Patrick Roy à Toronto: Martin St-Louis ne veut pas que ça arrive

Patrick Roy à Toronto: Martin St-Louis ne veut pas que ça arrive

David Garel
Le 2026-06-16

Pendant des années, une partie importante de l’opinion publique montréalaise a entretenu la même idée.

Patrick Roy aurait dû être l’entraîneur du Canadien de Montréal.

Même après l’embauche de Martin St-Louis.

Même après les succès récents du Canadien.

Même après la qualification pour la finale de conférence.

Cette idée n’a jamais complètement disparu.

À chaque mauvaise séquence du Canadien, à chaque décision controversée, à chaque débat sur l’identité de l’équipe, le nom de Patrick Roy revenait dans la conversation.

Et si le pire scénario pour Martin St-Louis était en train de se matérialiser sous nos yeux?

Patrick Roy est maintenant officiellement finaliste pour le poste d’entraîneur-chef des Maple Leafs de Toronto.

Chris Johnston de TSN l’a confirmé.

Darren Dreger a rapporté que sa 2e entrevue s’était très bien déroulée.

Elliotte Friedman a ajouté que Roy avait laissé une excellente impression.

Soudainement, ce qui ressemblait à une simple rumeur commence à prendre une autre dimension.

Car si Roy obtient cet emploi, le débat qui existe déjà à Montréal va exploser.

Martin St-Louis ne sera plus comparé à un entraîneur sans emploi.

Il sera comparé chaque semaine à l’entraîneur des Maple Leafs de Toronto.

À Patrick Roy.

Dans la rivalité la plus intense du hockey.

Imaginez le scénario.

Le Canadien affronte Toronto quatre fois par année.

Chaque conférence de presse deviendra un événement.

Chaque affrontement deviendra un référendum.

Chaque victoire de Roy sera utilisée par ses partisans.

Chaque défaite de St-Louis sera analysée sous une loupe gigantesque.

Le feu médiatique serait immédiat.

Et Roy arriverait dans une situation qui pourrait lui permettre de marquer l’imaginaire rapidement.

Pourquoi?

Parce qu’à Toronto, il y a exactement le type de défi qu’il adore.

Un marché sous pression.

Une équipe qui cherche une identité.

Une organisation qui veut changer sa culture.

Et surtout, un phénomène générationnel qui s’apprête à débarquer.

Gavin McKenna.

Plusieurs journalistes établissent déjà le parallèle avec ce que Roy a fait avec Matthew Schaefer chez les Islanders.

Roy lui avait donné des responsabilités énormes.

Il l’avait protégé publiquement.

Il l’avait poussé à devenir un joueur dominant.

Toronto pourrait très bien croire qu’il est l’homme idéal pour accompagner McKenna dans ses premières années.

Ce n’est pas un hasard si son profil plaît encore à plusieurs décideurs.

On parle souvent de ses défauts.

Beaucoup moins de ses résultats.

Patrick Roy a pris une équipe des Islanders que plusieurs experts voyaient loin des séries.

Il l’a gardée dans la course jusqu’à la toute fin.

Il a travaillé avec un groupe limité offensivement.

Un groupe vieillissant.

Un groupe qui dépendait énormément d’Ilya Sorokin.

Malgré cela, il a gardé son équipe en vie pendant des mois.

À Toronto, il hériterait d’un talent nettement supérieur.

Et c’est précisément ce qui risque d’alimenter les comparaisons à Montréal.

Les critiques de Martin St-Louis répètent depuis longtemps que Roy apporte quelque chose de différent.

Une présence.

Une intensité.

Une protection du vestiaire.

Une culture de compétition permanente.

Que l’on soit d’accord ou non avec cette analyse, elle existe.

Et elle deviendrait beaucoup plus forte si Roy commençait à gagner à Toronto.

Le dossier Arber Xhekaj ajouterait encore plus d’huile sur le feu.

Depuis deux ans, plusieurs partisans réclament davantage de robustesse chez le Canadien.

Ils veulent plus de caractère.

Plus de réponse physique.

Plus d’intimidation.

Patrick Roy n’a jamais caché son appréciation pour ce type de joueur.

On se souvient de ses nombreuses déclarations sur l’importance de protéger ses coéquipiers et de défendre son vestiaire.

Alors imaginez la réaction si Toronto tentait d’acquérir Xhekaj via offre hostile

Imaginez Roy derrière un banc des Maple Leafs avec un défenseur physique chargé de protéger McKenna et les vedettes offensives du club.

À Montréal, les débats deviendraient interminables.

Le plus ironique dans tout ça?

Martin St-Louis est probablement en train de connaître les meilleurs moments de son mandat.

Le Canadien a retrouvé une identité.

L’équipe joue un hockey offensif reconnu à travers la LNH.

Des entraîneurs adverses parlent d’un style unique.

On voit l’évolution du système montréalais.

Pourtant, l’arrivée de Roy à Toronto pourrait faire disparaître une partie de cette reconnaissance médiatique.

Le sujet redeviendrait Patrick Roy.

Toujours Patrick Roy.

Encore Patrick Roy.

Surtout depuis que St-Louis s'est fair manger tout rond par Rob Brind'Amour.

Chaque succès des Leafs serait présenté comme une validation.

Chaque progrès de Toronto alimenterait la machine à comparaison.

Et dans une ville comme Montréal, où les débats ne meurent jamais vraiment, cette rivalité prendrait rapidement une ampleur démesurée.

Au fond, le véritable cauchemar pour Martin St-Louis n’est pas que Patrick Roy obtienne un emploi.

Le véritable cauchemar, c’est qu’il obtienne précisément celui-là.

Toronto.

Le plus grand rival du Canadien.

Le marché le plus médiatisé du hockey.

Une organisation capable d’attirer l’attention du continent entier.

Si Roy devient entraîneur des Maple Leafs et connaît du succès rapidement, la pression médiatique autour de Martin St-Louis atteindra un niveau complètement différent.

Et le débat qui semblait finalement s’essouffler à Montréal pourrait repartir de plus belle.

Cette fois, avec 84 matchs par année pour alimenter la comparaison.