Mots en F: Ivan Demidov s’échappe encore

Mots en F: Ivan Demidov s’échappe encore

Par William Petit Lemay le 2026-04-18

Ivan Demidov n’a pas besoin de beaucoup de temps pour faire réagir. Sur la glace, son talent saute aux yeux. Devant les micros, c’est une autre histoire… et disons que ça commence à devenir une signature bien à lui.

Samedi, après l’entraînement du Canadien de Montréal, le jeune attaquant russe a encore fait parler de lui. Questionné sur sa chimie avec Alex Newhook et Alex Texier, Demidov répond avec enthousiasme, décrit une ligne rapide, talentueuse, physique… puis laisse échapper un « fucking » bien senti en pleine phrase. Naturel, spontané, sans filtre.

Un moment qui a immédiatement attiré l’attention.

Ce n’est pas un cas isolé. Il y a à peine quelques jours, lors d’un entracte à la télévision, Demidov avait déjà échappé un juron en direct. Cette fois-là, la réaction avait été encore plus révélatrice : il s’était lui-même excusé sur-le-champ, visiblement surpris par ce qui venait de sortir de sa bouche.

Deux incidents en peu de temps. Et déjà, un petit phénomène médiatique.

Il faut comprendre le contexte. Demidov est un jeune joueur russe qui s’exprime dans une langue qui n’est pas la sienne. L’anglais n’est pas encore parfaitement maîtrisé, et dans ce genre de situation, les filtres sautent plus facilement. Les émotions prennent le dessus, les mots sortent plus vite que la réflexion.

Et dans son cas, ça donne des moments… disons mémorables.

Ce qui rend la scène encore plus intéressante, c’est le contraste avec sa personnalité. Sur la glace, Demidov est intense, créatif, engagé. En entrevue, il reste généralement posé, parfois même réservé. Mais dès qu’il se sent à l’aise, dès qu’il parle avec un peu plus d’énergie, le naturel reprend le dessus.

Et le naturel, chez lui, ne passe pas toujours par un langage formaté.

Du côté de l’organisation, on ne semble pas s’en faire outre mesure. Après le premier épisode, Martin St-Louis avait même pris la situation avec humour, lançant que c’était « le plus proche du français » que Demidov pouvait parler pour l’instant. Une façon légère de dédramatiser, sans mettre de pression inutile sur un jeune joueur en adaptation.

Car c’est bien de ça qu’il s’agit.

Montréal est un marché unique. L’intensité médiatique, la passion des partisans, l’omniprésence du hockey… tout est amplifié. Pour un jeune joueur qui arrive de l’extérieur, l’ajustement ne se fait pas uniquement sur la glace. Il se fait aussi devant les caméras, dans chaque mot prononcé, dans chaque réaction analysée.

Certains joueurs prennent du temps à s’habituer. D’autres apprennent sur le tas.

Demidov, lui, est en plein dedans.

Et malgré ces petits dérapages linguistiques, une chose ressort clairement : il est authentique. Il ne joue pas un rôle. Il ne calcule pas chaque mot. Il parle comme il pense, avec ses outils actuels, avec ses émotions.

Dans un monde où tout est souvent contrôlé, ça détonne.

Reste à voir comment cette facette va évoluer. Avec le temps, son anglais va s’améliorer, son aisance devant les médias aussi. Les phrases seront plus fluides, les réponses plus structurées… et probablement un peu plus filtrées.

Mais pour l’instant, Ivan Demidov est encore dans cette phase où tout sort brut.

Et honnêtement, ça ne laisse personne indifférent.

Entre deux jeux spectaculaires et quelques mots en F bien placés, il est en train de se bâtir une présence qui dépasse la glace.

Et à Montréal, ça, c’est déjà tout un exploit.