Négociations Montréal-Vancouver: un monstre fait son apparition

Négociations Montréal-Vancouver: un monstre fait son apparition

Par David Garel le 2026-01-12
canucks tyler myers

Dans les médias québécois, le nom de Kiefer Sherwood revient avec une telle insistance qu’on pourrait croire qu’il est la seule pièce disponible chez les Canucks de Vancouver.

Or, ce que plusieurs commencent à souligner, notamment du côté du Journal de Montréal, c’est qu’il serait réducteur de limiter la discussion à Sherwood alors que Vancouver, en pleine reconstruction assumée, possède d’autres profils intrigants susceptibles d’intéresser le Canadiens de Montréal.

Kiefer Sherwood arrive à la dernière année de son contrat, qui lui rapporte 1,5 million de dollars. Dans ce contexte, son discours public où il vise ses coéquipiers match après match devient toxique.

«C’est inacceptable la façon qu'on joue. C’est frustrant et inacceptable. Nous serions supposés laisser notre vie sur la glace à chaque match maintenant et nous faison le contraire: nous persons nos batailles, nous ne défendons pas le devant du filet. Comment nous agissons devant nos gardiens est honteux.»

Sherwood s'est fait avertir par les Canucks pour sacrer publiquement.

«C’est la F... LNH, on doit f... respecter le chandail. En ce moment, certains de nous F... abandonnent leurs coéquipiers ».

Le juron en F prononcé des centaines de fois veut tout dire.

Il traduit à la fois une pression personnelle liée à son avenir professionnel et une frustration face à son rôle actuel dans une équipe qui s'en va au fond du trou.

Il incarne parfaitement le joueur de soutien que les équipes en séries aiment ajouter à faible coût. Mais même à Montréal, on commence à reconnaître une réalité inconfortable : Sherwood ne transforme pas une attaque, il la complète.

Et à mesure que le prix exigé grimpe, un choix de 2e ronde et un espoir de premier plan, disons que Kent Hughes est refroidi.

Le DG du CH a bel et bien offert Jayden Struble et un choix de 2e ronde, mais il s'est fait rejeter par les Canucks. Même chose avec sa proposition d'Owen Beck avec un 2e choix.

C’est là que d’autres noms émergent, beaucoup moins glamour, mais peut-être plus réalistes pour le DG du CH qui est à la recherche d'una attaquant robuste, mais aussi d'un défenseur droitier robuste pour les séries.

Prenons Tyler Myers. À 35 ans, le défenseur droitier de 6 pi 8 po n’est plus ce qu’il était offensivement, mais son profil physique continue de faire saliver certaines organisations.

À Montréal, où la brigade défensive manque cruellement de taille à droite et où les séries ont rappelé à quel point le jeu devient lourd au printemps, Myers représente un outil qui pourrait tout changer : dégager le devant du filet, manger des minutes difficiles, stabiliser une troisième paire contre des équipes robustes. Son contrat de 3 M$ jusqu’en 2027-2028 est loin d’être toxique, surtout s’il s’inscrit dans une fenêtre de transition.

Dans un autre registre, l'attaquant Drew O'Connor attire aussi l’attention. Moins médiatisé que Sherwood, O’Connor propose pourtant un gabarit supérieur (6 pi 4 po, 210 lb), une capacité à jouer dans le trafic et une production honnête dans un contexte collectif très difficile. (10 buts, 6 passes pour 16 points en 44 matchs).

Dans une équipe en chute libre, ce sont des indicateurs que les recruteurs du CH ne balaient pas du revers de la main.

Pour un Canadien qui cherche à grossir sans se déséquilibrer, O’Connor représente une option plus discrète, possiblement moins coûteuse, et surtout moins exposée médiatiquement.

Ce qui rend le dossier encore plus intéressant, c’est le timing. Vancouver arrive à Montréal ce soir, dans un contexte de tension maximale : une seule victoire à leurs neuf derniers matchs, un voyage dans l’Est désastreux, des propos publics très durs, et une direction qui a déjà montré qu’elle n’hésitait pas à vendre tôt.

Chaque présence de Sherwood, Myers ou O’Connor sera scrutée. Chaque détail deviendra un argument de négociation.

Et du côté du Canadien, le message qui filtre dans les médias traditionnels est clair : Kent Hughes n’est pas pressé.

Il observe un marché où plusieurs vendeurs veulent créer une surenchère, mais où peu d’acheteurs sont prêts à sacrifier de vrais actifs pour des joueurs de soutien.

Montréal sait ce qu’il lui manque (du poids, de la robustesse, de l’expérience), mais refuse de payer comme s’il manquait une superstar.

C’est peut-être là la vraie lecture du moment. Sherwood fait du bruit, Myers intrigue par sa taille, O’Connor séduit par son profil caché.

Mais aucune de ces options ne sera acquise à n’importe quel prix. Et dans un marché où la reconstruction vient tout juste de se terminer, le Canadien préfère rater une transaction que de se tromper de transaction.

Ce soir, au Centre Bell, ce n’est pas seulement un match contre Vancouver. C’est une vitrine.

Ça va jaser dans le Temple...