » lancé à répétition après les arrêts de Dobeš… et qui est en train de rendre une partie du Québec complètement folle.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires s’accumulent à une vitesse ridicule. Les partisans ne parlent presque plus du gardien tchèque. Ils parlent de Félix Séguin.

« Quelqu’un peut lui dire d’arrêter? »

« J’aime Dobeš, mais son ostie de dou bi dou me tape déjà sur les nerfs. »

« On est en séries, pas dans une pub de céréales. »

« Félix, laisse le moment respirer. »

Le reproche revient constamment : pourquoi toujours meubler?

Pourquoi toujours ajouter quelque chose?

Pourquoi avoir peur du silence?

Dans une série aussi intense, avec un Centre Bell électrique, des tirs bloqués, des gardiens qui tiennent une saison entre leurs mains, plusieurs amateurs veulent simplement vivre l’émotion brute.

Le bruit des patins.

La foule.

La tension.

Le souffle avant une mise au jeu capitale.

Le hockey.

Pas un slogan inventé au milieu d’un arrêt de routine.

Ce malaise ne sort pas de nulle part. Depuis des années, une partie du public reproche à Félix Séguin de trop vouloir accompagner le moment au lieu de le laisser exister. Trop d’expressions. Trop de petits slogans. Trop de volonté de créer « le call » mémorable au lieu de laisser le match écrire sa propre histoire.

La différence avec Pierre Houde revient encore dans les discussions, inévitablement.

Quand Cole Caufield a marqué son 50e but, Pierre Houde a laissé le moment respirer. La foule a pris le contrôle. L’émotion a parlé toute seule.

Du côté de TVA Sports, plusieurs reprochent encore à Séguin d’avoir martelé le plateau des 50 buts de Cole Caufield pendant des matchs complets, au point où même des amateurs suppliaient presque qu’on change de sujet.

Aujourd’hui, c’est Dobeš.

« Dou bi dou bi dou bi dou. »

Encore.

Et encore.

Le plus délicat dans cette histoire, c’est que selon plusieurs personnes dans le milieu, et selon ce qui circule de plus en plus fort, même autour de lui, certains commenceraient à trouver ça lourd.

On raconte qu’on lui aurait déjà suggéré de ralentir sur certaines formules, de laisser davantage respirer les séquences, surtout en séries, quand chaque moment porte déjà assez d’émotion par lui-même.

Le problème pour Séguin, c’est que chaque nouvelle habitude devient instantanément un sujet de conversation au Québec.

Pas parce que les gens le détestent nécessairement.

Parce qu’il est scruté comme personne.

Une phrase.

Un ton.

Une expression.

Un mot de trop.

Tout devient viral.

Tout devient une tempête pour lui.

Et dans le contexte actuel, avec une province entière qui compare constamment TVA Sports à RDS, avec Pierre Houde encore traité comme une institution nationale, la marge d’erreur est minuscule.

Samedi soir pourrait être un immense moment de hockey. Les Canadiens de Montréal peuvent fermer les livres sur Buffalo. Le Centre Bell risque d’exploser. L’émotion sera déjà gigantesque.

Peut-être que, pour une fois, le meilleur call serait simplement de faire confiance au match.

Et de laisser Jakub Dobeš faire le bruit à lui tout seul.