Le marché des transactions nous réserve toujours une surprise.
Et celle-ci, honnêtement, personne ne l’avait vue venir à Montréal.
Le nom de Michael McCarron circule de plus en plus. Oui, ce Michael McCarron. L’ancien choix de première ronde du Canadiens de Montréal en 2013. Celui qu’on projetait comme centre de puissance du futur. Celui qu’on a traité de flop quand il n’a jamais atteint le plafond qu’on lui avait collé sur le dos.
Et pourtant.
Aujourd’hui, McCarron est devenu exactement ce qu’il devait peut-être être depuis le début : un centre de quatrième trio élite dans son rôle. Un géant utile. Un plombier assumé.
À 6 pieds 6 pouces, 232 livres, droitier, il impose le respect dès qu’il saute sur la glace. Depuis qu’il a trouvé sa niche avec les Predators de Nashville, il ne joue plus pour devenir une vedette. Il joue pour faire mal, gagner des mises au jeu et sécuriser les fins de match.
Et dans les séries, ce type de joueur devient précieux.
Et il faut aussi parler de son côté méchant assumé, parce que Michael McCarron ne se contente pas d’être gros : il dérange, il provoque, il entre dans la tête des adversaires.
On l’a vu récemment dans une séquence devenue virale où il assène un coup droit au menton de Logan Stanley.
Il le couche... ouch...
Michael McCarron sends a vicious right hook right into Logan Stanley's dome. Then flexes for the crowd.
— Alex Daugherty (@AlexDaugherty1) April 10, 2024
What a scene. pic.twitter.com/LCsawZb5gI
C’est ce genre de présence sournoise, lourde et dérangeante que Montréal n’a pratiquement pas en ce moment: un gars qui ne remplit pas la feuille de pointage, mais qui change le ton d’un match simplement par sa façon d’exister sur la glace.
On ne le dit pas assez : Montréal manque de gabarit à l’avant. Oui, il y a du talent. Oui, il y a de la vitesse. Mais dans une série physique, qui prend les mises au jeu importantes en zone défensive? Qui absorbe les coups dans l’enclave? Qui enlève la pression des épaules d’Arber Xhekaj pour les combats inutiles?
McCarron peut faire ça.
Depuis 2021-2022, il n’a jamais été sous la barre des 53 % au cercle des mises au jeu. En 2022-2023, il a flirté avec 60 %. Pour un quatrième centre, c’est majeur. Ça change la gestion des présences. Ça change la structure d’un trio.
Et ce qui rend le dossier encore plus intéressant : Nashville est vendeur.
Les Predators sont coincés dans une bataille compliquée pour les séries. Trop loin pour être confortables, trop près pour déclarer officiellement la fin de saison.
Mais les réalités sont là : ils ont plusieurs centres sur le marché, et McCarron devient un actif logique à monnayer puisqu’il sera joueur autonome sans compensation cet été.
Selon ce qui circule, plusieurs équipes aiment son profil.
Ce n’est pas un joueur spectaculaire.
Ce n’est pas un joueur de 50 points.
Mais en mars, les équipes cherchent exactement ce qu’il représente : profondeur robuste à faible coût.
Il ne coûtera pas un choix premium. On parle d’un choix tardif ou d’un jeune secondaire. Rien qui hypothèque l’avenir.
Et il y a un élément émotionnel dans tout ça.
Son passage à Montréal ne s’est pas bien terminé. On attendait un centre top-6. On a eu un projet inachevé. Il a été échangé en 2020 contre Laurent Dauphin. Depuis, il a trouvé son identité ailleurs.
Aujourd’hui, un retour à Montréal aurait une saveur différente.
Pas comme espoir.
Pas comme sauveur.
Comme spécialiste.
Le Canadien est déjà en discussion avec la Floride pour A.J. Greer. Kent Hughes veut du physique. Du grit. Du poids en bas de l’alignement. Si le dossier Greer ne se concrétise pas ou si Montréal veut doubler la mise en profondeur, McCarron devient une option extrêmement logique.
Il peut jouer au centre.
Il peut dépanner à l’aile.
Il frappe.
Il protège.
Il gagne des mises au jeu.
La question n’est pas hockey.
McCarron devient pertinent.
Ce serait ironique.
L’ancien espoir mal aimé qui revient comme solution.
Mais c’est souvent comme ça que le hockey fonctionne.
Les carrières évoluent.
Les rôles changent.
Les attentes se réalignent.
Michael McCarron n’est plus le projet top-6 raté.
Il est devenu un quatrième centre imposant que plusieurs équipes aimeraient avoir pour deux mois de guerre.
Et en ce moment, le Canadien fait partie des équipes qui regardent de ce côté-là.
Une surprise? Oui.
Mais une surprise qui fait énormément de sens.
