Nick Suzuki–Kent Hughes : le malaise ne peut plus être ignoré

Nick Suzuki–Kent Hughes : le malaise ne peut plus être ignoré

Par William Petit Lemay le 2026-03-07

Le Canadien de Montréal marque des buts.

Beaucoup de buts.

Même énormément de buts.

Et c’est précisément là que le malaise commence.

Parce que malgré cette production offensive impressionnante, l’équipe se retrouve encore à lutter pour rester dans la course aux séries éliminatoires.

Et pendant que les joueurs se battent sur la glace… la direction, elle, n’a presque rien changé à la date limite des transactions.

Ce contraste commence à faire sourciller.

Et le visage de cette frustration potentielle porte un nom : Nick Suzuki.

Le capitaine du Canadien continue de montrer l’exemple soir après soir. Il ne manque jamais un match. Il produit offensivement. Il mène par son travail et son calme.

Encore hier, Suzuki a inscrit un but et une passe pour récolter deux points dans une défaite contre les Ducks d’Anaheim.

Un autre match où le capitaine a tout fait pour porter l’équipe… mais où la défensive et les gardiens n’ont pas suivi.

Mais malgré ces performances… le problème du Canadien n’a jamais été l’offensive.

Et les chiffres de la LNH le prouvent clairement.

Selon les statistiques officielles de la saison 2025-2026, le Canadien de Montréal est actuellement la quatrième équipe de toute la Ligue nationale pour les buts marqués.

1er : Avalanche du Colorado — 235 buts

2e : Oilers d’Edmonton — 223 buts

3e : Hurricanes de la Caroline — 220 buts

4e : Canadiens de Montréal — 218 buts

Oui.

Montréal est dans le top 4 offensif de toute la LNH.

Ce n’est pas un hasard.

Nick Suzuki, Cole Caufield et le noyau offensif continuent de produire à un rythme impressionnant.

Mais pendant que l’attaque fait le travail…

La réalité est beaucoup plus difficile dans l’autre zone.

Parce que défensivement, les chiffres racontent une toute autre histoire.

Le Canadien de Montréal a accordé 206 buts cette saison.

Un total qui place l’équipe parmi celles qui concèdent le plus de buts dans la ligue.

Et c’est là que l’équation devient frustrante.

Parce que dans le top 10 des équipes offensives de la LNH, le Canadien est l’équipe qui accorde le plus de buts.

Autrement dit : l’attaque fonctionne.

Mais la structure défensive et la stabilité devant le filet restent un problème.

On retrouve dans cette catégorie certaines équipes bien connues pour ce type de déséquilibre.

Les Ducks d’Anaheim figurent aussi parmi les pires défensives de la ligue.

Les Oilers d’Edmonton vivent depuis des années une situation similaire : une attaque spectaculaire menée par Connor McDavid… mais une instabilité chronique devant le filet.

Les Maple Leafs de Toronto, eux, ont déjà accordé 221 buts cette saison.

Les Predators de Nashville en ont concédé 213.

Et les Canucks de Vancouver, derniers au classement général, en ont accordé 233.

Mais la différence est importante.

Contrairement à ces équipes, le Canadien possède une attaque capable de rivaliser avec les meilleures formations de la ligue.

Et c’est précisément pour cette raison que plusieurs observateurs s’attendaient à voir Kent Hughes agir à la date limite des transactions.

Pas nécessairement pour ajouter un autre attaquant.

Mais pour stabiliser la défense.

Ou améliorer la situation devant le filet.

Pendant ce temps, ailleurs dans la LNH, plusieurs équipes ont décidé de renforcer leur formation.

Colorado a ajouté Nazem Kadri.

Utah a acquis MacKenzie Weegar.

Les Islanders ont mis la main sur Brayden Schenn.

Vegas s’est offert Rasmus Andersson.

Autrement dit, plusieurs équipes ont choisi d’aider leur vestiaire dans la course aux séries.

À Montréal, la stratégie a été différente.

Kent Hughes a admis qu’il travaillait sur une transaction majeure jusqu’aux dernières minutes de la date limite.

Mais au final, rien n’a été complété.

Et c’est là que la situation devient délicate.

Parce que Nick Suzuki continue de porter cette équipe sur ses épaules.

L’an dernier, le capitaine avait même demandé à la direction de ne pas démanteler le groupe.

Il voulait se battre avec ses coéquipiers.

Il croyait que l’équipe pouvait surprendre.

Aujourd’hui, Suzuki et le vestiaire continuent de se battre pour rester dans la course.

Mais les renforts attendus ne sont jamais arrivés.

Et dans une conférence Est où chaque point devient crucial…

Le malaise Suzuki–Hughes commence tranquillement à devenir impossible à ignorer.