Oliver Kapanen dans l’eau chaude : quelque chose ne tourne plus rond

Oliver Kapanen dans l’eau chaude : quelque chose ne tourne plus rond

Par André Soueidan le 2026-04-16

Un détail qui semblait banal à l’époque revient hanter le Canadien aujourd’hui… et soudainement, le timing devient troublant.

Parce qu’en regardant froidement la situation d’Oliver Kapanen, difficile d’ignorer une ligne bien précise dans le calendrier. Le retour des Jeux olympiques. Le 26 février. Depuis ce moment-là, quelque chose a changé. Pas graduellement. Pas subtilement. Mais assez clairement pour que ça commence à déranger.

Avant cette pause, Kapanen était l’une des plus belles surprises de la saison à Montréal. Un centre dynamique, efficace, capable de compléter Ivan Demidov avec intelligence et opportunisme. Un duo qui donnait enfin au Canadien une deuxième vague offensive crédible, capable de soulager la pression sur le trio de Nick Suzuki. Tout roulait. Trop bien, peut-être.

Puis les Jeux sont arrivés.

Et pour Kapanen, ça ne s’est pas passé comme prévu.

Utilisé de façon irrégulière par la Finlande, laissé de côté à certains moments, même habillé sans jouer dans un match… une situation difficile pour n’importe quel joueur, encore plus pour un jeune qui est en train de bâtir sa confiance dans la LNH. Ce genre d’expérience ne laisse pas de trace visible sur une feuille de pointage… mais dans la tête, ça peut rester.

Depuis son retour, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Six points.

Depuis le 26 février.

Et une disette complète dans les dernières semaines, au moment précis où les équipes commencent à se préparer mentalement pour les séries. Comme si le rythme avait disparu. Comme si les automatismes s’étaient effacés. Comme si le joueur qu’on voyait en début de saison avait été laissé derrière, quelque part entre Montréal et Milan.

Comme l’a rapporté Simon-Olivier Lorange dans La Presse, la chute est réelle. Kapanen n’a récolté aucun point à ses 10 derniers matchs. Son temps de glace a diminué. Et surtout… il a perdu sa place aux côtés de Demidov.

Ce n’est jamais une décision prise à la légère.

Parce que quand un entraîneur comme Martin St-Louis brise une combinaison qui fonctionnait, ça veut dire qu’il voit quelque chose. Ou plutôt… qu’il ne voit plus quelque chose.

Officiellement, on parle de fatigue. D’une première saison complète. Du calendrier chargé. De l’intensité accumulée. Et c’est vrai que le contexte est exigeant. Très exigeant. Mais en même temps, Kapanen lui-même affirme être en forme, sans blessure, prêt physiquement.

Alors si le corps répond… qu’est-ce qui bloque?

La confiance.

C’est lui qui le dit.

Et c’est souvent là que tout commence à glisser.

Parce qu’un joueur qui doute une fraction de seconde de trop, qui hésite sur une décision, qui rate une exécution simple… ça change tout. Les chances deviennent moins dangereuses. Les tirs arrivent une demi-seconde trop tard. Les passes ne touchent pas la cible. Et dans une ligue comme la LNH, ça suffit pour disparaître du radar.

Aujourd’hui, Kapanen se retrouve sur un troisième trio avec Zachary Bolduc et Kirby Dach. Une unité qui cherche encore sa cohésion, qui tente de simplifier son jeu, qui essaie de retrouver une identité. Rien n’est cassé… mais rien n’est installé non plus.

Et pendant ce temps, les séries arrivent.

Face au Lightning de Tampa Bay, il n’y aura aucun espace pour se replacer tranquillement. Le rythme va être élevé. Le jeu physique. Les décisions rapides. Et le Canadien aura besoin de contributions au-delà de son premier trio. C’est là que le bât blesse.

Parce que Kapanen devait être une solution.

Pas une question.

Et en ce moment, il est entre les deux.

Ce qui rend la situation encore plus fascinante, c’est que le talent est toujours là. Les lectures aussi. Ses coéquipiers le répètent, son intelligence hockey n’a pas disparu. Mais quelque chose s’est déréglé. Peut-être légèrement. Peut-être temporairement. Mais suffisamment pour que ça se voie.

Et dans un marché comme Montréal… ça ne passe jamais inaperçu.

Alors la question se pose, tranquillement, sans être dite trop fort.

Est-ce que le passage aux Olympiques a laissé une trace plus profonde qu’on le pense?

Ou est-ce simplement le mur d’une première saison qui arrive au pire moment?

Peu importe la réponse… le Canadien n’a plus le luxe d’attendre.

Ouch…