Officiel: Sidney Crosby prend sa décision pour Montréal

Officiel: Sidney Crosby prend sa décision pour Montréal

Par David Garel le 2026-05-01

Sidney Crosby vient de fermer la porte à Montréal.

Et honnêtement?

Tant mieux.

Depuis des mois, une partie du Québec rêve encore au grand fantasme : Crosby dans l’uniforme des Canadiens de Montréal pour terminer sa carrière. Le petit gars de Cole Harbour au Centre Bell. La dernière danse. Le conte de fées parfait.

Mais pendant que plusieurs s’emballent encore avec cette idée-là, Crosby, lui, continue de répéter exactement la même chose : il veut rester avec les Penguins de Pittsburgh.

Encore.

Toujours.

Même si tout s’écroule autour de lui.

Le plus fou dans cette histoire, c’est qu’au final, Crosby devient un peu l’artisan de son propre malheur.

Parce qu’à force de vouloir protéger “la famille”, à force de refuser l’idée d’un vrai changement, il reste prisonnier d’une organisation qui n’a pratiquement plus aucun avenir à court terme.

Il l’a encore répété en parlant de son désir de garder le noyau intact avec Evgeni Malkin et Kris Letang.

Le problème?

Le hockey ne fonctionne pas avec la nostalgie.

Et la réalité à Pittsburgh devient de plus en plus inquiétante.

Oui, les Penguins ont surpris un peu cette année en revenant en séries après trois exclusions consécutives. Oui, ils ont même donné quelques sueurs froides aux Flyers de Philadelphie après avoir perdu les trois premiers matchs.

Mais il faut regarder le portrait complet.

Ça fait maintenant huit ans que Pittsburgh n’a pas gagné une ronde éliminatoire.

Huit.

Ils n’ont pas atteint les 100 points depuis quatre saisons. Leur noyau vieillit rapidement. Leur relève demeure floue. Et même leur qualification cette année ressemblait davantage à une dernière poussée émotionnelle qu’à une vraie fenêtre de championnat.

Le plus cruel dans tout ça, c’est que Crosby refuse encore de voir ce que tout le monde voit.

Ils viennent de perdre contre une équipe des Flyers en pleine reconstruction.

Ça dit tout.

L’échange raté de Jake Guentzel commence déjà à faire très mal. Guentzel produit maintenant à Tampa Bay pendant que Pittsburgh regarde des espoirs qui ne se développent pas vraiment.

Le DG des Penguins voulait jouer sur les deux tableaux. Il ne voulait pas assumer une vraie reconstruction complète autour de Sidney Crosby, mais il ne voulait pas non plus perdre Guentzel gratuitement comme joueur autonome.

Il a fini coincé au milieu.

Pittsburgh a envoyé Guentzel au Lightning de Tampa Bay dans une transaction catastrophique.

En retour, les Penguins ont obtenu Ville Koivunen, Vasily Ponomarev, Michael Bunting, un choix de deuxième ronde devenu le défenseur Harrison Brunicke, ainsi que les droits sur Cruz Lucius.

Sur papier, ça semblait “correct”.

Dans la réalité?

Guentzel continue de produire comme une superstar offensive à Tampa Bay avec des saisons de 80 et 88 points pendant que Pittsburgh attend encore que quelqu’un du retour devienne réellement impactant dans la LNH.

Koivunen n’a toujours pas réussi à s’imposer. Ponomarev non plus. Cruz Lucius est encore dans la NCAA à 22 ans. Michael Bunting a finalement servi dans une autre transaction pour aller chercher Thomas Novak, un centre plombier utile… mais loin d’un joueur capable de changer une concession.

Cette équipe ne possède presque plus d’actifs capables de transformer son avenir rapidement.

Oui, ils ont le jeune Ben Kindel, choix de première ronde en 2025, qui a récolté 35 points à 18 ans. Mais plusieurs recruteurs pensent déjà qu’il projette davantage comme deuxième centre que comme véritable joueur concessionnaire.

Oui, Harrison Brunicke intrigue un peu à la ligne bleue après avoir terminé près d’un point par match dans le junior. Mais il aura bientôt 20 ans et rien ne garantit qu’il deviendra un défenseur numéro un.

Oui, Yegor Chinakhov a bien fait depuis son arrivée avec 36 points en 43 matchs. Mais lui aussi a complètement disparu en séries.

Et derrière ça?

Le vide.

Qui remplacera Crosby au centre dans un an ou deux?

Qui remplacera Kris Letang et Erik Karlsson en défense?

Le seul vrai point positif actuellement, c’est le gardien Sergei Murashov, considéré comme l’un des meilleurs jeunes gardiens de la Ligue américaine cette saison.

Mais un gardien seul ne sauve pas une organisation vieillissante.

Et pendant que tout ça s’effondre lentement, Crosby continue de répéter qu’il veut rester fidèle à Pittsburgh.

À Montréal, plusieurs commencent vraiment à décrocher du rêve Crosby.

Le Canadien construit quelque chose avec un vrai noyau jeune pendant que Pittsburgh tente encore de survivre sur les souvenirs de 2016 et 2017.

Même les “bonnes nouvelles” deviennent presque déprimantes.

Oui, ils ont réussi à se débarrasser du contrat de Tristan Jarry. Mais au final, ça ne change rien au vrai problème : cette équipe n’a plus l’air d’une formation capable de gagner la Coupe Stanley.

Et Crosby le sait probablement lui aussi.

Sauf qu’il refuse encore de quitter le navire.

Il parle de loyauté. De famille. D’identité.

Mais à un certain point, ça devient aussi un choix personnel.

À Montréal, plusieurs commencent à penser exactement la même chose : si Crosby préfère finir sa carrière dans cette situation-là à Pittsburgh… parfait.

Le Canadien avance sans lui.

Le noyau est jeune. Nick Suzuki, Lane Hutson, Ivan Demidov, Cole Caufield Juraj Slafkovsky, Jakub Dobes… cette équipe construit quelque chose de réel, de moderne, de durable.

Pendant ce temps, Pittsburgh semble vivre dans ses souvenirs.

Et plus Crosby insiste pour rester coûte que coûte, plus on dirait qu’il gâche lui-même le dernier vrai virage de sa carrière.