Le match de cet après-midi contre les Marlies de Toronto a laissé un goût amer chez les partisans du Rocket de Laval.
Et pour cause.
Depuis quelques heures, une seule séquence fait le tour des réseaux sociaux : celle où Jacob Fowler perd son masque en plein jeu… pendant que l’arbitre laisse l’action se poursuivre, permettant ainsi aux Marlies de marquer.
Oui. Un but accordé contre un gardien sans masque.
Fans were upset this afternoon when the #Marlies scored a goal after #Rocket Jacob Fowler lost his helmet.
— Chris G (@ChrisHabs360) February 16, 2026
As per the AHL rule book, I feel that the right call was made by the official:
"When a goalkeeper has lost his helmet and/or face mask and his team has control of the… pic.twitter.com/7PbqFeQZ5E
Techniquement, le règlement est clair : le jeu doit être arrêté seulement si l’équipe du gardien a le contrôle de la rondelle. Dans ce cas précis, ce n’était pas le Rocket qui avait la possession. L’officiel Morgan MacPhee a donc jugé que l’action était trop immédiate pour siffler l’arrêt du jeu avant le but.
Sur papier, ça respecte la règle.
Sur la glace, ça n’a absolument aucun sens.
On peut débattre longtemps pour savoir si Fowler a initié le premier contact. On peut analyser image par image la collision. Mais il reste une réalité impossible à justifier : on a laissé une séquence offensive se dérouler devant un gardien privé de son équipement de protection le plus essentiel.
C’est dangereux.
C’est absurde.
Et ça va à l’encontre du gros bon sens.
Personnellement, je n’ai jamais vu ça.
Même au niveau professionnel, même dans une ligue structurée comme la LAH, on s’attend à un minimum de jugement humain. Là, on s’est caché derrière une lecture mécanique du règlement, sans considérer la sécurité du joueur.
Résultat : un but qui change l’allure du match… et un Rocket pénalisé par une décision purement technique.
Oui, Laval aurait pu mieux défendre la séquence.
Oui, la transition rapide des Marlies a pris tout le monde de court.
Oui, ce n’est pas uniquement l’arbitre qui est responsable du résultat.
Mais perdre un moment clé comme celui-là à cause d’un détail administratif, c’est frustrant au plus haut point.
Surtout quand ton gardien est littéralement exposé.
Malgré tout, Fowler continue d’impressionner depuis le début de sa carrière professionnelle. Match après match, le jeune cerbère démontre qu’il possède les outils mentaux et techniques d’un futur gardien numéro un dans la LNH. Calme, lecture du jeu, déplacements, maturité : on voit déjà pourquoi l’organisation mise gros sur lui.
Cette séquence malheureuse n’efface rien de ça.
Elle soulève plutôt une question dérangeante : jusqu’où une ligue est-elle prête à aller pour appliquer ses règles à la lettre, même quand la sécurité d’un joueur est en jeu?
Du côté du banc, les hommes de Pascal Vincent devront maintenant tourner la page rapidement. La course aux séries dans la division Atlantique est trop serrée pour s’attarder longtemps à l’injustice.
Mais soyez certains d’une chose : cette séquence va continuer de faire jaser pendant plusieurs jours.
Parce qu’un gardien sans masque, ça ne devrait jamais devenir une simple note de bas de page dans un rapport d’arbitrage.
Et il faut aussi parler de la réaction de Jacob Fowler lui-même.
Parce que oui, Fowler était en furie.
Pas juste frustré. Pas juste déçu. Furieux.
On l’a vu immédiatement après le but : regard noir, gestes brusques, échange tendu avec l’arbitre. Ce n’était pas de la comédie.
C’était un gardien qui venait de se faire planter alors qu’il était littéralement sans protection, dans un moment clé d’un match serré. Et au-delà de la séquence absurde, on sent surtout autre chose chez lui depuis quelques semaines : l’impatience.
Fowler est en feu dans la Ligue américaine. Trop en feu.
Il domine, il vole des matchs, il contrôle son territoire avec une maturité qui dépasse largement son âge. Match après match avec le Rocket de Laval, il envoie le même message : je n’ai plus rien à prouver ici.
Ses lectures sont rapides, ses déplacements sont propres, son calme est celui d’un gardien déjà prêt pour l’étape suivante. Et quand un joueur de ce calibre se fait enlever un but de cette façon-là, ça ne passe pas.
Parce que Fowler ne veut pas seulement gagner en LAH.
Il veut monter.
Il veut la LNH.
Il veut montrer à la direction du Canadien qu’il est déjà rendu ailleurs mentalement.
Cette séquence-là, ce n’est pas juste un mauvais appel d’arbitre contre Laval. C’est aussi le reflet d’un jeune gardien qui commence à trouver le plafond de la Ligue américaine un peu bas pour lui. Il perd patience, oui, mais pas dans le mauvais sens.
Dans le sens d’un compétiteur qui sent que son jeu est prêt pour le prochain niveau et qui déteste se faire ralentir par des décisions bureaucratiques.
Et c’est ça, au fond, le vrai signal d’alarme pour l’organisation : quand ton espoir numéro un devant le filet commence à montrer ce genre d’émotion, ce n’est pas parce qu’il est fragile.
C’est parce qu’il est affamé.
