La victoire contre les Maple Leafs de Toronto aurait pu être le sujet principal de la soirée au Centre Bell. Une autre victoire dans une séquence impressionnante, un club qui continue d’accumuler les points et qui s’approche tranquillement des séries. Mais à L’Antichambre, ce n’est pas ce qui a fait exploser le plateau.
Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est encore une fois Arber Xhekaj.
Et cette fois, Gaston Therrien n’a pas retenu ses mots.
Selon lui, la pénalité inutile prise par le défenseur en plein match résume exactement le problème. Une autre pénalité stupide, au mauvais moment, qui met son équipe dans le trouble alors que le Canadien n’a absolument pas besoin de ça dans une course aux séries.
Therrien était visiblement exaspéré. Pour lui, ces gestes deviennent impossibles à défendre à ce moment de la saison.
Sur le plateau, certains tentaient de nuancer.
PJ Stock rappelait que dans un contexte de séries éliminatoires, un joueur physique comme Xhekaj pourrait encore servir. Que ce type de défenseur peut changer l’énergie d’un match et imposer une présence intimidante que peu d’équipes possèdent.
Mais Therrien ne voulait rien savoir.
Pour lui, ce débat n’existe même plus.
Un défenseur qui joue à peine une dizaine de minutes, environ 10:59 dans ce match, et qui continue malgré tout à prendre des pénalités évitables ne peut pas être considéré comme une pièce importante d’une équipe aspirante. À ses yeux, ce genre de séquence explique exactement pourquoi Martin St-Louis ne lui fait pas confiance.
Et ce commentaire arrive dans un contexte déjà extrêmement fragile pour Xhekaj.
Cette sortie de Gaston Therrien arrive aussi dans un contexte très particulier : la date limite des transactions est maintenant derrière nous.
Et tout ce qui a circulé dans les derniers jours autour d’Arber Xhekaj prend aujourd’hui une toute autre signification. Parce que selon Georges Laraque, le défenseur aurait été proposé à pratiquement toutes les équipes de la Ligue nationale avant la date limite.
Quand un joueur est offert aussi largement sur le marché, c’est rarement un hasard. Cela veut dire que l’organisation cherchait activement une porte de sortie.
Et pourtant, malgré ce tour de la ligue, Xhekaj est toujours à Montréal. Ce détail en dit long sur la situation. Si le Canadien avait trouvé l’échange qu’il cherchait, le Shérif ne serait probablement plus dans l’uniforme du Bleu-Blanc-Rouge aujourd’hui.
Le fait qu’il soit resté en ville ne signifie pas nécessairement que l’organisation a changé d’idée. Cela signifie surtout qu’aucune équipe n’a offert ce que Kent Hughes jugeait acceptable.
Au même moment, un autre nom commence à prendre de plus en plus de place : David Reinbacher.
Le jeune défenseur autrichien joue présentement un hockey dominant avec le Rocket de Laval et plusieurs analystes croient que son rappel pourrait arriver très bientôt. Si Reinbacher obtient sa chance dans une équipe qui se bat pour les séries, la hiérarchie à la ligne bleue pourrait changer rapidement.
Et dans ce scénario, la marge de manœuvre pour Xhekaj deviendrait presque inexistante.
C’est ce qui rend l’explosion de Gaston Therrien encore plus révélatrice. Pendant longtemps, le Shérif bénéficiait d’une énorme protection médiatique et populaire à Montréal. Les partisans voyaient en lui le shérif, un joueur capable de ramener une dimension physique disparue depuis longtemps.
Mais ce discours commence à se fissurer.
Quand un analyste comme Therrien pète littéralement une coche en direct à la télévision en disant que ces pénalités ne servent à rien, ça montre que la patience s’effrite.
Et si cette perception continue de changer, le scénario qui semblait impensable il y a un an pourrait devenir réalité : voir Arber Xhekaj quitter Montréal sans provoquer la tempête qu’on aurait autrefois anticipée.
Parce que dans la LNH, la popularité protège un joueur… jusqu’au moment où les erreurs deviennent plus visibles que les qualités.
Et pour Xhekaj, ce moment semble être arrivé.
