La finale de l’Ouest entre l’Avalanche du Colorado et les Golden Knights de Vegas promet déjà une guerre de hockey intense. Deux puissances de la LNH. Deux formations bâties pour gagner maintenant. Deux clubs qui possèdent du talent partout sur la glace.
Mais pour Nicolas Roy, cette série dépasse largement le simple cadre du hockey.
Le Québécois de 29 ans va devoir affronter plusieurs anciens coéquipiers avec qui il a remporté la Coupe Stanley à Vegas en 2023. Déjà, cette réalité apporte une charge émotionnelle énorme. Pendant six saisons, Roy a grandi avec cette organisation. Il y a vécu les plus grands moments de sa carrière. Il y a construit des liens qui ne disparaissent pas du jour au lendemain.
HOCKEY : En participant au deuxième but des siens mercredi, l'ex @SagueneensLHJMQ Nicolas Roy rejoint l'ex #Nordiques Mario Marois au 79e rang des Québécois avec 38 points en carrière en Séries éliminatoires de la @LNH_FR. Il occupe aussi le cinquième rang parmi les Québécois… https://t.co/vrCsQEpb2i
— Philippe Germain - VCI (@goVCIca) May 14, 2026
Puis au milieu de tout ça, il y a Jérémie Lauzon.
Un ami d’enfance.
Un gars de chez lui.
Un partenaire avec qui il partage bien plus qu’un simple parcours de hockey.
Les deux joueurs originaires d’Abitibi ont grandi ensemble. Ils se connaissent depuis des années. Leur relation dépasse les chambres de hockey et les séries éliminatoires. Ensemble, ils ont même créé la Classique Lauzon-Roy afin d’aider les jeunes athlètes abitibiens. Ce projet représentait exactement ce qu’ils sont devenus : deux Québécois attachés à leurs racines et à leur monde.

Aujourd’hui, le hockey leur impose une réalité complètement différente.
Ils vont devoir s’affronter pour une place en finale de la Coupe Stanley.
Dans une série où chaque mise en échec peut changer un match.
Dans une série où les émotions débordent rapidement.
Dans une série où l’amitié doit momentanément être mise de côté.
Roy l’a lui-même reconnu en entrevue avec Jean-Charles Lajoie.
« Ça va faire spécial, c’est certain. J’ai joué quelques fois contre eux cette année, mais dans cet environnement-là des séries, une finale de conférence, ça va être haut en émotions. »
Cette phrase résume parfaitement ce qui l’attend.
Le centre de l’Avalanche connaît actuellement d’excellentes séries éliminatoires. Trois buts. Trois passes. Six points en neuf matchs. Son jeu physique ressort encore davantage depuis le début du tournoi printanier et il l’assume pleinement.
« J’ai toujours aimé jouer dans les moments où les émotions sont fortes. »
Le problème, cette fois, c’est que les émotions seront partout.
Chaque présence contre Lauzon va venir chercher quelque chose de personnel. Chaque bataille le long des rampes risque de devenir étrange mentalement. Aucun des deux ne reculera. Aucun des deux ne voudra perdre. Mais il y aura forcément ce petit moment intérieur où le cerveau rappelle que l’adversaire devant toi n’est pas un inconnu.
C’est ton chum.
Cette série arrive aussi dans un moment particulier pour Roy. Depuis son arrivée au Colorado à la date limite des transactions, il joue probablement le meilleur hockey de sa saison. L’Avalanche a retrouvé toute sa confiance après son incroyable remontée de 0-3 contre le Wild dans le match numéro cinq.
Le vestiaire du Colorado déborde d’énergie.
Nathan MacKinnon joue comme un monstre.
Gabriel Landeskog apporte un calme immense dans le groupe.
Roy, lui, complète parfaitement cette machine de hockey avec son style intense et responsable.
Mais malgré toute cette excitation autour du Colorado, une partie de son attention restera forcément tournée vers Vegas et vers ceux avec qui il partageait encore une chambre il y a quelques mois.
Le plus ironique dans toute cette histoire, c’est que Roy et Lauzon ont même brièvement été coéquipiers chez les Golden Knights pendant quelques heures après une transaction. Ils n’ont jamais disputé un match ensemble sous les mêmes couleurs, mais cette connexion existe quand même dans leur parcours.
Maintenant, tout change.
Pendant deux semaines, l’amitié devra attendre.
Le hockey vient de placer Nicolas Roy devant l’un des défis les plus difficiles de sa carrière.
Pas physiquement.
Humainement.
