Ce match-là avait tout d’un test de vérité. Un vrai match de séries avant les séries. Du jeu serré, des mises en échec, de la frustration, un gardien qui vole la vedette… et au milieu de tout ça, une réalité qui saute aux yeux : le Canadien de Montréal est prêt. Mais Arber Xhekaj, lui, est encore en train de lutter pour suivre.
Parce que oui, Montréal a gagné 4-1 à Tampa. Oui, ils viennent d’enchaîner une autre victoire contre une équipe de haut de classement. Oui, ils jouent du hockey qui ressemble à celui du printemps. Mais pendant que tout le monde avance, il y en a un qui donne l’impression de traîner derrière. Et hier, ça a paru.
Dès les premières minutes, on a vu deux équipes qui ne donnaient rien. Tampa poussait, Montréal résistait. Et derrière, Jakub Dobeš était encore une fois solide, calme, presque imperturbable.
“Je suis concentré… je suis prêt à ce qui s’en vient”, a-t-il dit, comme un gardien déjà en mode séries. Devant lui, les défenseurs ont fait le travail.
Kaiden Guhle l’a bien résumé : “Notre jeu défensif est à la bonne place en ce moment.”
Mais dans cette structure-là, dans cette discipline-là, chaque erreur devient visible. Et c’est exactement ce qui est arrivé avec Xhekaj.
Utilisé à droite de Guhle pour remplacer Alexandre Carrier, il a été correct, sans plus. Mais dès qu’il avait la rondelle, on sentait l’hésitation.
La fameuse “patate chaude”. Des décisions lentes, des sorties de zone brouillonnes. Rien de catastrophique, mais rien de rassurant non plus. Et sur le banc, les réactions étaient visibles. Des regards vers le ciel. De l’impatience. Ce genre de langage corporel qui ne ment jamais.
Martin St-Louis, lui, n’a pas parlé après le match. Officiellement, rien. Officieusement, tout le monde comprend. Ce n’est pas une coïncidence. Il a passé des années à Tampa, il avait probablement du monde à voir… mais aussi, peut-être, rien à dire sur un dossier qu’il traîne depuis trop longtemps.
Parce que pendant que Xhekaj tente de s’accrocher, le reste du groupe est ailleurs.
Nick Suzuki l’a dit clairement :
“J’adore où en est notre équipe. Tout le monde joue de la bonne façon… c’est amusant de tenir tête aux meilleures équipes.”
Mike Matheson, lui, parle déjà de préparation pour les séries : “On veut s’assurer que notre jeu est au bon niveau pour avoir du succès.”
Et Dobeš enfonce le clou : “C’est du hockey de séries.”
Tout le monde parle le même langage. Sauf que ce langage-là demande de la constance, de la rapidité d’exécution, une confiance totale avec la rondelle. Et c’est exactement ce qui échappe encore à Xhekaj.
Le pire, c’est que ce match représentait une chance. Une vraie. Une ouverture créée par la blessure de Carrier. Une place dans un match intense, significatif, contre une grosse équipe. Le genre de soirée qui peut relancer une carrière… ou confirmer un doute.
Et hier, ça a davantage confirmé le doute.
Parce que le Canadien n’a pas besoin d’un projet. Il a besoin de certitudes. Et en ce moment, Xhekaj n’en est pas une.
Pendant que Cole Caufield s’approche des 50 buts, pendant que le top-6 produit, pendant que la structure défensive se solidifie, lui donne encore l’impression de jouer en réaction, pas en contrôle. Et dans un contexte de séries, ça ne pardonne pas.
Ce n’est pas un désastre. Ce n’est pas une catastrophe. Mais c’est révélateur.
Le Canadien avance. Le groupe est en train de se transformer en équipe de séries. Et dans cette transformation-là, il y a de moins en moins de place pour les zones grises.
Hier, Montréal a prouvé qu’il pouvait battre les meilleurs.
Mais Arber Xhekaj, lui, a peut-être compris que le temps commence sérieusement à manquer.
