La nouvelle vient de tomber comme un éclair à travers l’organisation :
Le Canadien de Montréal renvoie Jacob Fowler au Rocket de Laval.
Après des semaines de tensions, de déclarations explosives, de performances en montagnes russes et de gestion archi complexe, le ménage à trois est officiellement mort. Montréal respire. Laval hérite d’un prodige. Et dans le vestiaire du CH, Samuel Montembeault et Jakub Dobeš viennent, littéralement, d’ouvrir le champagne.
Owen Beck est aussi rétrogradé, ce qui veut dire que Kirby Dach, Jake Evans ou Patrik Laine est prêt à revenir au jeu samedi contre les Sénateurs d'Ottawa. (c'est Jake Evans qui est prêt)
Car cette saga invraisemblable, qui aura dominé l’actualité du club depuis le début du mois de décembre, vient de trouver son dénouement le plus logique, pour un jeune gardien qui n’a absolument rien à se reprocher.
On l’oublie parce que la tempête a brouillé les cartes, mais il faut rappeler le contexte exact :
Fowler est monté de Laval parce que Montembeault et Dobeš étaient au fond du gouffre.
Montembeault ne contrôlait plus rien, affaibli mentalement, détruit par une mitaine devenue une blague nationale.
Dobeš venait d’encaisser une série de performances honteuses, incapable de stabiliser quoi que ce soit.
Dans cette catastrophe, Fowler avait débarqué comme un phénomène : calme, massif, brillant dans sa lecture du jeu, incroyablement mature dans la tempête montréalaise.
Il a sauvé les deux autres.
Il a offert des victoires que personne n’anticipait.
Il a redonné du temps et de l’oxygène à deux gardiens qui étaient au fond du trou.
Jacob Fowler quitte Montréal avec des chiffres qui racontent mieux que n’importe quelle conférence de presse l’impact réel qu’il a eu sur une organisation qui était en train de sombrer : 10 départs, une fiche de 4-4-2, une moyenne de 2,62 et un taux d’efficacité de ,902, des statistiques nettement supérieures à celles de Montembeault et Dobeš au moment où il a été rappelé en catastrophe.
On oublie trop vite que le Canadien glissait dangereusement au classement quand le jeune Américain a pris le filet et qu’il a non seulement stabilisé l’équipe, mais permis une remise à zéro complète de Montembeault, envoyé à Laval pour se reconstruire et revenu depuis en version 2.0, invaincu en temps réglementaire depuis son passage dans la Ligue américaine.
Si Montréal peut aujourd’hui trancher et revenir à un duo Montembeault–Dobeš, c’est précisément parce que Fowler a joué les pompiers de service, absorbant la pression d’un marché fou, calmant la tempête à 21 ans et tenant le club à bout de bras au moment où tout menaçait de s’effondrer.
Sa rétrogradation n’est pas un désaveu : c’est la suite logique d’un plan où il dominera à Laval, disputera la majorité des matchs et représentera l’organisation au match des étoiles de la Ligue américaine. Le ménage à trois se termine, mais l’histoire de Fowler avec le Canadien ne fait que commencer.
Sans Fowler, Montembeault ne se serait pas relevé si vite.
Sans Fowler, Dobeš n’aurait pas pu souffler, gagner du temps, retrouver son équilibre.
La saga a basculé quand Jakub Dobeš a explosé publiquement, dans l’un des moments les plus malaisants qu’on ait vus depuis des années.
Il a dit, mot pour mot :
« Je n’ai aucune idée. J’ai gagné il y a deux semaines et je n’ai pas joué. J’ai gagné encore. Je ne sais rien. On ne me parle pas. J’ai parlé à Marty pour la première fois de ma vie. Je ne comprends rien. Je fais juste jouer pour mes coéquipiers et pour nos fans. »
Ces propos ont secoué l’organisation jusque dans son ciment.
Et Martin St-Louis n’a pas apprécié, du tout.
La tension était palpable.
Le Canadien a pris note.
L’atmosphère a changé du jour au lendemain, et Fowler, qui jusque-là semblait indétrônable, s’est retrouvé au cœur d’une gestion hautement politique.
Puis est venu le match catastrophique, celui de trop :
Un .846 d’efficacité contre les Sabres, un positionnement chancelant, des experts, même ceux qui l’adoraient, qui ont commencé à murmurer :
« Il paraît petit dans son filet… »
Même Martin Biron, qui connaît mieux que quiconque la position, a noté son manque de couverture verticale.
Ça, c’était le signal.
Le dossier, jusque-là interne, venait de basculer publiquement.
Ce matin, c’était écrit dans le ciel :
Fowler n’a plus de chaise dans un ménage à trois devenu toxique.
Montembeault est redevenu solide.
Dobeš a gagné ses matchs, a provoqué le débat et a mis la direction dans l’embarras.
Kent Hughes n’a pas voulu garder trois gardiens dans une ambiance devenue invivable.
Elle n’a pas aimé les propos de Dobeš, mais elle les a compris : la tension était insoutenable dans la chambre.
Le CH voulait protéger son prodige, Et quand il reviendra, ce ne sera pas pour partager un filet.
Ce sera pour s’installer, pour de bon... et gagner la Coupe Stanley...
