Nick Suzuki vidé face aux médias: Martin St-Louis perd patience

Nick Suzuki vidé face aux médias: Martin St-Louis perd patience

Par David Garel le 2026-03-16

La frustration commence à déborder autour des Canadiens de Montréal.

Après la défaite contre les Sharks de San Jose, le Tricolore s’est incliné de nouveau dimanche soir au Centre Bell, cette fois 4-3 contre les Ducks d’Anaheim. Un revers qui fait encore plus mal parce qu’il vient confirmer un problème qui s’installe depuis la pause : le Canadien n’est tout simplement plus capable de défendre.

Et cette fois, c’est Nick Suzuki lui-même qui l’a admis publiquement.

Le capitaine n’a pas cherché d’excuse. Il s’est même pointé devant les journalistes pour prendre un but complet sur ses épaules. Celui de Leo Carlsson, marqué seulement cinq secondes après une mise au jeu en territoire du Canadien.

Suzuki a perdu l’engagement.

Mais ce n’est pas seulement ça qui le dérangeait.

« On s’est assez bien défendus. Mais je n’ai pas bloqué le tir et c’est rentré. Ce but-là est ma faute », a lancé le capitaine.

Nick Suzuki avait l’air complètement vidé. Le capitaine a pris un but sur ses épaules, s’accusant lui-même de ne pas avoir bloqué le tir sur le but de Leo Carlsson, cinq secondes après la mise au jeu en zone du CH.

C’est un geste de leadership, oui, mais c’était aussi étrange de voir le capitaine aussi abattu devant les caméras, comme s’il portait le poids de tout ce qui se passe défensivement depuis deux semaines.

Et il n’était pas le seul à avoir ce ton-là. Plusieurs joueurs semblaient frustrés, presque à court d’explications. Cole Caufield, habituellement énergique devant les micros, semblait chercher ses mots.

« Il va falloir regarder… il faut être meilleurs », a-t-il simplement lancé, incapable d’identifier clairement ce qui ne fonctionne pas.

Suzuki lui-même a admis que l’équipe n’avait pas joué son meilleur hockey depuis deux semaines et que certains matchs « leur ont glissé entre les mains ».

Ce n’est pas seulement la défaite qui est inquiétante. C’est de voir les leaders du vestiaire aussi frustrés, aussi perdus devant les médias, comme si eux-mêmes commençaient à chercher des réponses qu’ils ne trouvent pas encore.

Mais c'est aussi un aveu qui soulève une question très inconfortable.

Pourquoi une équipe qui vient de passer une semaine complète à travailler la défensive pendant deux entraînements complets, un luxe dans le calendrier infernal de la LNH, continue-t-elle de commettre les mêmes erreurs?

Parce que ce but de Carlsson n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Lane Hutson et Kaiden Guhle ont reculé beaucoup trop profondément sur le premier but des Ducks. Cole Caufield s’est retrouvé complètement pris à contre-pied en zone neutre sur cette même séquence.

Sur le but de Troy Terry, les cinq joueurs sur la glace ont été beaucoup trop passifs devant Chris Kreider et ses coéquipiers.

Et sur le but gagnant de Cutter Gauthier, encore Hutson et Guhle se retrouvent impliqués dans une séquence chaotique dans le fond du territoire face à Jeffrey Viel.

Guhle n'est pas capabale de gagner la rondelle le long de la rampe et Lane Hutson perd son homme (Gauthier), attiré par la rondelle... comme un pee-wee...

Résultat : quatre autres buts accordés.

Encore.

Depuis la pause, le Canadien a accordé 32 buts en seulement neuf matchs.

Et ce qui rend la situation encore plus inquiétante, c’est qu’il n’y a pas de tendance claire.

Contre les Sharks de San Jose la veille, c’était le nettoyage de l’enclave qui faisait défaut, deux buts étant marqués après des tirs envoyés dans la circulation.

Contre les Ducks, les buts sont venus de situations complètement différentes.

Bref, les erreurs changent… mais les buts continuent d’entrer.

Et même les joueurs ne semblent pas avoir de réponse.

Cole Caufield, interrogé sur les tendances derrière ces buts accordés, avait l’air complètement perdu.

« Il va falloir regarder. Il faut être meilleurs et corriger ça. C’est du hockey, je ne sais pas vraiment quoi dire », a reconnu le numéro 13.

Suzuki, lui aussi, cherchait ses mots.

« Des erreurs, ça arrive pendant un match. Parfois, on se replace bien, on défend, et parfois, ça finit dans le but », a résumé le capitaine.

Pendant ce temps, Martin St-Louis continue de marteler les mêmes concepts : gestion du risque, structure et respect des règles internes de l’équipe.

Et selon lui, c’est précisément là que le Canadien s’est tiré dans le pied.

« Ce qui m’achale le plus, c’est comment on a géré le risque vers la fin de la troisième période », a expliqué l’entraîneur.

Il suffit de revoir les dernières minutes du match pour comprendre ce qu’il veut dire.

À cinq minutes de la fin, Mike Matheson tente une manœuvre risquée à la ligne bleue offensive. Une erreur qui aurait pu coûter le match si Jacob Fowler n’avait pas sorti la mitaine.

Une minute plus tard, Juraj Slafkovský tente une feinte en entrée de zone et perd la rondelle.

Encore une fois, Fowler sauve la mise.

Le gardien a été brillant, multipliant les arrêts qui ont gardé le Canadien dans le match.

Sans lui, les Ducks auraient pu sceller l’issue bien avant le but de Gauthier.

Mais St-Louis a aussi reconnu que cette mentalité agressive fait partie de l’identité de son équipe.

« Cette mentalité-là nous donne aussi beaucoup de succès, on a faim de gagner. Mais il y a des moments où, surtout à 3-3 en fin de match, ce serait correct d’avoir un peu peur de perdre », a-t-il lancé avec un sourire.

Autrement dit : savoir gérer le risque.

Mais pour l’instant, l’équilibre n’est pas là.

Le Canadien présente maintenant une fiche de 4-3-2 depuis la pause, bien loin de la séquence de 6-1-2 qui avait relancé l’équipe après la pause de février 2025.

Et même Suzuki admet que le jeu de l’équipe est loin d’être à son meilleur.

« Je ne pense pas qu’on a joué notre meilleur hockey depuis deux semaines. On a gagné quelques matchs, mais d’autres nous ont glissé des mains. Hier, on n’a pas bien joué. C’était un peu mieux ce soir. On n’a juste pas fait le travail. »

Le problème, c’est que le calendrier ne pardonnera pas.

Les deux derniers revers ont été subis contre des équipes de l’Association de l’Ouest, donc sans impact direct dans la course aux séries.

Mais ce qui s’en vient est beaucoup plus dangereux.

Les prochains adversaires du Canadien sont trois rivaux directs dans la course : les Bruins de Boston, les Red Wings de Detroit et les Islanders de New York.

Et au classement, la situation commence déjà à se resserrer dangereusement.

Bref, si les erreurs défensives persistent… les prochains matchs pourraient faire encore beaucoup plus mal.