Négociations Montréal-Calgary: la transaction de Zachary Bolduc est inévitable

Négociations Montréal-Calgary: la transaction de Zachary Bolduc est inévitable

Par David Garel le 2026-01-20

À Montréal, on sait reconnaître le moment précis où un joueur cesse d’être un projet pour devenir un dossier.

Pourtant, Zachary Bolduc a du talent. Mais il est devenu inutile parce que l’organisation, et surtout son coach, le traite comme un moins que rien.

Zachary Bolduc est rendu exactement à la croisée des chemis à Montréal. Ce n’est plus une impression, ce n’est plus une exagération de réseaux sociaux, c’est une réalité qui se lit dans les décisions quotidiennes de Martin St-Louis, dans la construction des trios, dans le temps de glace, dans les responsabilités confiées (ou plutôt retirées), et dans la façon dont son nom circule désormais ouvertement dans les conversations autour du marché des transactions.

Bolduc ne vit pas une simple mauvaise séquence. Il vit une déconnexion profonde avec la direction que prend le Canadien.

Depuis plusieurs semaines, on assiste à un paradoxe troublant : alors que l’attaque du CH est congestionnée, que les retours de blessure s’enchaînent et que chaque chaise devient précieuse, Bolduc est le seul jeune attaquant qui ne semble bénéficier d’aucune protection institutionnelle.

Kirby Dach a eu droit à toutes les chances imaginables. Alex Newhook aussi. Même des vétérans en perte de vitesse continuent d’avoir un filet de sécurité.

Bolduc, lui, est trimballé d’un trio à l’autre, pour terminer sur le 4e trio, coincé dans des rôles qui ne correspondent ni à son ADN offensif ni à ce qu’on projetait pour lui au repêchage.

Quand tu es un choix de premier tour reconnu pour ton flair, ton tir et ton instinct, mais que tu te retrouves à jouer des minutes creuses avec Phillip Danault et Josh Anderson ou Jake Evans et Joe Velenos, sans toucher à la prolongation ou à l'avantage numérique, le message est clair, même s’il n’est jamais prononcé.

Ce malaise interne explique pourquoi, dès qu’un scénario crédible de transaction émerge, le premier nom qui sort à Montréal est celui de Zachary Bolduc.

Ce n’est pas un hasard. Il coche toutes les cases du joueur que les autres équipes regardent avec intérêt : jeune, encore "coachable", ancien choix de premier tour, la recrue qui a marqué le plus de buts la saison dernière en 2e moitié de saison, un agent libre avec restriction qui va signer pour des peanuts, donc facile à intégrer sous le plafond salarial. Il a encore de la valeur, justement parce que Montréal ne l’a pas détruite… mais elle est en train de l’exposer.

À Calgary, par exemple, son profil est loin de laisser indifférent. Dans une organisation qui cherche à se repositionner, à rajeunir sans tout raser, Bolduc représente exactement le type de pari contrôlé qu’on aime faire.

Dans des discussions impliquant Blake Coleman ou Nazem Kadri dans un montage plus large, son nom revient avec insistance.

On pense chez les Flames que Bolduc serait un fit parfait. Il aurait de la place sur le top-6 et Jonathan Huberdeau pourrait le prendre sous son aile.

Même chose à Vancouver, où, avant que Kiefer Sherwood ne soit finalement envoyé à San Jose, le nom de Bolduc circulait dans l’entourage des Canucks comme un joueur qui “fitte” dans une transition.

Du côté de New York, le journaliste de Sportsnet, Eric Engels, l'envoie avec les Rangers avec un choix élevé au repêchage et un espoir (Adam Engström? Owen Beck) pour Will Cuylle.

Ce n’est pas de la fantaisie de partisans. Ce sont des signaux faibles qui, mis ensemble, racontent la même histoire : ailleurs dans la ligue, on croit encore en Zachary Bolduc.

Et c’est précisément ce qui rend la situation aussi inconfortable à Montréal. Parce que pendant que l’extérieur le voit comme un actif intéressant, l’intérieur semble déjà avoir tourné la page émotionnelle.

Les décisions de Martin St-Louis ne sont pas neutres. Quand un entraîneur ne te fait pas confiance en fin de match, ne t’utilise pas quand le jeu s’ouvre, te garde loin des situations offensives clés et t’expose publiquement dans des trios de survie, ce n’est plus du développement. C’est du “tough love” qui frôle le désengagement et la déconnexion humaine.

Et dans une organisation moderne, quand le coach ne te défend plus sur la glace, la direction commence à écouter le téléphone.

La congestion à l’attaque rend tout ça inévitable. Dach revient ce soir. Laine revient bientôt. Evans est revenu. Alex Newhook s'en vient en mars, Alexandre Texier a signé pour deux ans.

Il n’y a plus de place pour un joueur qui n’a pas de rôle clair ni de soutien du coach. Et dans ce contexte précis, Bolduc devient le domino logique. Non pas parce qu’il n’a rien à offrir, mais parce qu’il est devenu, aux yeux du Canadien, plus utile comme monnaie d’échange que comme pièce fondatrice.

C’est cruel, mais c’est souvent comme ça que ça se passe à Montréal. Quand un joueur commence à “faire du sens” dans trop de scénarios de transaction, ce n’est généralement qu’une question de temps avant que le marché décide pour lui.

Zachary Bolduc n’est pas en train de disparaître comme joueur de la LNH. Il est en train de disparaître comme projet du Canadien de Montréal.

Et dans ce marché, cette nuance-là fait toute la différence.

Le Québécois sera échangé. C'est inévitable.