Onde de choc à Montréal: Martin St-Louis traite son équipe de peureuse

Onde de choc à Montréal: Martin St-Louis traite son équipe de peureuse

Par David Garel le 2026-03-17

Revirement de situation à Montréal. On vient d'assister à un moment charnière.

Pour la première fois depuis son arrivée derrière le banc des Canadiens de Montréal, Martin St-Louis a dit tout haut ce que tout le monde murmurait depuis des semaines… son équipe est trop soft.

C’est probablement la sortie la plus lourde de sens depuis que Martin St-Louis est en poste.

Parce que cette fois, il ne s’est pas caché. Il n’a pas tourné autour du pot. Il a carrément confirmé ce que tout le monde voit depuis des semaines : son équipe est trop peureuse.

Et il l’a dit noir sur blanc en répondant au journaliste de La Presse, Alexandre Pratt.

« Est-ce que tu es d’accord qu’on est un peu soft? Oui, je suis d’accord. »

Pratt semble alors choqué.

« J’ai utilisé le mot “soft”, ce n’est pas banal. »

Et St-Louis renchérit.

Il a même poussé plus loin en expliquant exactement où ça se joue.

« On peut tuer des jeux plus au lieu d’aller dans des batailles et essayer d’enlever une rondelle. On peut être plus robuste dans ces situations-là. Il y a des opportunités d’être plus robuste… habituellement dans notre zone, dans les coins. C’est une mentalité, c’est un mindset. »

Le problème?

C’est là que le message devient dangereux.

Parce qu’un entraîneur peut lancer un avertissement à ses joueurs.

Mais quand il dit ça publiquement, comme ça, aussi clairement… il envoie un choc dans son vestiaire.

On voit un coach qui pointe du doigt son groupe.

Ça arrive après une fin de semaine catastrophique.

Après des erreurs défensives à répétition.

Après des décisions controversées, comme celle de laisser Brendan Gallagher de côté.

Et surtout… après des signes de frustration de plus en plus visibles.

Pour la première fois, on sent que quelque chose a changé.

Parce que Martin St-Louis n’est plus seulement en mode développement.

Il est en mode "je vise ma chambre".

La vraie question maintenant?

Est-ce que son vestiaire est prêt à entendre ça… surtout quand ses décisions sur la glace racontent une toute autre histoire.

Parce que ce même entraîneur, depuis deux ans, a toujours défendu son identité. Une équipe rapide. Une équipe créative. Une équipe basée sur le talent et l’instinct. Mais jamais jamais il n’avait publiquement reconnu un manque de robustesse.

Et là, soudainement, il parle de mentalité.

Il parle de “mindset”.

Il parle du besoin de “tuer des jeux”, d’être plus solide dans les coins, d’arrêter de se contenter de stick-checks.

Il le voit.

Il le sait.

Il l’admet.

Mais c’est là que le malaise devient énorme.

Parce que ses actions disent exactement le contraire.

Au moment même où il traite son équipe de soft… il enlève Arber Xhekaj de la formation. Encore.

Au moment même où il parle de robustesse dans les coins… il garde Lane Hutson à droite, dans une position où il est constamment exposé physiquement.

Au moment même où il dit vouloir plus de dureté… il envoie un message clair que la robustesse ne fait pas partie de ses priorités.

C’est là que le vestiaire peut commencer à grincer.

Parce qu’un entraîneur peut critiquer ses joueurs.

Mais il doit être cohérent.

Et en ce moment, Martin St-Louis ne l’est pas.

Tu ne peux pas dire que ton équipe est trop soft… et retirer le seul défenseur capable de répondre physiquement quand ça dégénère.

Tu ne peux pas demander plus de dureté… et continuer à prioriser une structure qui expose tes joueurs dans les batailles le long des bandes.

Tu ne peux pas parler de mentalité… sans ajuster tes décisions.

Et c’est pour ça que cette déclaration-là frappe fort.

Parce qu’elle arrive dans un contexte déjà fragile.

La décision d’envoyer Brendan Gallagher dans les gradins a laissé des traces.

Les défaites contre les Sharks de San Jose et les Ducks d’Anaheim ont amplifié la frustration.

Les erreurs défensives se multiplient.

Et là, publiquement, l’entraîneur pointe du doigt un manque d’engagement physique.

C’est rare. Très rare.

Et surtout, c’est dangereux.

Parce que ça ouvre une question que personne ne voulait poser il y a encore quelques semaines :

Est-ce que Martin St-Louis est en train de perdre son vestiaire?

On ne parle pas encore d’une rupture.

Mais on parle clairement d’une tension nouvelle.

Une tension entre le message… et les décisions.

Entre le discours… et la réalité sur la glace.

Et dans une course aux séries aussi serrée, ce genre de contradiction peut faire très mal.

Parce qu’au final, ce n’est pas juste une question de système.

C’est une question de crédibilité.

Et en ce moment, pour la première fois depuis longtemps, cette crédibilité est sérieusement ébranlée.